‹ Leçons sur les modifications du sang sous l'influence des agents médicamenteux et des pratiques thérapeutiquesChapitre 82 sur 126 · MODIFICATIONS DE LA VALEUR GLOBULAIRE · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DE LA VALEUR GLOBULAIRE

Après cette saignée le nombre des globules rouges descend à 5 225 000 et, quelques jours plus tard, la réparation du sang amenant une augmentation des globules rouges, la valeur G descend jusqu’à 0,33, chiffre le plus bas que nous ayons obtenu dans nos expériences sur le chien.

Il s’est produit un fait analogue chez le chien de l’expérience XXXVII (p. 254) qui après avoir été saigné plusieurs fois, coup sur coup, a été atteint d’hémorragie secondaire au moment où la réparation sanguine avait commencé. De 0,68 la valeur globulaire est descendue brusquement pendant que les globules rouges se multipliaient à 0,60, puis à 0,50 et plus tard encore, au moment où le chiffre des globules rouges est devenu aussi considérable qu’avant les hémorragies, à 0,33 (1).

Il semble donc que l’organisme est en état de faire à la suite d’une seule hémorragie ou d’hémorragies répétées dans un court espace de temps, les frais de la réparation globulaire, sans que le type physiologique des hématies soit sensiblement modifié. Il n’en est plus de même lorsque cette réparation est entravée par de nouvelles pertes; l’effort de sanguification peut encore être considérable et se traduire par une poussée globulaire intense, mais les éléments nouveaux restent imparfaits et sont d’autant plus altérés qu’ils sont plus nombreux. Ainsi l’anémie chronique post-hémorragique chez les deux chiens précédents, et il en a été de même chez d’autres, était nettement caractérisée par un nombre élevé de globules rouges imparfaits dont la valeur globulaire était très faible. J’ajoute qu’en même temps le nombre des hématies était très oscillant el variait d’un jour à l’autre dans de grandes proportions. Nous avons donc pu dé-

fi) La dernière partie do l’observation de ce chien n’est pas consignée dans la relalion de l’exp. XXXVII.

émissions sanguines.

terminer artificiellement la production d’un état semblable à celui de l’anémie chronique tel qu’on l’observe chez l’homme. Ce fait très intéressant complète les données que l’observation et l’expérimentation fournissent sur l’évolution des globules rouges.

Permettez-moi ici, Messieurs, de faire appel cà la clinique pour comparer le mode de réparation du sang à la suite des émissions sanguines, à ce qui se passe dans les maladies aiguës. Toutes les affections qui entravent la formation du sang, ou qui entraînent une destruction globulaire, sont suivies d’une période de réparation analogue à celle qui succède aux hémorragies. A cet égard, une maladie aiguë, comme la pneumonie, comme une fièvre éruptive, équivaut à une forte saignée ou mieux à une série de petites saignées faites coup sur coup. Or, dès qu’elle touche à sa fin, dès le début de la convalescence, survient une crise hématique dont le trait le plus saillant consiste en une poussée d’hématoblastes, qui précède la formation de nouveaux globules.

J’ai recueilli une trentaine d’observations de ce genre pour les maladies aiguës, et une vingtaine pour la lièvre typhoïde.

Voici deux tracés qui peuvent être considérés comme représentant les 2 types principaux de crise hématique.

Le premier concerne un fait de pneumonie franche sans complication. Outre les modifications des globules rouges et blancs et de la valeur de G, on y voit que le 3e jour après la défervescence, le nombre des hématoblastes a tout à coup augmenté (de 275 000 au moment de la défervescence il s’est élevé à 425 000), pour retomber de nouveau deux jours après au chiffre initial. C’est un exemple de crise aiguë, passagère (fig. 28).

Le second tracé se rapporte à un cas de fièvre typhoïde légère. Le nombre des globules rouges ne présente pas de variations régulières ; toutefois on remarque qu’il s’a-

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