CL. BERNARD
M 4 l'irritabilité.
lia jaiiuiis été lente d'attribuer à l'aclion propre de la vie : telle est la formation du phosphate de chaux, du carbonate de chaux, et des précipités divers. 11 est bien clair que tout cela se produit là absolument comme dans la nature brute. Mais il y a aussi, à côté de ces exemples, une foule de phénomènes chimiques qui n'appartiennent qu'aux êtres vivants, en ce sens qu'ils ne se manilostent qu'entre des matières préparées par l'organisme. Toutes les fermentations sont dans ce cas, et il faut en distinguer plusieurs espèces. Certaines actions de ce genre produites dans l'organisme furent d'abord considérées comme essonliellemcnt vitales; plus tard on leur donna le nom de phénomènes chimiques quand on peut les transporter hors de l'organisme, et c'est ce qui a fait croire que tous les phénomènes considérés comme vitaux se ramèneraient de même à des phénomènes chimiques.
Nous croyons devoir nous expliquer à ce sujet.
Prenons, par exemple, la digestion, qui fut longtemps considérée comme un phénomène exclusivement vital. Les expériences de Réaumur et de Spallanzani, confirmées par les recherches modernes, montrèrent qu'on pouvait produire la digestion dans un verra. Dès lors la digestion gastrique devient un phénomène chimique du à l'action de la pepsine et de racidc lactique contenus dans le suc gastrique, phénomène ([ue ces corps peuvent produire partout, quand on les met d.uis des conditions convenables