POIDS DES PARTIES SOUDES DU SÉRUM
après une perte définie en pour 10J.
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MODIFICATIONS DU SERUM
De ces expériences, il est permis de conclure que très vraisemblablement la sérosité lymphatique passe directement dans le système sanguin; on comprend d’ailleurs que l’abaissement brusque de la tension vasculaire détermine des phénomènes d’exosmose.
Si ces chiffres nous renseignent, autant que nous pouvons l’étre en si délicate matière, sur ce qui se passe au moment des hémorragies ou immédiatement après, ils ne nous apprennent rien sur le mode de reconstitution du sérum dans les heures ou les jours qui suivent les pertes de sang. C’est alors que l’alimentation intervient pour jouer un rôle capital. Les expériences prouvent que les animaux qui conservent leur appétit se remettent beaucoup plus vite. De même, l’observation clinique nous montre que chez les malades, les blessés, soumis à de fortes hémorragies, l’anorexie est du plus fâcheux augure, et qu’au contraire on peut espérer un prompt rétablissement quand l’appétit se maintient ou se relève rapidement.
C’est d’ailleurs à cet appel des liquides dans les vaisseaux qu’il faut attribuer la soif consécutive aux hémorragies dont je vous ai déjà entretenus; il explique aussi la rapidité plus grande de l’absorption dans ces conditions. Magendie, vous le savez, avait déjà remarqué qu’après des pertes de sang, les séreuses absorbaient beaucoup plus vite diverses substances toxiques ou médicamenteuses. Il est regrettable que, depuis ce grand expérimentateur, cette question, si intéressante au point de vue thérapeutique, n’ait pas été l’objet de nouvelles recherches (1).
Plus importante encore, à l’égard des indications de la
(1) On ne trouve, à cet égard, dans les travaux de Cl. Bernard que cette indication : La saignée faite chez des lapins, auxquels on a injecté dq sucre sous }a peau, le fait apparaître plus vite dans les urines que chez les animaux non saignés (Physiol. expérim., t. I, p. 225).
ÉMISSIONS SANGUINES
phlébotomie, est l’histoire des fluctuations de la fibrine à la suite des pertes de sang. Vous savez, en effet, que les maladies dans lesquelles la saignée a été le plus souvent employée, sont celles où il existe une augmentation de la fibrine, les phlegmasies. C’est dans l’hypothèse d’une diminution de ce principe, sous l’influence des émissions sanguines, que les phlébotomistes pouvaient trouver la justification de leur pratique. Il y a donc intérêt majeur à trancher cette question.
Elle est, d’ailleurs, plus complexe que ne le pensaient les anciens médecins, car il ne suffit pas d’étudier les qualités apparentes du cruor, il faut tenir compte des facteurs suivants : coagulabilité du sang, quantité de fibrine, qualité de ce produit. Or, nous nous trouvons en présence de divergences bien accusées entre les expérimentateurs.
Hunter et Leacock1 affirment qu’à la suite de saignées copieuses le sang se coagule plus rapidement que dans les circonstances ordinaires. Thackrah a remarqué que la fibrine du caillot est moins rétractile à la fin de l’hémorragie qu’au commencement.
Mais Andral, Gavarret et Delafond, dans l’expérience précédemment citée (p. 214), trouvent chez un cheval saigné sept fois en sept jours, une augmentation considérable'de la fibrine. Les chiffres qu’ils ont obtenus méritent de vous être indiqués :