DES MILIEI'X CHEZ LES ÊTRES VIVANTS
10 mars 186ii.
SOMMAIRE. — Théorie cellulaire. — Classification des tissus suivant Leydig. — Eléments du corps humain : corps simples ; combinaisons inorganiques ; combinaisons organiques azotées et non azotées. — Des milieux qui entourent les êtres vivants : — Air. — Eau. — Aliments. — Température. — Electricité ; lumière. Distinction de deux ordres de milieux : 4° les milieux cosmiques ou extérieurs; 2° les milieux organiques ou intérieurs. — Le sang est le milieu intérieur. — Conclusion.
La première condition de la vie est une organisation ou un organisme, et nous avons vu, dans la dernière leçon , comment la science était arrivée successivement à analyser ou à décomposer les corps vivants complexes pour les ramener à leurs éléments organiques.
CLASSIFICATION DES TISSUS D'ArP.ÈS LEYDIG. 27
La théorie dite cellulaire exprime ce résultat général, à savoir, que tous les êtres vivants et tous les tissus ou parties qui les composent dérivent primitivement et morphologiquement de cellules qui, par des modifications ou métamorphoses, donnent successivement naissance à tous les éléments organiques définis. Ces éléments, en se groupant ensemble, donnent eux-mêmes naissance aux tissus et aux organes.
Les classifications de ces divers éléments ont beaucoup varié, et chaque histologiste a, pour ainsi dire, donné la sienne. Suivant les époques, le nombre des tissus primitifs a été restreint ou exagéré outre mesure, et nous ne pouvons entrer ici dans le détail de toutes ces théories. Cependant, pour donner une idée de ces classifications, nous en reproduirons une qui nous paraît des plus simples, celle de Leyd ig.
Suivant cet auteur, le développement cellulaire donne naissance à quatre éléments, qui sont, dans l'ordre de leur élévation organique :
1" Vêlement nerveux;
2° Vêlement musculaire ;
3" Vêlement conjonctif;
li" Vêlement resté à l'état de cellule.
L'élément nerveux comprend les tissus nerveux, qui sont composés de cellules ou globules gangliu:-
i2S L'iRRITAniLITii.
iiaires et de fibres (fig. 8, 9 et 10) ; il forme la partie essentielle des organes de la sensibilité, ou le système nerveux en général, et sert de substratum aux actes de la volonté, de l'intelligence et des instincts.
Fig, 8. — Cellule ganglionnaire m;iItipolaire (d'après Leydig), (Fort grossissement).
Fig. 9. — Fibres nerveuses (d'après Leydig).
A. Fibres à bords foncés. — a. Fibres larg:es. — b. Fibres fines tlcvenues variqueuses. — B. Fibres à bords pâles (fibres de Remak). — C. Degrés intermédiaires entre ces deux genres de fibres. (Fort grossissement.)
l'LllMEM NERVEUX.
Fig. 10. — Cellules et fibres nerveuses réunies (d'après Leytlig).
A. Deux cellules ganglionnaires multipolaires du hcus ccruleus de l'homme avec une commissure en a. — B. Globule ganglionnaire du cervelet du Requin à marteau. — a. L'une de ses ramifications p;ilcs : elle s'épaissit et s'enveloppe d'une gaine graisseuse, 6. — C. Fibrille nerveuse du ganglion trijumeau du Seymnus lichia après avoir été traitée par l'acide chromique. — a. Cjlindre-axe qui se perd directement dans la substance granuleuse du globule ganglionnaire. — En b, elle n'est plus entourée que par la ga:ne nerveuse homogène. — c. Noyaux de la gaine nerveuse.
30 L'iRRITABILlTÉ.
L'élément musculaire forme la partie essentielle des muscles, des tissus du système musculaire ; il est caractérisé par la propriété de se contracter sous l'influence d'une excitation extérieure (fig. il et 12;.
Fig. H . — Cellules et fibres musculaires simples et ramifiées (d'après Leydig) .
.1. Ce qu'on appelle une fibre lisse avec contenu uniforme. — B. Cellule lisse qui présente dans sa conapositlon une substance médullaire et une substance corticale. — C. Une autre fibre dont le contenu est devenu une masse striée transversalement. — D. Fibre plate qui s'est développée en long. — E. G. 4Uilo musculaire ramifiée d'un
' mollusque [Carinaria). — F. Muscles striés ramifiés d'un Arthropode {Branchipus). (Fort grossissement.)