‹ Leçons sur les modifications du sang sous l'influence des agents médicamenteux et des pratiques thérapeutiquesChapitre 50 sur 126 · VITESSE DU COURANT SANGUIN · texte numérisé non relu

VITESSE DU COURANT SANGUIN

montré de plus que la vitesse revient rapidement au chiffre initial après l’hémorragie; enfin il a remarqué que l’influence de la perte sanguine sur la vitesse du sang est plus accusée quand la saignée porte sur le membre antérieur que sur le membre postérieur.

M. Vinay a repris cette étude en se servant de l’hémodromographe de M. Chauveau. Malheureusement il ne donne pas le détail de ses expériences et il ne nous est pas possible de les reproduire ici, car cet appareil n’est applicable qu’aux grands animaux. Il distingue trois périodes. La première répond à l’évacuation du premier tiers environ de la masse sanguine; la vitesse diastolique est augmentée, la vitesse systolique diminuée. Dans la seconde, pendant que le second tiers de la masse sanguine est soustrait, la vitesse diastolique revient à l'état normal, tandis que la vitesse systolique augmente. Enfin, dans la troisième période, la vitesse diastolique continue à baisser, pour arriver à 0, la vitesse systolique reste élevée mais brève, et ne tombe que dans les derniers moments*.

M. Vinay en conclut que les petites saignées s’accompagnent de la dilatation des capillaires et augmentent l'irrigation des tissus; que, lorsqu’on dépasse certaines limites, celle-ci diminue; la circulation se trouble; les capillaires, en se relâchant ou en se resserrant, modifient le jeu du cœur.

Que deviennent ces phénomènes, forme et force du pouls, vitesse du sang, consécutivement à une ou plusieurs saignées d’importance variable? La science est absolument muette sur ce point. D’ailleurs, cette étude présente de réelles difficultés; car la présence des ligatures, les suppurations d’origine expérimentale, etc., rendent les faits complexes, et enlèvent nécessairement aux résultats obtenus toute précision. C’est une lacune à corn-

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ÉMISSIONS SANGUINES

bler clans cette étude encore imparfaite des modifications de la circulation produites par les émissions sanguines.

Si certaines données nous font défaut, nous n'en devons pas moins chercher à déterminer le mode de production, la corrélation, l’enchaînement des phénomènes connus, en un mot le mécanisme de ces perturbations circulatoires. C’est ce que divers expérimentateurs ont tenté, parculièrement en ce qui concerne la pression. Dès à présent, on peut affirmer que le processus n’est pas exclusivement mécanique, que la plénitude plus ou moins grande du système vasculaire ne doit pas être seule mise en cause. Le système nerveux intervient pour une part assez large, comme l’admet Volkmann.

Gatzuck 1 ayant obtenu par de faibles saignées une élévation de pression, invoque l’anémie cérébrale qui a également été admise par Nawrotzky2. Mais dans les faits de Gatzuck, les pertes de sang ont été trop minimes pour qu’il ait pu se produire de l’anémie cérébrale; les conclusions de cet auteur demandent donc à être confirmées par des recherches ultérieures.

Les expériences de Worm Müller 3 ont une tout autre valeur. En combinant les saignées et les transfusions, cet auteur a étudié ce que devient la pression, quand on fait varier la masse du sang. lia pu démontrer que le système vasculaire a la propriété de s’approprier cà la présence d’une quantité variable de sang, et cela dans des proportions étendues. Cette adaptation se fait rapidement; après de courtes oscillations de la pression dans les vaisseaux artériels principaux, celle-ci demeure à peu près constante, et faire vasculaire semoule, en quelque sorte, sur la masse du sang. Il est surtout très difficile de faire monter la pression au-dessus de la normale, même en augmentant la masse du sang des trois quarts.

1 lxviii. — * lxvii. — 3 LX1X.

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