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pre à la puissance qui agit sur elles. Voici en quoi consiste ce procédé envisagé seulement sous le point de vue physique. D’abord on isole l’artère des tissus circonvoisins , en les refoulant du côté de la plaie; puis on la saisit en travers avec des pinces dont on presse fortement les mors afin de couper les tuniques interne et moyenne , sans offenser la tunique externe. Ce premier temps accompli on peut pratiquer la torsion. Mais M. Amussat préfère , au moyen des mâchures , refouler dans la cavité du vaisseau les tuniques interne et moyenne de sorte qu’une portion du cylindre artériel se trouve ainsi réduite à sa gaine celluleuse. Il faut ici noter un phénomène bien curieux. Cette artère, dont les parois ne sont plus formées que par sa tunique extérieure, n’est plus susceptible d’être parcourue facilement par le sang; bien qu’elle représente encore un tuyau libre , comme sa face interne n’est plus tapissée par une membrane lisse et polie, elle ne se trouve plus dans des conditions favorables à la circulation. Aussi à peine le sang a-t-il pénétré dans ce vaisseau incomplet, qu’il s’imbibe, se coagule , et se dépose en caillots fibrineux; c’est encore à cette influence qu’exerce l’état physique des tuyaux où ce liquide circule qu’il faut rapporter la difficulté très-grande que l’on éprouve à transfuser du sang d’un animal sur un autre animal. Tant il est vrai que les artères ont une immense supériorité quant aux usages qu’elles doivent remplir sur tout ce que l’art peut imaginer. Mais revenons à la torsion. Une fois l’artère saisie, il s’agit d’enlever à cette portion de
vaisseau son élasticité . Pour cela M. Amussat lait faire à la pince cinq à six tours sur son axe , de manière à tordre sur elle-même la portion d artère qu’il a saisie, ou même on pourrait continuer à imprimer à la pince des mouvements de rotation jusqu’à ce que la tunique celluleuse fût rompue. Mais la première méthode est suffisante. Que se passe-t-il dans cette circonstance ? Vous épuisez P élasticité de la tunique externe qui , ainsi enroulée, ne peut reprendre ses dimensions premières; c est ainsi qu une lame de métal, quand elle est portée au-delà de certaine limite , conserve la direction qu on lui a imprimée, telle est l’énergie avec laquelle cette sorte d’obstacle organique résiste à l’impulsion du sang, que l’on pourrait plutôt rompre les tuniques artérielles , que vaincre la résistance qu’il oppose à l'issue d’un liquide. Or c’est là l’avantage que je reconnais à la torsion sur la ligature. Dans celle-ci, si vous coupez le lien circulaire qui embrasse le vaisseau , le sang s’échappe aussitôt. Dans la piemièie, au contraire, jamais, quoi que vous fassiez , vous ne rendrez à l’artère l’élasticité dont vous l’avez dépouillée , le vaisseau est définitivement fermé.
lien est de même de l'arrachement, moyen que l’on a aussi proposé pour arrêter les hémorrhagies. Vous savez en effet que des membres entieis ont pu être arrachés sans qu il soit survenu aucun écoulement de sang artériel. Eh bien ! c’est encore au degré différent d’élasticité dans les tuniques du vaisseau qu’il faut s’expliquer le mécanisme de son oblitération. Vous tiraillez une artère, elle
cède et s’alonge; vous tiraillez plus fort, les tuniques interne et moyenne se rompent et se rétractent dans la cavité du vaisseau , l’externe résiste plus long-temps, mais enfin son élasticité est vaincue j alors elle se déchire , et les lèvres de la solution venant à se froncer, l’orifice de l’artère se trouve solidement fermée , et le sang vient inutilement se briser contre un obstacle dont il ne peut surmonter la résistance. Nous trouvons donc encore là une nouvelle utilité de l’élasticité.
Perplication. On a désigné sous ce nom un nouveau procédé qu'un auteur allemand , M. Stirling , vient tout récemment de proposer pour arrêter les hémorrhagies. Voici en quoi il consiste. Après avoir isolé l’artère dans line partie de sa longueur, un pouce, par exemple, on traverse ses parois sur le côté avec la pointe d’un petit scalpel. Puis enfonçant, dans l’ouverture faite au vaisseau, les mors recourbés d’une petite pince, on va saisir l’extrémité béante de 1 artère; alors retirant la pince en lui faisant suivre en sens inverse le chemin qu’elle a déjà parcouru , on entraine en même temps le bout du cylindre artériel qui se trouve étranglé en passant par l’orifice étroit pratiqué avec le scalpel. On forme ainsi une sorte de nœud. Or voici , d’après l’auteur, quels sont les avantages de cette méthode : d abord le vaisseau noué ne permet pas au sang de s’écouler au-debors ; ensuite, et ceci mérite d’être examiné, l’extrémité de l’artère ne doit pas nécessairement se mortifier, ce qui permet dopé
rer la réunion immédiate de la plaie. M. Stirling, qui est actuellement à Paris, a eu l’obligeance de me promettre de venir dans cette enceinte répéter devant vos yeux la manœuvre de son procédé ; il fera en même temps quelques expériences sur une nouvelle opération de la pupille artificielle préconisée en Allemagne , et qui peut-être pourra un jour avoir d’utiles applications sur l’homme.
Ainsi, pour résumer, vous voyez qu’il n’est peut-être pas d’étude plus féconde en déductions physiologiques importantes , que celle qui consiste à envisager les divers tissus de l’économie d après les degrés différents d élasticité dont ils jouissent. Je regrette que le temps ne me permette point de pousser plus loin ces recherches. Vous avez pu voir néanmoins quel rôle immense l’élasticité joue dans le mécanisme de la circulation; j’ai dû m’arrêter un peu longuement sur cette question aussi neuve qu’intéressante, car c’est pour n’avoir point tenu compte de cette propriété qu’une foule de physiologistes, du plus haut mérite, ont avancé des opinions erronées qui malheureusement ont encore cours dans la science. Loin de moi toutefois de m’exposer à tomber dans un défaut opposé , et d’exagérer l’importance des explications physiques pour l'interprétation des phénomènes dont, l’économie est le siège. Ainsi pourquoi, sous l influence d une émotion morale plus ou moins vive, voit-on la face rougir ou pâlir ? Pourquoi ces changements de couleur et de température que la peau éprouve sous l’impression de causes aussi nombreuses que variées ê Ce défaut
d'harmonie entre les mouvements du cœur et la circulation capillaire indique nécessairement qu il y a là quelque chose de particulier , quelque chose qui n est pas, jusqu ici du moins, du domaine de la physique. 11 me parait probable que c est sous linfluence de l’innervation que s effectuent ces modifications. C’est ainsi que quand on soustrait à l'action nerveuse une partie quelconque des corps vivants , la circulation ne tarde pas à se troubler et même à se suspendre. Vous vous rappelez à cette occasion les expériences que nous avons faites sous vos yeux dans la première partie de ce cours où nous avons traité des fondions du système nerveux. Eh bien ! voici un chien sur lequel nous avons coupé , il y a six mois , la huitième paire du côté droit. 11 ne sera pas sans intérêt pour vous et pour moi de constater les altérations qu aura subies le poumon correspondant. Vous savez que dans le cas où l’on ne coupe qu un seul nerf, on trouve, après quelques jours, le poumon profondément altéré, et réduit souvent à une masse hépatisée; si l’animal ne meurt pas, c est que l’action dùm seul poumon est suffisante pour l’entretien de la vie.
Je vais d’abord ausculter le bruit de la respiration. Chose singulière ! je ne trouve pas de dilférence notable entre l’un et l’autre côté du thorax ; le murmure vésiculaire s’entend également bien. La sonoréité de la poitrine ne diffère pas non plus d’une manière sensible à droite et à gauche. Après votre départ l’animal sera soumis à l’action de l’acide prussique ; et à la séance pro-
chaîne nous procéderons devant vous à l’examen des divers organes , et nous saurons ainsi quelle influence a exercé la section du nerf pneumo-gastrique , sur la disposition anatomique du poumon auquel il se distribue (1).
(I) Ce chien ayant ete ouvert , on a trouvé le poumon eoirespondant au nerf coupé, six mois auparavant , parfaitement sain.