‹ Leçons sur les prisons présentées en forme de cours au public de Berlin, en l'année 1827Chapitre 49 sur 119 · BaftTov y <Nivrag« dU, pag. 6e tl tvir · texte numérisé non relu

BaftTov y <Nivrag« dU, pag. 6e tl tvir

9se

BuziôQ par l'épOuse irréprochable de ce malheureux ^^ donnera une idée de Fefiet que ce séjour aurait pro« ^ duil sur lui.

« Monsieur y

(( Je ne saurais vous dépeindre tous les mfiux

> ff que j'ai soufferts depuis la mise en accusation de

. (( mon mari jusqu'à sa mise en liberté. Je ne parle

« pas des visites que je lui ai fiâtes pendant un mois

« 0 dans la prison de Clerkenwell,.où il (Ut détenu

a avant d'être transporté à Newgate. H fit la routç

n attaché côte à côte avec un voleur trop célèbre ,

u qui venait d'être . condamné pour effiractîpn, et»

^ cf lors de ma première visite , je le trouvai enfermé

« avec les criminels les plus vils ^ les femmes les

tt plus dépravées : le langage et (es manières de ces

<i êtres abjects, ainsi que les actes infiunes auxqueb

a ils se livraient ^ ne me permirent pas de visiter .

K souvent mon mari dans ce lieu; nos entrevues

a avaient lieu , l^ plupart du temps , dans le coni?

. ce dor du rezrde-<Jiaus8ée, où je lui parlais à travers

<c un grillage de fer. Un matin , lorsque je vins pour

ce le voir , il était malade et hors d'état de descendre^

« Inquiète 1 je montai :. je le trouvai plie comme

. d la mort 9 souffrant beaucoup, et dans un étatide

« mal*-propreté hideuse : les misérables qai l'entoo-

<c raient se moquaient de son état et prenaient à mon

<c chagrin un barbare plaisir. Ne pouvant l'engager

â louer avec eux, ik le forcèrent à iKHre, et qudU ques instans après je fus obligée de payer lo sh^lings pour sa part de l'orgie ; autrement on l'aurait dépouillé de ses vètemens. J'étais d autant plus profondément affligée <{ue je connaissais la tcmpéruice avec laquelle il avait vécu jusque-là: Je crugnais les conséquences d'une idle manière de vivre et Teffet des exemples qui se répéuûent sans cesse autour de lui; je voyais sa santé déperii^ jeiui représentai les affreux effets qu'une telle société aurait pour lui, et cependant je reconnus qu'il était forcé de &ire ce que les autres fiûsaient et même de penser ce qu'ik pensaient; car, voulant un jour leur fidre des remontrances, il avait vu sa vie menacée , et lorsqu'il se couchait pour dormir, il était obligé de craindre qu'ils ne profi* tassent de son sommeil pour se venger. Voir ainsi par moi-même un époux que je chérissais, entraîné par une force irrésistible, devenir de jour en joiu* plus corrompu, moi qui l'avais connu aiqiarsvtfnt si rangé et si sévère dans ses mœursl Ce qwctademe déchira le cœur; car je prévoyais ranéantissement total qui devait être la suite inévitable de sa conduite. > * D^ Boivard avait reconnu d'une manière si frappsnte la terrible influence des détenus les uns sur

|. BssToi » ooTfSgs cité, fMf. S4 «t talr.

les autres , quHl adopta , en le citant , le passage soi* yant du célèbre docteur Samuel Johnson > : « Uétat « misérable dans lequel végètent les habitans d'une jK prison , ne forme que la moitié de leurs maux, ic Us sont en proie k toute la dépravation que peuce vent engendrer la pauvreté et le désordre^ joints ff à la dissolution et à Tinsolence que donnent Tab- K sence de tout^ pudeur, le désespoir et la rage du ii dénuement Dans une prison la crainte de Topift nion publique est entièrement anéantie , la force ir des lois est épuisée ; il ne reste plus que peu de ce chose à craindre , et on ne sait plus ce que c'est « que rougir. Le pervers corrompt Ip pervers jFim- «( pudence enhardit l'impudence. Chacun cherche « à se cuirasser, autant qu'il est en lui, contre son ^ propre sentiment; il s'efforce de rendre aux autre» ^ ce qu'on lui a fait éprouver à lui-même, et il gagne K la conQance ^e ses compagnons de crime, en R imitant leurs habitudes. ? *

Page 1