Stromas de globules rouges
c. Globule blanc.
parution faite le 22 juillet dans le cas de métrorragie dont nous avons donné plus haut (p. 2G8) l’observation1.
Les hémaloblastes existent dans le sang de tous les vertébrés. Chez ceux dont les hématies ont un noyau incontestable , ils sont • également nucléés et comme ils sont
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ÉMISSIONS SANGUINES
incolores, ou bien comme ils perdent la faible quantité d’hémoglobine qu’ils contiennent peu de temps après leur sortie des vaisseaux, ils ont été confondus et ils le sont encore aujourd’hui avec les globules blancs. Mais après les pertes de sang, on voit apparaître chez les ovipares, aussi bien que chez les animaux supérieurs, des hématoblastes plus persistants et plus colorés qui représentent, comme chez ces derniers, des éléments intermédiaires entre les hématoblastes et les globules rouges.
En effet, tandis qu’on observe ces particularités du côté des hématoblastes, les hématies présentent également des modifications intéressantes.
Dans le sang normal, il y a toujours des hématies de grande, de moyenne et de petite taille. Parmi ces dernières il ep est de si exiguës que leur diamètre est le même que celui des hématoblastes. On voit même assez souvent des hématoblastes (surtout dans les préparations faites par dessiccation) qui ont un diamètre plus grand que ces très petites hématies auxquelles j’ai donné le nom de globules nains. Malgré cette extrême petitesse, ces globules nains diffèrent nettement des hématoblastes par ce fait très important que, dans le sang pur, ils sont persistants comme les autres globules rouges et qu’ils ne se groupent pas avec les hématoblastes pour faire partie constituante du réticulum au moment de la coagulation du sang. En outre, ces globules nains sont plus épais et plus colorés que les hématoblastes, et dans le sang normal ils sont habituellement aussi colorés que les globules adultes. Ils diffèrent cependant encore un peu de ces derniers; car ils se réunissent rarement cà eux dans le sangpur au moment de la formation des piles, restent plus volontiers isolés dans les espaces plasmatiques, et se transforment facilement en microcytes.
Or, ces globules nains, rares à l’état normal, deviennent relativement très abondants à la suite des perles de
MODIFICATIONS DES HEMATOBLASTES.
sang. Ils présentent un diamètre trèsvariable et l’on peut passer insensiblement depuis le plus petit jusqu’au globule rouge adulte. De plus, beaucoup d’entre eux sont pâles» moins riches en hémoglobine que les globules nains normaux ou que les globules rouges voisins et alors les cléments du sang représentent toute une chaîne évolutive dont on se rend difficilement compte dans le sang physiologique et qui est ici d’une facile constatation. Les mêmes faits s’observent chez les ovipares ; les éléments plus allongés, plus petits, pâles et à gros noyaux, que Golubew a décrits chez la grenouille, et que M. Vulpian a fait apparaître chez cet animal après de fortes hémorragies, sont les analogues des globules nains des animaux supérieurs, éléments qui sont, croyons-nous, les intermédiaires entre les hématoblastes et les hématies.
Cette augmentation des globules nains etdes petits globules a pour conséquence naturelle une diminution dans les dimensions globulaires moyennes. Aussi, quand bien même la proportion d’hémoglobine contenue dans les hématies reste proportionnelle au volume des éléments, il en résulte un abaissement dans la valeur individuelle des globules, que je désigne pour la commodité des descriptions, par la lettre G. Ce fait est très sensible dans toutes les hémorragies, même à la suite des règles, où, contrairement à ce qu’on pourrait admettre à priori, le nombre des globules rouges, en y comprenant les globules nains, s’élève.
Mais ce n’est pas tout. Dans un grand nombre de cas, les globules rouges adultes sont plus ou moins décolorés; sinon tous, comme dans les anémies chroniques, du moins un certain nombre d’entre eux. Alors la richesse globulaire des hématies adultes tombe au-dessous de la normale, et la valeur moyenne des globules en hémoglobine diminue d’une manière très accusée.
Communément , dans les hémorragies répétées chez
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l’homme, la valeur de G tombe aux environs de 0,50, parfois au-dessous; en d’autres termes les globules ont une valeur moiliê moindre que les globules sains.
G’est là un fait extrêmement remarquable, dont les auteurs n’avaient tenu aucun compte, et qui doit modifier d’une manière absolue nos idées sur ce que devient le sang à la suite des hémorragies. Vous voyez qu’en se bornant au dénombrement des globules, comme on l’a fait jusqu’à ce jour, on ne peut avoir de la réparation du sang qu’une notion fort imparfaite.
Chez l’homme, j’ai eu assez souvent l’occasion d’étudier les fluctuations de la valeur de G à la suite des pertes de sang, mais rarement dans des cas de perle unique et de peu de durée. Quand cette occasion s’est présentée, j’ai constaté que la réparation sanguine se fait aisément, surtout lorsque ces pertes ont lieu chez des individus bien portants, et que les modifications dans la valeur des hématies en contenu hémoglobique sont peu sensibles. Vous en avez un exemple dans le cas rapporté plus haut (obs. III). La métrorragie était récente, et bien qu’elle ail été assez abondante, la valeur globulaire G n’est pas descendue sensiblement au-dessous de la normale. (Voir les tracés, fig. 24, p. 269.)
Il est permis de penser qu’à la suite des hémorragies traumatiques, se faisant en une seule fois ou même en plusieurs, dans un court espace de temps, chez l’homme sain, la valeur globulaire est encore moins affectée. Il serait facile d’entreprendre dans les services de chirurgie des recherches dans cette direction; elles auraient une grande importance au point de vue de la physiologie des pertes de sang.
Dans la plupart des cas que j’ai observés, les hémorragies étaient multiples, plus ou moins espacées et souvent liées à une affection générale ou organique (purpura, scorbut, métrorragies répétées, cancer de l’utérus, etc.).
La valeur globulaire était alors très inférieure à la normale. Vous en avez deux exemples clans les observations rapportées plus haut et qui ont trait à des cas de métrorragie prolongée sans affection organique de l’utérus. Dans l’observation de L. G. la valeur globulaire est tombée à 0,45 (fig. 24); dans la seconde, elle est descendue jusqu’à 0,40 (fig. 25).
Permettez-moi d’insister encore sur certaines particularités très intéressantes que présente le contenu hémoglobique à la suite des pertes de sang. Ce n’est pas au moment où les globules rouges diminuent de nombre que leur richesse en hémoglobine s’abaisse le plus; ce n’est pas au moment de l’anémie maximum qu’on observe cette chute de la valeur G. Tout au contraire, c’est alors que le sang est en pleine voie de réparation, au moment où se fait une poussée globulaire intense, que ces éléments hâtivement produits sont à la fois plus petits et moins colorés. Ils sont en somme plus jeunes. Il semble que l’économie ne puisse leur fournir immédiatement les matériaux nécessaires à leur développement parfait, notamment l’hémoglobine, de sorte qu’en cas d’hémorragies multiples chaque nouvelle perte de sang est suivie d’abord d’un abaissement des globules sans modification sensible de la valeur de G, puis d’une multiplication des hématies, coïncidant avec un abaissement plus ou moins notable de leur richesse en hémoglobine.
Il est intéressant de faire remarquer encore que, dans les cas où ces hémorragies conduisent, par suite de leur fréquence, à une anémie excessive, la valeur globulaire se rapproche de la normale et parfois même la dépasse. Cette contradiction apparente ne résulte pas d’un défaut d’altérations globulaires ; les globules rouges sont au moins alors aussi altérés que dans les anémies de plus faible intensité. Il survient ici un fait particulier que l’on retrouve d’aiileurs dans les anémies d’origine non trau-
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matique, quand elles sont très accentuées. Je veux parler de l’hypertrophie relative des globules rouges. Les grands globules rouges deviennent de plus en plus nombreux et quelques-uns acquièrent même de telles dimentions que j’ai cru devoir leur donner le nom de géants. Ces globules géants peuvent être dans certains cas assez nombreux pour que, malgré la décoloration d’un certain nombre d’hématies, la valeur individuelle des globules G (qui est une moyenne) se rapproche delà normale ou la dépasse. 11 semble que dans ces faits, caractérisés par une extrême diminution du nombre des hématies, ces éléments aient une survie plus longue et atteignent par suite un plus grand diamètre. En tout cas, quand les pertes cessent et que les globules se multiplient, on voit survenir plus ou moins rapidement des formes plus petites et des globules nains ; de sorte que la valeur globulaire G diminue pendant que le sang se répare.
Ces particularités montrent que cette valeur globulaire ne donne pas à elle seule la mesure de l’altération des globules, et il sera utile de se rappeler qu’elle résulte à la fois des dimensions des hématies et de leur contenu en hémoglobine.
Après avoir recueilli ces données sur l’homme, j’ai cru utile d’étudier ces mômes phénomènes, ce même processus, chez les animaux. Je vous ai déjà parlé de mes expériences sur les grenouilles, les tritons, les tortues; toujours j’ai observé à côté des transformations des hématoblastes la décoloration des globules rouges, en un mot une évolution identique à celle que j’avais pu suivre chez l’homme.
Note complémentaire sur les altérations artificielles des hématies.
La plupart des observateurs confondant les altérations artificielles des globules rouges soit avec des formes anatomiques normales, soit avec des altérations patho-
logiques, il me paraît utile de donner une description sommaire des modifications de forme et de couleur que peuvent subir les hématies dans les préparations de sang pur faites par les procédés ordinaires et sans les précautions que nous avons recommandées.
On sait depuis longtemps que les globules rouges sont des éléments extrêmement vulnérables. On a d’ailleurs parfaitement décrit les altérations qu’ils subissent en dehors des vaisseaux au contact des agents physiques et chimiques. Peu d’éléments anatomiques ont été autant étudiés à cet égard. On ne devrait donc pas oublier, comme on le fait trop souvent, que, dans une préparation de sang pur, les globules rouges, ou du moins une partie d’entre eux, peuvent être altérés par des causes multiples, parmi lesquelles nous signalerons particulièrement : 1° l’état plus ou moins humide de l’atmosphère ; 2° l’état de malpropreté et d'humidité des lames de verre ; 3° les traumatismes plus ou moins violents, subis par la couche de sang qu’on cherche à étaler en lame mince ; 4° la présence de particules étrangères dans la préparation ; 5° l’état de malpropreté ou d’humidité de la peau au niveau du point où l’on recueille le sang.
Laissant de côté les modifications produites par le froid, la chaleur, l’électricité, les divers réactifs, je m’occuperai uniquement de celles qui résultent des causes particulières que je viens d’énumérer.
La plupart des altérations de forme ou de couleur que nous allons indiquer peuvent d’ailleurs être produites par des causes multiples.
I. Une des déformations les plus fréquentes consiste dans la transformation des hématies en boules sphériques. Le globule rouge est un élément biconcave et la biconcavité constitue un de ses caractères morphologiques essentiels. C’est donc par erreur que certains anatomistes et entre autres M. Ranvier ont admis
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l’existence dans le sang de deux variétés d’hématies, les biconcaves et les sphériques ( Traité technique (V histologie, p. 285). Lorsqu’on fait une préparation de sang normal avec les précautions convenables, on n’observe jamais un seul globule sphérique, et lorsqu’on en voit de tels dans une préparation, en recommençant cette préparation avec le même sang, si l’on a soin d’écarter les causes d’erreur que nous venons de signaler, on ne trouve plus que des éléments biconcaves. De même, en ayant soin de fixer à l’aide d’un réactif approprié, le liquide A, par exemple, les globules rouges à leur sortie des vaisseaux, on peut s’assurer que tous les éléments sont biconcaves.
Nous devons donc considérer la forme sphérique comme une forme anomale.
La transformation sphérique ou vésiculeuse des hématies ponstitue un groupe d’altérations importantes qui comprend deux variétés principales. La première est constituée par des hématies sphériques et foncées ; la seconde par des hématies sphériques et pâles.
Les hématies de la première variété se présentent sous la forme de boules sphériques plus petites que les hématies normales; elles sont sensiblement plus colorées que les globules discoïdes et entourées d’un cercle noirâtre. Elles répondent alors aux éléments décrits par Masius et Vanlair1 sous le nom de microcytes et caractérisent, depuis le travail de ces auteurs, la microcythémie. S’il existait réellement à l’état physiologique des hématies sphériques, la microcythémie ne serait que la conséquence de la surabondance, dans certains cas pathologiques, d’une variété d’éléments rares à l’état normal. La coloration foncée n’est, en effet, que la conséquence de la transformation sphérique, qui fait prendre en même temps à l’élément un plus petit diamètre et une épaisseur plus grande.