‹ Leçons sur les modifications du sang sous l'influence des agents médicamenteux et des pratiques thérapeutiquesChapitre 51 sur 126 · MÉCANISME DES PHÉNOMÈNES CIRCULATOIRES · texte numérisé non relu

MÉCANISME DES PHÉNOMÈNES CIRCULATOIRES

L’auteur en conclut qu’il existe dans le corps des capillaires vides capables de recevoir le trop plein d’une injection ; hypothèse fort admissible. Mais on peut aussi expliquer cette adaptation du système vasculaire par l’intervention des nerfs vaso-moteurs. La question est fort complexe; nous ne faisons que l’indiquer ici, pour y revenir à propos de la transfusion.

D’autre part, certaines expériences de Worm Müller semblent établir que, lorsque le sang est altéré, la masse peut en être augmentée, sans que la pression, abaissée par une hémorragie, redevienne normale. Ainsi, Jorsqu’après une saignée, on fait une injection de sang en quantité suffisante, on ramène facilement la pression à son degré initial ; mais qu’alors on pratique une nouvelle saignée, on arrive plus difficilement à relever la pression sanguine par une seconde transfusion. De même, après une série de saignées, la quantité de sang qu’il faut injecter pour ramener la pression à sa hauteur primitive devient de plus en plus considérable, atteint le double ou même plus de la quantité suffisante au début.

Je ne voudrais pas donner à ces expériences une valeur trop considérable ; car elles se compliquent nécessairement des phénomènes d’endosmose et d’exosmose qui ont lieu pendant les opérations, et il faut aussi tenir compte de l’influence qu’exerce un sang étranger sur l’organisme. Néanmoins elles paraissent établir que les modifications produites dans la pression sanguine par les hémorragies ne sont pas exclusivement d’origine mécanique. Et, d’un autre côté, il est facile de démontrer que le système nerveux n’y est pas étranger. Ainsi, pour obtenir des résultats réguliers, Worm Müller a dû faire, au préalable, la section de la moelle cervicale, des nerfs vagues et des sympathiques; et il a constaté que, quand ces appareils nerveux sont respectés, la pression ne

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semble obéir à aucune loi ; on obtient une succession irrégulière de montées et de descentes.

Il est probable, d’après ces données, que, dans l’anémie post-hémorragique , la pression peut tomber, lorsqu’il y a eu rénovation quantitative, mais non qualitative du sang; toutefois ce fait demanderait une démonstration directe.

En résumé, tout ce que nous savons du mécanisme des phénomènes circulatoires consécutifs aux perles de sang semble prouver qu’à côté des causes mécaniques, il faut invoquer l’action du système nerveux, modifié dans son dynamisme du fait d’une irrigation insuftisante.

Si, de plus, nous nous préoccupons des rapports qui existent entre les perturbations de la pression et celles des contractions cardiaques, nous devons également faire appel à la mise en œuvre du système nerveux. Ainsi Bernstein1, après avoir montré que l’injection de divers liquides chez des lapins et des chiens augmente la pression et ralentit le pouls, constate que, le pneumogastrique étant sectionné au cou, les mêmes injections, tout en produisant encore une élévation de pression, né ralentissent plus le pouls. L’auteur admet que la pression artérielle, par son action subies pneumogastriques, joue le rôle d’un régulateur.

Nous avons déjà eu l’occasion de décrire les troubles profonds du rythme respiratoire pendant le cours de la saignée.

Ces phénomènes doivent être maintenant étudiés plus en détail. M. Hall avait déjà remarqué que la respiration suit les mêmes oscillations que les contractions du cœur, c’est-à-dire que les mouvements respiratoires s’accélèrent quand les pulsations sont plus fréquentes et qu’ils se suspendent pendant la syncope pour reprendre quand

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