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%. V07. rovmge d^à mié d« Wsftnbacb» tom. II, p. ig4<
« àon , le traiter de manière à ne famais blesser son
« honneur ni sa personne. '^ (^ i) „ Les détenus
H doivent être traités par les directeurs des prisons, « comme aussi par les geôliers, avec beaucoup de ré» « serve, de douceur' et d'égards. Une conduite incon» « venante ou même grossière et offensante des geôliers w envers les détenus , serait punie de la manière la plus « sévère. * (J. aô) Nous trouvons dans un recueil de jurisprudence publié â Vienne ' , un article sur Yamélio^ ration morale des condamnés, qui révèle un esprit supé* rieur et un talent distingué. L'auteur, qui a dirigé pcn* dant long-terops Tune des principales prisons de rAutricbe , y rend compte des efforts qu'il a faits pour atteindre ce but. Il est touchant de lire tous les détails des mesures qu'il a employées pour réveiller dans ces hommes abnitjs des sentimens de religion, de probité, d'honneur et de confiance ; mais il est triste de le voir conclure qn'il est revenu de ce qu'il appelle une illusion, et que, suivant son opinion actuelle, l'État ne doit jamais se propeser l'amélioration des prisonniers comme principe supérieur de l'administration des prisons. Le système auquel son expérience Ta fait arriver est celui de MM. d'Âmim et de Weveld. Travail, classification, culte religieux, instruction élémentaire, il admet toutes ces institations et en recommande vivement l'emploi ; mais l'État ne doit s'en servir que pour fournir aux criminels une occasion de s'améliorer, sans s'inquiéter de l'effet qu'elles produiront sur le moral du prisonnier ; en un mot, il doit faire ce qui est en son pouvoir, adi^ienne ^ue pourra. Tout autre système, dit le criminaliste autrichien, conduirait au des*
I. Pkatobeteka, Materialien fiir Gesetzkunde nnd Rechit^ pfle^c in den Ôstcrreichischen Staaten. Vienne, iSi6, tom. II,
(lotime « Le oonir de Hiomne , dit-il , est aa sânrtiuire • qii*m a» ovvre à son ami « que pénétre le regard de •r rÉtenel, mais qne l'État ne peat pas toucher sans « s*engager dans nne yoie dangereuse. * Il compare la prétention d*améiiorer le moral d^un condamné « au des- « potismc d'an État voisin , où les dépositaires de l'au' « torilé annoncent hautement quil leur appartient de « diriger l'opinion publique. " Cje langage d'un haut fonctionnaire et les autres exemples que nous avons cités, pourront Taire juger s'il est juste de reprocher i TAutriche un esprit étroit et retardataire en ce qui concerne la légisbtion criminelle et l'administration des prisons. Enfin, nous ferons remarquer que de tous les gouvememeus de rAllemagne, l'Autriche est un de ceux qui ont le plus contribué â diminuer l'influence funeste de la justice patrimoniale f en soumettant au contrôle de l'autorité supérieure les prisons qui en dépendent
En passant i la description de l'état actuel des prisons allemandes , nous rappelons à nos lecteurs que la plupart de ces élablissemens répondent i la fois i nos bagnes, i nos maisons de réclusion et i nos maisons de correction; cette remarque servira de justification à des mesures qui pourront souvent paraître rigoureuses. D'un autre côté, si on s'étonnait de ne pas rencontrer dans beaucoup de prisons allemandes un système d'instruction élémentaire combiné sur une base aussi large que dans les prisons de TAngleterre et des Étais-Unis , il faudrait également se souvenir que la législation allemande » beaucoup plus humaine i cet égard qne la nôtre, n'admet pas de criminalité ches les enians an-dessous de quatone ans , et quo dans la plupart des pays de l'Allemagne il est extrêmement rare de rencontrer des individus au-dessous de vingtdnq à trente ans qui n'aient pas re^u les bienfaits de riastmctins éléacmUire.
Nous envisagerons les prisons 3e FAllemagne sons le rapport des six conditions dont M. Jnlias fait dépendre la bonté d'une prison : sûreté , salubrité , surveillance , clas^ sification» travail, amélioration morale et religieuse.
Sûreté.
La sâreté d*une prison dépend principalement de sa construction. Sous ce rapport, l'Allemagne n'a pas plus profité que la France des principes quun demi -siècle d'expérience et de tentatives a naturalisés en Angleterre ' ; cependant il est permis de croire que le brillant accueil qu'ont éprouvé les Leçons de M. Julius ne sera pas infructueux, et que les gouvernemens de l'Allemagne bonoreront de leur sanction le plan rayonnant, dont la supériorité, sous tant de points de vue différens, a été démontrée dans son ouvrage d*une manière si .évidente.
La grande variété qui règne en Allemagne sous le rapport de la construction des prisons et de leur sûreté, nous empêche d'énoncer des faits généraux ; nous nous conten-terons de parler de quelques-unes d'entre elles , que nous choisirons parmi les principaux établissemens de chaque pays. Pour le nord de l'Allemagne ce seront les prisons de Naugard (Prusse ancienne), Luckau (w/.)» Schwcidnitz (/rf.)i Brauweiler (Prusse rhénane), Cologne (i/.), Aix-la-Chapelle (û/.)» Hambourg, Gliickstadt (duché de Schleswig-Holstein) et Preetz (lé/.). Le midi de l'Allemagne, sur lequel il n'a pas été publié un aussi grand nombre de documens, sera repré.^^enté par les prisons de Mannheim (grand-duché de Bade), Fribourg (û/.) et Kaiserslautem (Bavière rhénane).
I* Yo/es les 8.* et 9.* Leçons de M. le D.' Juliiu.
Jfitmgatd*, Les bitimens de la prison dé Naugâïd^ Taie de celles dont le gouvernement prussien semble s'oc-^ cnper avec le plus de soin, avaient suffi d'une manière sa* tisiaisante à tons les besoins de rétablissement jusqu en Tanmet 1 8a8. Le seul défaut qu on aurait eu â leur reprocher eût été la petitesse des salles , qui ne présentent souvent qB*nn espace de 3oo pieds cubes par personne. A cette époque, Iracendie de la prison voisine de Ragnit for^a le gouvernement de diriger sur Naugard une grande partie de la population de la prison incendiée. De cette manière Naugard, qui ne devait dans le principe contenir que a5o personnes, se trouva tout d*un coup obligée de trouver de la place pour 33o prisonniers. Cette accumulation inattendue força le directeur de loger en dehors de rétablissement une partie des sun'eillans et des employés , et la sàreté de la prison en aurait souffert sans la discipline sévère au moyen de laquelle on sut conjurer le danger. T4o«s empruntons ici les expressions du rapport officiel readn en 1 839 sur Tétat de la prison : elles serviront à faire connaître la manière dont on envisage en Prusse b question de la sûreté des prisons. ^ La discipline et
• la sévérité toutes militaires qui régnent à Naugard y m produisent les plus heureux résultats. Elles conviennent m toul-i-lait au caractère de ces hommes abrutis, parce « qu elles servent à réprimer leur penchant vers le dés-
• ordre. Cependant le directeur est loin de voir dans une
• discipline rigoureuse la seule garantie de la sûreté de
• rétablissement , et de confondre des marques extérieures m d*obéissance et de subordination avec le respect inté* « rieur et involontaire qu*il faut chercher i inspirer aux m prisonniers; respect qui leur sert de frein, même aux
^i.'Jouot, JmhrbtUktr, tta., iimison* d'Avril 1899 %% de Haï iSSo.
« fienx où rœil de leurs sapérieurs a cessé de les SBirre. te Les employés d'une prison ne doivent pas chercher à « gouverner par l'ascendant de leur individualité ou de «( leur autorité personnelle, mais au nom d'un pouvoir « plus élevé, qui est la justice et l'amour du prochain. La «( première est accidentelle et restreinte , et peut être n gênée par des imperfections extérieures; la seconde est V élevée au-dessus de tous les accidens, et reste toujours it la même. Le prisonnier se sent honoré par le principe « qui règne dans l'établissement, par la place qu'il lui <r assigne, par les soins qui lui sont consacrés, et qui n n'ont d'autre but que celui de l'ennoblir. Cette main qui K le relève et qui s'efforce de le diriger dans le sentier w du bien, il est forcé de la respecter, quel que soit
« l'individu auquel elle appartienne. Des principes
« qui proclament hautement leur respect pour la dignité « humaine , même dans la personne du criminel condam* c« né, sont le plus propres à lui inspirer du respect à leur
u tour Afin que nos intentions ne soient pas mécon*
« nues , nous croyons devoir ajouter que nous ne nous « dissimulons pas la vue du précipice dans lequel peut se «r jeter un fonctionnaire plein de bonnes intentions, de n justice et d'humanité , lorsqu'il ne se laisse pas guider « par la prudence et la prévoyance. Il s'expose joumel* H lement au danger de confondre avec un repentir réel « des signes de repentir hypocrites , et de faire régner •r rhumanité aux dépens de la mission qui lui est impo* t, sée. ** Les embarras passagers qu'a éprouvés la direc* tion de la prison de Maugard ont disparu aujourd'hui. *La construction d'un nouvel étage a permis de mieux placer les employés et de répartir les prisonniers d'une numièTe plus convenable. On a fait du nouvel emplacement im quartier spécialement destiné aux. jeunes criminels. 11 4b compose de 12 chambres (pouvant recevoir de i à 7 pri*
sottaiers chacone) , et de 3 salies de traTail asset grandes pour servir aux 5o détenus de cette classe.
Prison Je Luckau\ Cette prison était dans le principe nn cott\ent, auquel était annexée une église. De 1747 i 1 8 1 8 elle servit a la fois de maison de correction , d'hospice des aliénés, de maison de travail et des orphelins» et de séminaire pour les instituteurs. Ces différentes fondations furent successivement séparées les unes desautres, et depuis 1827 la prison de Luckau a reçu une organisa» tion régulière et a été placée sous la direction d*un comité d*administration, dont deux membres sont nommés par le Hoi , et les deux autres élus par les états. L'établissement se compose de quatre bitlmens, avec un grand jardin , nue plaine et des annexes pour la cuisine» etc.; il est situé dans Tenceinte de la >ille de Luckau. Le premier de cts bJtimens, appelé la viritle maison ^ a trois étages; il a 164 pieds de long, dont 58 appartiennent à une chapelle assex belle, qui est pourvue d une orgue. Ce bâtiment contient encore , outre les salles destinées i la lessive et à l'exercice du métier de cordonnier, tous les prisonniers du sexe masculin. Ceux de la première classe, qui est la plus dangereuse, sont couchés i deux ou trois dans des chambres fermées an verrou , et ceux de la seconde couchent ensemble dans une salle.
La ttom^etU maison a deux étages : elle a été constraite en 1768 et est située en face de l'ancienne; elle contient ne église, les bureaux de Tadministralion et la demeure de rinspecteur, ainsi que les appareils nécessaires an métier de tapissier, qui est Toccupation prinripale des condamnés ; de plus , elle est destinée aux
Le troisième bitiment a 69 pieds de long : il sert i 1 1 —
|. Jctivi, Jmkrhiithsrf cic. , Sepumbrt iStç
rinfirmerie et contient encore les bains et les atelieti des teinturiers.
Le quatrième, enfin, est destiné au logement dn médecin et des cinq maîtres des travaux.
Tous ces difierens bâtimens sont situés d*une manière favorable à la santé de leurs habitans : ils sont entourés de petits jardins et de deux places verdoyantes, qui sont destinées à la blanchisserie et an dessèchement de la lessive.
Une garde militaire est établie jour et nuit dans rétablissement et le surveille par ses sentinelles, et Ions les soirs, à neuf heures, le portier est tenu de ronettre les clefs à Tinspecteur. En hiver et pendant les nuits ohieures, la cour est éclairée par quatre lanternes.
i39 prisonniers sont logés à Luckau, dont 6 à perpétuité; 9 autres n'y sont détenus que pour Yagabon-» dage.
Prison de Sckweidnitz\ La maison de correction de Schweidnitz, fondée en Décembre i8oi, possède deux grands bâtimens, autrefois la propriété des jésuites, avec 23 chambres de travail, une infirmerie, des salles de nuit, des logemens pour une partie des employés, une grande salle pour les prières et un réfectoire. Le nombre des prisonniers pour lesquels l'emplacement est calculé est de 3oo. Les cellules sont placées pendant la nuit sons nne surveillance continuelle. On a conçu l'idée d'éprouver les prisonniers en les plaçant hors de l'établissement en service ou en apprentissage; le nombre des premiers était de 89a, et des seconds, de 1 63; 1001 d'entre eux étaient â la charge des personnes* pour lesquelles ik travail* laientDe ces io55 prisonniers, 461 s'évadèrent; on en reprit 3o9 ; 66 autres condamnés s'échappèrent de la pri-