‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivants (volume 2)Chapitre 31 sur 159 · CI-, BERNARD · texte numérisé non relu

CI-, BERNARD

98 L irriïabilué.

mènes physiques, phénomènes chimiques, phénomènes vitaux. — Les phénomènes vitaux ne soni pas réducliiJes aux phénomènes physico-chiin'ques. — Dige;tion. — Formation du sucre dans le l'oie. Les phénomènes physico-chiaiiques sprvent de conditions aux phénomènes vitaux.

Nous avons étudié dans les dernières séances une propriété générale qui dislingue la matière vivante de la matière brute : c'est XirriiabUité, c'est-à-dire la propriété de réagir sous l'influence des excitants extérieurs. Mais il est bien évident que si l'irritabilité est la propriété générale de la matière vivante, chaque partie vivante réagit d'une manière qui lui est propre, et produit des phénomènes particuliers qui engendrent l'infinie variété des manifestations vitales. Toutes ces parties organiques se distinguent donc par leurs réactions physiologiques, et il faut par suite déterminer la réaction physiologique propre à chacune d'elles.

Nous allons essayer aujourd'hui de classer les phénomènes de la vie, en n'oubliant pas que cette classification doit porter seulement sur les fonctions propres de l'économie vivante, et non sur les êtres animés qui accomplissent ces fonctions. 11 y a longtemps qu'on a tenté des classifications de ce genre, et toutes peuvent se ramener à trois grandes classes :

1" Des classifications zoologiques, ou plutôt les classifications physiologiques qu'elles entraînent ;

DES CLASSIFICATIONS ZOULOGIQLES. 99

•2" Des classifications qui prennent surtout l'homnie pour point de départ;

o" Des classifications propres à la physiologie géniv raie.

Dans les classifications de la première espèce, ou cherche toujours à concevoir un certain ordre morphologique que réahsent les êtres vivants, et dans lequel ils se rangent suivant les formes variées et la complexité croissante de leurs organes. Elles ne prennent donc pas pour point de départ la nature même des fonctions vitales, mais la complication des organes et des appareils. On peut distinguer alors des parties similaires et des parties dissimilaires, distinction ([ui est complètement indépendante du nombre des organes. Ainsi, un arbre a beaucoup de feuilles, mais il n'en est pas plus parfait pour cela; car toutes ces feuilles, si nombreuses qu'elles soient, c'est toujours le même organe. Or, ce qu'il faut considérer, ce n'est pas la multiplicité d'un organe se répétant un nombre indéfini de fois, mais la diversité des organes qu'on rencontre chez un individu. Dans la constitution des animaux élevés, il entre presque toujours un grand nombre d'organes différents; le peu de difîérentiatiou des parties constitutives est au contraire un signe d'infériorité. L'animal inférieur qui n'est formé que de cellules, est un être très-imparfait, car il n"a qu'un genre d'organe, la cellule ; mais cet organe se répète indé-

finiment; un vpiiébré, an contraire, aura des cellules et des fibres très-diverses dans leurs formes et leurs propriétés.

Ces classifications fondées sur la zoologie se retrouvent dans tous les traités d'histoire naturelle; nous n'aurons donc pas à nous en occuper ici , et nous nous bornerons à faire une seule remarque : c'est que ces classifications ne répondent pas aux besoins de la physiologie générale, car elles ne correspondent qu'à la complexité plus ou moins grande, suivant les cas, des organismes vivants.

Nous avons déjà dit que lorsqu'on voulait étudier une fonction vitale quelconque, il ne fallait pas, pouila trouver plus simple, la prendre dans un animal inférieur, mais bien dans un animal élevé , oi^i elle est plus isolée, par suite plus facile à saisir, et où elle se prête mieux à l'expérimentation. Il ne faudrait pas croire, en effet, que l'animal inférieur est plus simple ou que ses fonctions sont moins compliquées ou moins nombreuses; et qu'on pourrait les prendre pour ainsi dire à leur naissance, pour suivre ensuite leur développement dans les animaux supérieurs, ((ui auraient ainsi des propriétés nouvelles se suiajoutant aux premières. L'animal inférieur possède toutes les propriétés essentielles qu'on retrouve aux degrés les plus élevés de l'échelle des êtres ; mais il les possède à létat confus, et pour ainsi dire répandues dans toutes les parties du corps. Ainsi l'infusoire, qui

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