CVI. — 2 CVII. — * CVIII
HAYEM. — SANG
ÉMISSIONS SANGUINES
à ajouter à ce qui a été dit à propos de l’augmentation relative du sérum et de la diminution du coagulum; nous pouvons nous en tenir aux chiffres donnés par Prévost et Dumas, Andral, Gavarret et Delafond, que je vous ai déjà indiqués , car dans les recherches modernes on a eu recours aux procédés anatomiques.
Pour compléter l’étude des qualités physico-chimiques du sang, il me reste à vous parler des variations qu’éprouvent les principes gazeux.
A priori, on est porté à admettre que l’abaissement du chiffre des globules entraîne une diminution parallèle dans les gaz du sang, et particulièrement de l’oxygène dont ils sont les véhicules. A cet égard , nous devons demander à l’expérimentation la solution des deux questions suivantes :
Ie La diminution des gaz, en particulier de l’oxygène, est-elle proportionnelle à la diminution delà partie active des globules, l’hémoglobine? En d’autres termes, les globules qui restent à la suite de l’hémorragie fonctionnent-ils plus ou moins activement qu’avant la perte sanguine? J'ajoute qu’il faut étudier successivement à ce point de vue le sang artériel et le sang veineux ;
2° Les propriétés physiologiques de l’hémoglobine sontelles modifiées, c’est-à-dire la capacité respiratoire estelle augmentée ou diminuée ?
Les recherches de nos prédécesseurs ne répondent pas d’une manière précise à ces deux questions;
Lothar Meyer1 a signalé le premier, je crois, la dimL nution des gaz à la suite des saignées.
Puis vient le travail de MM. Mathieu et Urbain (1872) 2.
D’après ces auteurs la soustraction de 20 centimètres cubes de sang artériel chez un chien suffit à produire une diminution notable d’oxygène et d’acide carbonique.
1 cix. - 2 ex.
VARIATIONS DES GAZ DU SANG
Pour l’oxygène, elle serait en moyenne de lcc à lcc,25, après une perte de 20cc ; de 2CC, 50 après une perte de 60cc; enfin de 3CC, 90, après une perte de 150cc. Malheureusement MM. Mathieu et Urbain n’ont pas tenu compte du poids des animaux. Ils admettent, en outre, que l’abaissement de pression produit par les hémorragies détermine une accélération de la circulation, d’où une oxygénation moins complète dans les poumons. Enfin, d’après eux, dans le sang veineux la diminution d’oxygène serait assez régulière.
Les chiffres que donnent ces expérimentateurs sont en désaccord avec ceux des autres observateurs. Ainsi M. Noël1, dans des recherches assez complexes, qui d’ailleurs n’ont pas été faites dans le but d’étudier les hémorragies, a vu qu’à la suite d’une ou plusieurs hémorragies faibles le volume des gaz reste à peu près fixe. Par contre, une forte hémorragie, ou l’immobilisation prolongée, détermine une réduction des gaz en rapport avec l’abaissement de la température. D’autre part, M. Bert2 n’a pas constaté de diminutions aussi importantes que MM. Mathieu et Urbain. Dans trois prises de sang artériel, faites en une heure et demie, la proportion des gaz avait à peine changé. M. Regnard3 est arrivé aux mêmes résultats.
Les conclusions que M. Vinay4 a cru pouvoir tirer de ses expériences sur le sang artériel seul sont à peu près identiques. D’après lui, les hémorragies entraînent une diminution dans la proportion absolue de l’acide carbonique, et surtout de l’oxygène. L’influence de la saignée se fait sentir immédiatement et persiste encore le lendemain.
En dehors des expériences de Hüfner, sur lesquelles nous allons revenir, il faut encore mentionner celles de Finkler3, d’autant plus que cet auteur a recherché simultanément la proportion des gaz contenus dans le sangvei- 1 CXI. — 2 LXXIX. — 3 CXII. - * IX. - 5 CX1II;
ÉMISSIONS SANGUINES
neux pris dans le cœur, et dans le sang artériel pris dans la fémorale. En faisant des saignées successives, à une heure d’intervalle au moins, il a constaté dans les deux sangs une diminution de l’oxygène et de l’acide carbonique.
Ainsi, nul doute sur ce point ; les auteurs sont d’accord sur le sens du phénomène. Mais si l’on veut aller plus loin, chercher le rapport qui existe entre la diminution des gaz et l’importance des saignées, relativement au poids du corps, on ne trouve plus que discordance, surtout en ce qui concerne l’acide carbonique. Cela tient, non seulement à la diversité des procédés employés et aux causes d’erreurs qui leur sont inhérentes, mais encore aux influences multiples qui peuvent faire varier dans le cours d’une expérience les échanges gazeux. Que de facteurs dont il faudrait tenir compte, et qu’il est difficile d'apprécier! Qu'il me suffise de vous citer les troubles de la circulation, de la respiration, l’immobilisation prolongée des animaux, l’abaissement de la température, la douleur produite par l’opération, etc. Aussi ne trouvonsnous pas dans toutes ces expériences la solution du premier problème : quelle est l’activité des globules restant après l’hémorragie?
Il faudrait, pour résoudre celte question, comparer, en se meltantà l’abri desprincipales causes d’erreur, la teneur gazeuse à la richesse globulaire. Hüfner 1 est le seul auteur qui ait entrepris quelques recherches de ce genre.
Voici les résultats qu’il a obtenus dans trois expériences faites sur des chiens.
1 cxiv.
TABLEAU
VARIATIONS DES GAZ DU SANG
NOMBRE
des globules.
POIDS
spécifique.
liffres des ir,‘
saignées rappor
tés à 100.
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2,6 0/0 du poids du corps.
2* — faite 74 heures plus tard.
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