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Pendant Tannée 18a 6 l'établissement reçnt 36garç9iis et 17 filles au-dessous de 16 ans, et 17 2 hommes et 83 femmes an-dessus de cet âge, en tout 3o8 personnes. 341 d^entre elles furent libérées, 47 moururent, et 4 échappèrent définitivement, tandis que 14 autres détenus évadés furent repris. Sur les 1 38 garçons et Sy filles qui se trouvaient dans la prison pendant les deux dernières années, il y avait 47 petits enfans qui étaient restés avec leurs parens, 33 orphelins sans ressource, 1 jeune homme sourdmuet et sans secours, 39 mendians, g vagabonds, 1 jeune débauché, a condamnés pour outrage public à la pudeur, 69 voleurs, a brigands de grand chemin et a incendiaires. Sur les 416 hommes et aai femmes détenues pendant le même temps, il y avait 9a vieillards décrépits et infirmes, 16 idiots, 9 sourds-muets, 309 .mendians et fainéans, 176 vagabonds, 49 individus enfermés pour ivrognerie et pour les désordres qui en résultent, 58 pour
dâiascbe, i povr charlaUnisme , 36 pour toI et 1 pour fanx en écriture privée.
Prison de Cologne. Ce bitiment, qui contient en tout 86 espaces fermés , un jardin de trois quarts d*arpent et plusieurs cours, est environné d'une muraille haute d'environ 3o pieds , et ne laisse rien i désirer sous le rapport de la sûreté ^ les évasions sont trèsrares. La garde des prisonniers est confiée à un détachement de 6 militaires , qui est renforcé pendant la nuit Le local ne permet pas que chaque prisonnier ait sa chambre â part
Prison dAix-khChapelle. Cet établissement, dont la destination est b même que celle des autres prisons de la IVusse rhénane, contient à la fois : 1.* les individus arrêtés sous la prévention de délits crimineb ou correctionnels; a.* ceux qui sont frappés de peines correctionnelles, quelle qneu soit la durée (parce que le manque de place empêche de les transporter i Trêves); 3.*l^ndividus frappés de peines de simple police (Aix-la-Chapelle n'a pas encore pour eux de prison particulière); 4.* les débiteurs et les auteurs de contraventions â la douane on â Toc* troi. L'espace est extrêmement resserré , et c'est i cette raison qu'il faut attribuer l'inobservation de la plupart des règles sur l'organisation intérieure des prisons ; on «'attend plus que l'autorisation du gouvernement pour construire une nouvelle aile de bâtiment, qui est devenue indispensablement nécessaire. Voici l'état de la population de la prison d'Aix-la-Chapelle pendant l'année x8a8.
Hoiame». FeoBiM. Tbtil.
PrÀens aa 4." Janvier ao3 59 ^6%
Reçus pendant Tannée i43o 379 1809
Détenus en général i633 4^^ 2071
Sortis régulièrement, i353 3S7 17 lo
Graciés 11 i3 a4
Évadés (parmi ceux qui travaillent au dehors) 7^7
Morts 3 s 3
Présens au 3i Décembre a59 6ft Say
Prisons de Hambourg*. Hambourg a cinq prisons 9 dont trois, appelées die PJerdemarktswache, die Gross^ neumarkiswache , die Gânsemarktswache , servent de maisons d'arrêt» et les deux autres, die Roggenkiste, das Spinnhausy sont réservées aux criminels proprement dits. Pendant le temps de la domination firauçaise, ces cinq prisons reçurent respectivement les noms suivans, qui indiquent assez leur destination : maison de justice, maison de police municipale, prison du Glinsemarlct, dép6t de mendicité et maison de réclusion. Le pins remarquable de ces établissemens étant le Spinnhaus (maison a filer), e*est celui-lii que nous nous attacherons plus particulière* ment à décrire; puis nous ajouterons quelques mots. sur la nouvelle prison {Detentionsgefângmss)^ qui vient de s'élever dans la même ville.
La prison appelée Spinnhaus occupe, avec les cours qu'elle renferme, un espace de 179370 pieds carrés ; Féglise en prend à elle seule 3975. Elle a été construite en 1666 ; elle était alors destinée à servir d'asile anx fiUes de joie et aux voleurs qu'on désespérait de rendre â une
1 . Doê hamburgische Criminalge/uagniss , gênamU das Spinn« baus, und die iibrigen Gefangnisse der Stadt Hamburg, von MAaTEirs, verwtdtendem Vorsteher êàmmtUcher Gefangnisse} ffamburg, iSaS. Puis Julivs, Jahrbacher, Janvier, Février t\ Mars i83q.
?îe ré^Iière, et qii*oii ne voulait pas faire rtilaer snr les pays circonvoisiiu : ils y étaient occupés i filer. Plus tard on y renferma en général tous les indifidus condamnés pour crime. Depuis la chute de la domination française, le défaut d'espace a obligé d'en faire à la fois une maison de correction et de trayait; mais cet état de choses ne parait pas destiné à durer long-temps.
Les hitimens occupent un emplacement de 1 4,o5o pieds carrés. En entrant dans l'établissement » on rencontre i gauche le logement du portier, et i droite celui de l'économe. On passe par la cuisine de ce dernier pour arriver à une cave qui contient les pommes de terre et autres denrées qu'il faut conserver dans des lieux frais et humides. Quelques degrés plus haut se trouve la chambre destinée à renfermer le pain. On rencontre encore à droite un grand bassin de cuivre , on Teau arrive par le moyen de la madune hydraulique placée dans la ville. Des tuyaux con* duiscnt cette eau dans la cuisine , aux lieux où les domestiques et ouvriers sont occupés à laver les ustensiles , vases , etc.» et dans les deux coun, pour l'usage des prisonniers et des employés. On vient ensuite i la cuisine, o& se préparent tous les mets qu'on consomme, tant dans le Sptmnhaus que dans les différentes maisoq^ d'arrêt. On y trouve trois chaudières de enivre, dont chacune peut contenir environ 3oo portions. An -dessus de la cuisine »9 trouve le bois.
An premier étage se trouvent des chambres destinées à différentes parties de l'administration, et de grandes amoires qui contiennent le linge et les vètemens des prisonniers. Un petit escalier mène à la première salle de travail des détenus, où Ton prépare le fil, qui est ensuite porté dans la salle à càté, où une machine à doubler, pourvue de 36 bobines, achève d'en faire du fil i tricoter. Aux portes de cette salle , comme à celles de toutes les
antres, se toomrent de petits verres d'obserratioiL De la salle à dovbler, qui sert en même temps de dortoir anx détenus qui j travaillent, on arrive à la première saUe à filer, qui a aussi cette double destination. Derrière elles se trouvent deux cellules obscures, dont on se sert pour infliger des peines disciplinaires. Un escalier mène à la première cour ; on remarque à gauche, en le descendant» le grand coin à filer (Spinnwinkel), qui contient sept cellules destinées aux plus grands criminels. Gnquanle autres cellules de ce geure sont disséminées dans le reste de la maison. Â gauche de la cour dont nous avons parlée se trouve Feutrée de Féglise. Le bâtiment du milieu est réservé aux femmes et aux maîtres-ouvriers. Derrière se trouve une seconde cour, où l'on place aussi le bois de Brésil après qu'il a été préparé par la ripe des prisonniers. Toutes les fenêtres sont garnies de barreaux de fer« et disposées de manière à rendre impossible tonte communication entre les prisonniers des deux salles différentes.
La nouveile maison de détention qu'on vient de bitir à Hambourg est destinée à renfermer les individus impliqués dans des poursuites criminelles , et ceux qui sont condamnés pour de légères infractions. Elle consiste en un bâtiment principal , auquel viennent aboutir à angle droit deux bâtimens latéraux qui forment avec le premier la cour de l'établissement L'étage souterrain, le res-de-chaussée et le premier étage, sont voûtés; les escaliers sont de pierre. Par tous les étages sont répandus des corridors clairs et bien aérés. L'étage souterrain ne laisse voir an* cnne trace d'humidité. Il contient, outre la cuisine et les chambres d'approvisionnement, sept à huit cellules pour des prisonniers isolés; on s'en servira comme de prisons criminelles pour des individus qui auront peu de temps à rester dans la maison. D'autres cellules destinées au même but sont placées dans le troisième étage ; eUes ne reçoi-
renl de lomière que par le haut La hautenr des cbambres varie de ni i a pieds. Les fenêtres sont très-hau^ tes, et sans les grilles qni las recouvrent» elles feraient oublier la destination de la maison. Le premier et le deuxième étage sont entièrement réserv'ës aux prisonniers. Les chambres reçoivent peu de lumière» parce que les fenêtres sont excessivement étroites. On n a pas songé i graduer le degré de lumière et de commodité des chambres d'après la criminalité plus ou moins grande de leurs habitans : elles se ressemblent toutes.
Un jurisconsulte de Hambourg cherche à justifier, dans* le Recueil périodique de M. Julius', la manière dont est construite cette nouvelle prison : l'inspection » dit-il » et en général les nouveaux progrès qu*a faits en Angleterre la science de la construction des prisons, ne sont pas ap* plicables i une maison de détention où l'isolement et la solitude des détenus sont deux conditions essentielles pour ne pas gêner Tinstruction du procès, et où un traitement uniforme pour les différentes classes de détenus a peu ë'inconvéniens, parce qne ceux qui sont arrêtés pour des délits plus légers ne tardent pas i quitter la maison de dé^ lention pour un autre séjour. Cette dernière observation parait peu convaincante; car combien de fois narrîve-tHl pas que des poursuites sont intentées contre un homme accusé d'un délit très- grave, tandis qu'une longue instmc» lion fait souvent reconnaître Texistence d'un autre délit beaucoup plus léger, comme par exemple lorsqu'une accusation de meurtre se change en une simple prévention d*homicide par imprudence. Im antre motif du jurisconsulte hambourgeois est aussi diiidle a comprendre. : il prétend que des différences dans le traitement des détenus porteraient préjudice à la sûreté de rétablissement.
B. JaQTîtr et Février i85o, pag. 184 *-* IIP*
Nom nom sommes arrêté à la nouvelle prison de Hambonrg, parce qu'ayant été construite tout récemment dans une yilie qu'on peut regarder comme une des plm éclairées de l'Allemagne, elle donne une idée de Tétat auquel se trouve' encore dam ce pays la science de la construction des prisons.
Prison de GluckstadV. Cet établissement, le meilleur de tom ceux qui se trouvent dans les possessiom ailen^ndes du roi de Danemark, a été organisé en 1819, pour remplacer la maison de correction qui existait au- ^paravant â Meumttmter. C'est un bâtiment à un étage, sans cave; ses deux ailes aboutissent à deux rues différentes. Au rez-de-chaussée se trouvent d'un côté les logenem des employés, la cuisine, la boulangerie, la salle d'approvisionnement et le réfectoire; de l'autre cdté quatre salles. de travail, dont deux donnent sur la rue et deux sur la cour, qui est séparée d'elles par un corridor et une chambre on se distribuent les tâches d'ouvrage. L'étage supérieur contient les chambres de l'infirmerie, situées â droite et à gauche d'un long corridor; des chambres de travail donnant sur la cour et des salles d'approvisionnement ; auHiessm du réfectoire se trouve l'église , et au« dessm des salles de travail du premier étage, les cellules de nuit, séparées entre elles par un escalier et une chambre où travaillent les cordonniers.
La cour, qui forme un carré, est terminée sur le troisième càté par un bâtiment â un étage , destiné à différens travaux; sur le quatrième cité se trouve un bâtiment isolé, contenant les pompes à feu et d'autres appareils.
Cette prison est exdmivement réservée aux hommes;
1. SlaaUbûrgerliehes Magaun, mit beionderer R&cluicht auf die Hertogthûmer SehUswig , HolsUin und Lauenburg ; 5 vol. Schleswig, i8a3,pag. S7i(
kl fouMS sottt dtttt m antre bitnieiit â un Aige, n miBen d'noe phcc qui tonche i la prison principale* An rcs-de-chanssée de ce bitiment se trouvent les salles de travail ; i Tétage supérieur, les cellules de nuit et les diambres de Finfinnerie. On y trouve aussi une place libre pour servir de promenade aux prisonniers.
Quant aui soins relatib i la sûrelé de rétablissement, une circulaire de 1799 '» encore ^^ vigueur aujourd'hui, a cherché â modifier an profit de rhumanité les précautions croelles qu'on parait avoir employées auparavant dans les prisons du pajs : elle supprime les blocs qu'on assujettissait an corps des détenus et ne permet l'emploi des chaînes et des clochettes qne dans des cas extraor* dinaires. «En prescrivant, dit- elle, aux architectes dn « pays les conditions auxquelles est généralement atta* « diée l'organisation d*une bonne prison, ces établissem mens fourniront déjà d'eux-mêmes une garantie snlisante « contre les évasions, et le portier pourra observer dès leur m origine toutes les tentatives qne feront les prisonniers « pour s'échapper. *
Ces dispositions humaines sont aujourd'hui exécutées en grande partie : la prison de Glîlokstadt est disposée de manière â permettre aux surveillans d'observer les condamnés sans en être aperçus. Les chaînes sont supprimées presque totalement; en 183S, dix criminels seulement j étaient assujettis. Par une disposition humaine et louable, on a réservé aux condamnés i perpétuité des chambres d'oà la vue peut s'étendre an loin dans la campagne. Ainsi, sans nniro aux exigences du droit pénal » on allège le sort de ces malheureux , qui n'ont pour la
1. MmmJhuck dst SekiêBwig - MoUuiHÙchên CrimimMit9çhu wU Proê^êêê»9 von C V. ScaiftAca» mit Jlttmêrkmm§m vm FâLft. AltoM, 1S19, ton. 11» p«(« t74<
plupart pas de grâce à espérer , parce que leur peine est ordinairement déjà elle-même une grâce accordée en place de la peine de mort.'
Malgré ses imperfections» la prison de Gllickstadt est devenue aujourd'hui le modèle de celles qu on construit dans le pays, et Tauteur d*où nous puisons nos renseigne» mens annonçait' en 1823, qu'il était question de construire à Stade un établissement entièrement semblable. Mous terminerons notre revue des prisons du nord de rAllemagne, en donnant la description de l'une des plus hideuses d'entre elles; elle se trouve également dans le duché de Schleswig-Holstein. -
Prison de Preetz, Cette prison semble être restée debout pour servir d'élément de comparaison entre l'ancieii * système et le nouveaa Les parties dont elle se compose sont toutes souterraines^; elles ne reçoivent l'air et la lumière que par une ouverture grillée^; l'air qu'on y respire est entièrement corrompu. Le geôlier lui-même n'en parle qu'avec horreur. Malheureusement beaucoup de prisons du duché de Schleswig-Holstein sont encore dans un état tout aussi misérable. Les évasions sont très-fréquentes.
Mous passons au midi de l'Allemagne.
1. CriminalistUehe BeitrUge, von Hudtwalc&sr «. TtoiiiiK»» II.* volujne. Hamboarg, 1839 9 P^g- 9^*