ACTION PHYSIOLOGIQUE DE LA PESANTEUR
lors mêrflé que l'on a artificiellement interverti ce qui a lieu dans la nature, c'est-à-dire quoiqu'on ait mis celle-ci en contact avec la terre et qu'on ait soumis celles-là à l'action de la lumière. Nous devons à Knight quelques expériences ingénieuses , qui , si elles n'ont pas entièrement éclairci ce sujet , du moins Ont démontré l'existence de l'une des causes qui président à ce phénomène. Hunter , le premier , faisant tourner autour d'un axe horizontal un baril plein de terre dans le centre duquel se trouvaient des fèves, vit qu'en continuant ce mouvement pendant plusieurs jours, les racines se dirigeaient parallèlement à son axe de rotation. Knight, en fixant convenablement des haricots ou des fèves sur la périphérie d'une roue, en tenant ces graines constamment mouillées , puis doimatit un mouvement de rotation longtemps prolongé à la roue, s'est assuré que, si celle-ci était verticale, les racines des jeunes plantes se dirigeaient vers la circonférence , et ses tiges s'inclinaient vers le centre ; mais que, si la roue était horizontale , les racines et les tiges se dirigeaient obliquement, et celles-là se penchaient toujours vers la circonférence de la roue. En combinant cette expérience de Knight avec la première que nous avons citée et qui démontrait que la direction des tiges et des racines est sous l'influence de la pesanteur , il en résulte que dans la seconde expérience celles-ci se dirigent obliquement , pour se placer entre la position horizontale que tend à leur faire contracter la force centrifuge et la verticale qui leur est naturelle et qu'elles prendraient dans les conditions ordinaires.
Evidemment pour trouver l'explication des faits dé-
couverts par Hunter et Knight , il est nécessaire d'admettre : 1** un état plus ou moins liquide des nouvelles parties de la jeune plante ; 2° une densité différente dans les diverses parties de celle-ci ; 3" enfin , que les parties les plus denses du nouveau végétal se portent , du moins dans le premier temps de la germination , vers les racines. Il résulte de ces conclusions que, dans le cas de la roue verticale , les parties de la jeune plante, n'étant soumises qu'à l'action seule de la force centrifuge, elles se développent en ayant leurs parties les plus denses , c'est-àdire la racine, à la circonférence; que dans celui de la roue horizontale , elles prennent une position intermédiaire entre celle que leur imprimerait la force centrifuge et celle qu'elles contracteraient si elles n'étaient soumises qu'à la pesanteur.
Dutrochet, sans nier l'influence de la pesanteur sur la direction ordinaire des racines et des tiges , admet cependant une seconde cause à ce phénomène ; elle dépendrait du développement inégal du système cellulaire des tiges et de la racine , et de la différente turgescence que l'endosmose produit dans les cellules de ce système.
Parlons maintenant de la lumière.
Nous ne savons rien ou presque rien relativement à l'action que cet agent exerce sur les animaux. Edwards a prouvé que les œufs de grenouilles se développaient ' plus rapidement au soleil que dans l'obscurité, et qu'à leur tour les têtards se convertissaient plus Hot en grenouilles et pi as complètement dans cette même circonstance.
Les couleurs des animaux sont d'autant plus vives
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qu'ils sont soumis à une lumière plus intense. On a prétendu que la quantité d'acide carbonique exhalée par la peau d'un animal était plus considérable sous l'action des rayons solaires. Mais on ignore quels sont ceux des rayons du soleil qui produisent ces effets , et par conséquent on ignore si ces effets sont dus à l'action chimique de ces rayons, quelque probable que cela paraisse, du reste. L'action de la lumière sur les végétaux, quoique encore obscure , est mieux connue dans les lois de son action, et exerce une très-grande influence sur la vie de ces êtres. Un fait démontré, c'est que la respiration de la plante , c'est-à-dire la décomposition de l'acide carbonique opérée par les parties vertes , la fixation du carbone et l'exhalation de l'oxygène, n'ont lieu que sous l'influence de la lumière solaire : dans l'obscurité, au contraire , la plante absorbe de l'oxygène et émet de l'acide carbonique. A la lumière , les végétaux se colorent , leurs tissus se durcissent; tandis que , dans le second cas , ils perdent leurs couleurs , leurs tiges s'allongent et deviennent molles. Une lumière artificielle très-vive agit comme celle du soleil, quoiqu'à un degré beaucoup plus faible. Nous ne possédons qu'un seul fait capable d'éclaircir cette singulière action du soleil. On s'est aperçu, en exécutant des images avec le daguerréotype , que les parties vertes des végétaux et , en général , tous les corps verts, ne se reproduisent pas , à l'opposé de ce qui a lieu pour les objets ayant d'autres couleurs. Or, puisqu'il est bien prouvé que , dans la formation des images , avec le procédé bien connu de Daguerre , celles-ci sont dues à l'influence des rayons chimiques de la lum.ière solaire, on
doit admettre que les parties vertes ne se reproduisent pas parce qu'elles les absorbent entièrement. Une conclusion naturelle à tirer de ce fait , c'est que la production de la matière verte dans les végétaux et la propriété extraordinaire dont semblerait douée cette substance de décomposer l'acide carbonique sous l'mfiuence de la lumière , de s'en approprier le carbone , d'en exhaler l'oxygène , ont lieu sous l'action chimique des rayons solaires. Toutefois , il résulte de quelques expériences de Draper que les rayons lumineux proprement dits, ceux qui agissent le plus spécialement sur la rétine , les rayons jaunes , seraient ceux sous l'influence desquels principalement la matière verte des végétaux décompose l'acide carbonique. Quant à l'oxygène absorbé et à l'acide carbonique exhalé dans l'obscurité, on admet que cela s'opère indépendamment de l'état de vie.
Vous voyez, par le peu que j'ai pu vous exposer relativement à un sujet aussi important, combien nos connaissances sont bornées à cet égard. Quel est réellement le principe chimique immédiat qui agit ainsi dans les plantes, qui est capable d'accomplir une action chimique dont l'intensité n'a pas d'exemple dans les affinités chimiques ordinaires les plus énergiques? Quelle part est réservée à l'organisme dans cette action? J'ai exposé àia lumière, dans un ballon plein d'eau acidulée avec de l'acide carbonique , quelques feuilles qui avaient été soumises à une assez forte trituration , et je n'ai pas obtenu trace d'oxygène, tandis que, dans un autre appareil semblable dans lequel les feuilles étaient intactes, je ne tardai pas à en découvrir la présence. Je pourrai aussi