M 20 CO
20 © 20 ■*— i © *— i i"- CM r- © j
t- 20 CM © 20 CM © r-- 20
*r-> CM © © © © © t'’ |
20 'M © r- 20 CM © 1" 20
h!flW^XO^(N©D* I
*r- Ol © © ^ © © ©
^HCMCO*Î?©©1^.00©© !
ÉMISSIONS SANGUINES
Ce ne serait pas ici le lieu d’établir une comparaison entre ce procédé et les autres, en particulier celui de M. Malassez. Certes, les critiques ne lui ont pas fait défaut ; mais il est à remarquer que tous les expérimentateurs qui l’ont trouvé fautif sont partis de vues exclusivement théoriques pour en dénier l’exactitude. Tous ceux au contraire qui s’en sont servis en employant des instruments soigneusement faits et un sérum irréprochable, ont eu à s’en louer et ont obtenu dans leurs diverses expériences des chiffres concordants. Aujourd’hui je me crois en mesure d’affirmer qu’il donne de bons résultats et que les seules erreurs auxquelles il prête sont toutes personnelles et tiennent à quelque imperfection dans le procédé opératoire.
Le meilleur témoignage que l’on puisse invoquer en sa faveur c’est que, de divers côtés, on a cherché à l’imiter. Comme ces soi-disant perfectionnements ne constituent à vrai dire que des complications sans utilité pratique, il serait oiseux de s’en occuper ici.
Je ferai cependant exception pour la modification imaginée par un auteur anglais, Gowers1. Les microscopes anglais se prêtent moins bien que les nô!res à l’emploi du dispositif que demande notre procédé, surtout en ce qui concerne l’emploi de l’oculaire quadrillé. Afin de supprimer le trait d’affleurement et l’oculaire quadrillé, Gowers a eu l'idée de graver au fond de la cellule les divisions qui doivent servir à faire la numération. Malheureusement cette innovation est, en fait, d’une réalisation fort difficile. En premier lieu, l’opération qui a pour but de planir le fond de la cellule rend le verre extrêmement fragile, et quand on y applique la machine à diviser pour dessiner les carrés, il se produit des éclats nombreux, si bien que les raies ne sont pas nettes. De plus, la réfringence du verre égalant à peu près celle du
NUMÉUATION DES ELEMENTS DU SANG. 105
liquide qu’on place dans la cellule, les divisions sont à peine visibles au moment de la numération. Enfin, toute erreur résultant de l’imperfection de la machine à diviser, et celle-ci n’est jamais parfaite, est multipliée par le grossissement, c’est-à-dire par 150 ou 300 fois, ce qui enlève aux résultats l’exactitude désirable.
Fig. 6. — Objectif quadrille vissé sous la platine du microscope.
Fig. 7. — Coupe de l’objectif quadrillé. — C. Platine du microscope. — B. Objectif quadrillé portant uuc plaque P dont les divisions vont se projeter sur le fond de la cellule O. — L. Lame de la cellule. — V. Lamelle de la cellule.
Cependant il y avait dans l’innovation de Gowers une idée dont M. Nachet, avec l’ingéniosité dont il nous a donné tant de preuves, vient de tirer un excellent parti. Par un jeu de lentilles spécial, uue sorte d’objectif, il arrive à transporter sur le fond de la cellule l’image d’un quadrillé photographié sur verre. En vissant ce tube sous la platine du microscope, on obtient au fond de la cellule une image fixe du carré, de sorte qu’en déplaçant la cellule on fait passer sous les yeux une série de carrés (fig. 6 et 7). Dès lors l’oculaire
ÉMISSIONS SANGUINES
quadrillé et le trait d’affleurement sur le microscope deviennent inutiles, et on peut employer un grossissement quelconque sans changer la valeur de la surface du cube dans lequel on compte les éléments. Évidemment, ce nouveau dispositif ne modifie le principe du procédé en aucune façon ; c’est une simplification qui peut avoir son utilité.
Vous connaissez maintenant la méthode qui permet de dénombrer les divers éléments figurés du sang ; mais il est important de vous rappeler que cette numération n’est qu’un des facteurs de l’examen anatomique de ce liquide. Vous savez déjà de quelle importance est l’étude des globules rouges, au point de vue de leur forme, de leurs dimensions, en un mot de toutes leurs propriétés physiques, étude qui est toute entière du ressort de l’histologie pathologique.
Ce n’est pas tout. Il faut encore savoir jusqu’à quel point les hématies sont aptes à remplir leur rôle dans la nutrition. Or, il est aujourd’hui acquis que les globules rouges sont des éléments fort altérables dont la richesse en hémoglobine varie, à l’état pathologique, dans des proportions considérables. Comme l’hémoglobine est l’élément actif des globules, celui en qui réside la principale propriété physiologique du sang, il importe de déterminer, à côte du chiffre des hématies, la dose d’hémoglobine contenue dans ces éléments.
Mais l’hémoglobine elle-même subit, dans beaucoup d’états morbides, des altérations profondes; sa propriété principale, son pouvoir d’absorber l’oxygène, peut, sous l’influence des maladies ou des actions thérapeutiques, présenter des variations qu’on ne saurait négliger dans un examen complet du sang.
L’hémoglobine doit donc être envisagée à deux points de vue, qualitativement et quantitativement.
DOSAGE DE L’HÉMOGLOBINE
Pour le moment, nous ne nous occuperons que des modifications quantitatives, réservant la question de qualité, pour l’etudier à propos des perturbations que subit l’absorption gazeuse sous l’influence de certaines pratiques médicamenteuses.
Les procédés de dosage de l'hémoglobine sont extrêmement nombreux ; mais comme ils sont tous imparfaits, ou d’une application fort peu pratique, cette abondance apparente cache, en réalité, une véritable pénurie.
Plusieurs de ces procédés sont décrits dans les livres classiques de chimie ; quelques-uns, plus nouveaux, plus particulièrement imaginés pour les études médicales, sont encore peu répandus ; nous nous occuperons surtout de ces derniers, non pour les étudier tous en détail, mais pour chercher celui qui, en clinique, offre le plus de garanties d’exactitude, ou qui est le plus applicable à l’étude expérimentale des émissions sanguines.
Je crois pouvoir les classer en deux groupes. Les uns, procédés de laboratoire, demandent une certaine quantité de sang, qu’on ne peut obtenir que par une opération, une saignée. C’est vous dire qu’ils ne sont pas applicables en clinique ; car il est impossible de soutirer à un malade, par une opération qui, fréquemment renouvelée, peut avoir des inconvénients sérieux, la quantité de sang nécessaire pour le dosage de l’hémoglobine par ces procédés.
Les autres, procédés cliniques , sont, au contraire, applicables au lit du malade ; car, ils permettent de faire cette recherche à l’aide de quelques millimètres cubes de sang, recueillis par une simple piqûre au niveau de la pulpe des doigts. D’ailleurs, ils sont tout aussi exacts que les premiers, circonstance fort heureuse pour la pratique.
Procédés de laboratoire. — Le premier en date est celui par le dosage du fer. Vous savez que tout le fer
EMISSIONS SANGUINES
contenu dans le sang est combiné à l’hémoglobine, où il se trouverait en proportions définies et connues. Vous savez , en outre , que d’après Hoppe-Seyler et G. Schmidt *, et ces chiffres sont généralement acceptés, 100 grammes d’hémoglobine cristallisée et desséchée à 100° renferment 43 centigrammes de fer. Que l’on dose exactement le fer contenu dans une quantité donnée de sang, on pourra en déduire facilement la quantité d’hémoglobine.
Malheureusement ces chiffres d'Hoppe-Seyler ont été obtenus sur le chien ; rien ne démontre qu’ils soient applicables à l’homme; rien ne prouve que l’hémoglobine, chez les divers animaux, ou dans diverses conditions, présente une constitution chimique toujours identique. Ce procédé prête donc singulièrement à la critique ; mais nous ne pouvions le passer sous silence ; car, il a pu rendre des services à une époque même où l’on ne connaissait l’hémoglobine que d’une manière fort vague.
Les méthodes chromométriques, aujourd’hui fort nombreuses, sont moins imparfaites. Elles reposent toutes sur le même principe : apprécier la quantité d’hémoglobine d’après l’intensité delà couleur du sang; et, pour cela, comparer une dilution faite dans des proportions connues du sang à examiner, soit avec une autre solution de sang, soit avec une solution titrée d’hémoglobine, soit avec une autre matière ayant une coloration analogue à celle du sang.
On peut examiner les liquides, soit par transparence, soit par lumière réfléchie ; cette dernière méthode est de beaucoup meilleure, car, la lumière passant deux fois à travers le corps coloré, la sensibilité du procédé est doublée. Voyez, en effet, cette plaque de verre. Vue par transparence, elle semble absolument incolore ; appliquée sur du papier blanc, elle vous paraît teintée d’une manière très appréciable.