‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivants (volume 2)Chapitre 30 sur 159 · PROPRIÉTÉS INVARIABLES DES ÉLÉMENTS · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS INVARIABLES DES ÉLÉMENTS

doute, il est seul atteint, quand on opère comme nous venons de le dire ; mais cela tient uniquement à la rapidité de la mort de l'animal, qui ne peut survivre à l'arrêt du cœur ; si la vie s'était prolongée plus longtemps, les autres muscles auraient été successivement atteints à leur tour.

Ce n'est pas là une explication qui rende un compte plus ou moins plausible des faits observés, c'est une proposition qu'on peut établir d'une manière nette en opérant sur des animaux inférieurs, par exemple une grenouille qui peut encore vivre pendant plusieurs heures après l'arrêt des contractions du cœur. Qu'on lui administre un poison musculaire, et l'on verra le cœur atteint assez vite de paralysie et môme de rigidité ; mais l'animal ne mourra pas sur-lechamp comme le ferait un mammifère ; plus tard seulement, les autres muscles seront attaqués, et quand l'animal succombera, ils auront tous perdu leur irritabilité, c'est-à-dire leurs propriétés contractiles.

Ainsi, dans un animal, tous les éléments d'un môme système, comme le système musculaire, ont la même propriété contractile; mais ils sont plus ou moins irritables, et, quand on emploie l'irritant à petites doses, certains muscles peuvent se trouver atteints et les autres ne l'être pas. Ce que nous disons des muscles, nous pouvons le dire également des autres tissus, par exemple du tissu glandulaire. I/iode s'échappe plus ou moins facilement par toutes

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les glandes; cependant, quand on l'introiîuit en petite quantité dans l'organisme, on ne le retrouve que dans les sécrétions des glandes salivaires, qui sont plus sensibles que les autres à l'irritation produite par l'action de cette substance. En résumé, il ne faut voir, dans les actions spéciales sur certains organes, qu'une question de dose et de rapidité d'action sur certains éléments histologiques plus excitables que d'autres. Mais ce ne sont là que des différences de degré dans l'aclion de l'excitant, el non des différences dans sa nature même.

CINQUIÈME LEÇOX

CLASlSIFIC/tTIO\ DES PHÉ\OMii:VES DE L.% VIE,

9 avril 186i.

SOMMAIRE. — Trois ordres de classificalions des |iliénomènes dn la vie. — 1" Des classifications zoologiqiies. — Parties similaires et cUssimilaires : la perfection organique d'un être est proportionnelle à la différentialion plus ou moins grande de ses parties. — Les fondions vitales sont mieux isolées chez les animaux supérieurs : ils sont donc plus simples au point de vue delà physiologie générale. — 2° Des classifications qui prennent l'homme pour point de départ. — Galien. — Haller. — Bichat ; exposé et discussion de sa classification. — Les fonctions de la vie animale et les fonctions de la vie organique. — Celte classification est commode pour la physiologie spéciale des animaux supérieurs. — Elle est inadmissible en physiologie générale. — Giiniher. — Guvier et Dugès. — 3° Des classifications propres à la physiologie générale. — Classification de Leydig : tissus nerveux, musculaire, glandulaire et conjonctif. — Distinction de trois ordres de phénomènes dans les êtres vivants : phéno-

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