CL. BERNARD
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la température en diminue l'intensité et la rapidité; son élévation produit l'effet contraire, mais tant qu'on reste dans certaines limites. Ainsi, l'œsophage d'une grenouille ne présente aucun mouvement vibratile à 0 degré; lorsqu'on élevé progressivement la température, ces mouvements croissent parallèlement. Le temps moyen d'une révolution de l'aiguille de l'appareil de M. Calliburcès est de 2*2' 3" quand la membrane vibratile est à la température ambiante (de 12 à 19 degrés), et de o' 7" seulement lorsque cette température s'élève vers 28 degrés. Cette intensité va en augmentant jusqu'à 50 ou 60 degrés, point à partir duquel le mouvement commence à diminuer , pour cesser complètement à 80 degrés, et ne plus reparaître désormais : car c'est un caractère des phénomènes vitaux de pouvoir renaître par une élévation de température, quand on les a arrêtés au moyen du froid, et de ne le pouvoir plus quand c'est la chaleur qui les a détruits : la matière organique est alors altérée sans remède, peut-être par la coagulation de certains éléments.
Le sec et l'humide exercent aussi une certaine inlluence sur ces mouvements, qui sont, à vrai dire, des mouvements aquatiques. Les animaux qui en possèdent à l'extérieur, — comme les têtards de grenouille et les mollusques, — vivent dans l'eau, et les membranes muqueuses ou séreuses qui les présentent chez les animaux supérieurs sont toujours baignées de
CONDITIONS DES MOUVEMENTS CILIAIRES. 'l/l7
liquides. Quand on dessèche un peu ces membranes, on voit bientôt diminuer progressivement l'intensité de ces mouvements, qui ne tarderaient pas à s'arrêter tout à fait si l'on continuait la dessiccation. Les phénomènes de reviviscence découverts par Spallanzani ontété observés d'abord sur les rotifères, qui sont animés de mouvements vibratiles : ces animaux, convenablement desséchés, perdent toute espèce de mouvement, et après être restés dans cet état pendant plusieurs années, ils peuvent recommencer à se mouvoir si on leur rend un peu d'eau. Mais nous ne croyons pas que des phénomènes du même genre puissent se produire chez les animaux supérieurs, ni même chez la grenouille. Ainsi on ne pourrait plus faire renaître les mouvements vibratiles dans un œsophage de grenouille convenablement desséché.
Les gaz n'exercent aucune influence sur les cils vibratiles, comme il est facile de s'en convaincre en plaçant successivement un œsophage de grenouille dans le \ide, dans l'acide carbonique, dans l'oxygèiie, dans l'azote et dans les autres gaz : les mouvements ciliaires y continuent toujours absolument comme dans l'air.
Au contraire, les liquides ont une action très-marquée. Les acides arrêtent immédiatement tout mouvement ciliaire : et nous ne parlons pas ici d'acides forts, comme l'acide sulfurique ou l'aeide azotique, qui pourraient agir chimiquement sur la matière des cils vibratiles ; les acides les plus faibles suffisent
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parfaitement pour amener ce résultat, par exemple l'acide acétique très-dilué. Les corps neutres sont plus favorables aux mouvements vibratiles ; mais ce qui en augmente tout particulièrement l'intensité, ce sont les alcalis, surtout l'ammoniaque et la soude, comme l'ont montré les expériences de Virchow. On peut môme, avec ces bases puissantes, ranimer les mouvements ciliaires dans les corps où ils s'étaient arictés sous l'intluence des acides, par exenq)le, dans les liquides contenant des zoospermes. C'est pour cela qu'on rencontre bien souvent des mouvements vibi'atilcs dans des cadavres déjà en putréfaction, parce ({u'ils pi'ésentent le milieu fortement alcalin propre à entretenir ces mouvements. Mais, par contre, nous verrons ces mouvements s'éteindre fort vite (piand le milieu présentera une réaction acide.
Les mouvements ciliaires sont beaucoup plus durables chez les invertébrés que chez les vertébrés, et parmi ces derniers, ils ont plus de vigueur chez les animaux à sang froid que chez animaux à sang chaud. Il faut donc prendre des animaux à sang froid quand on veut faire des expériences sur ce mode de mouvement. C'est d'ailleurs un des phénomènes vitaux les plus tenaces et qui persistent le plus longtemps après la mort. On a fait à ce sujet des observations sur l'homme lui-même. Mais pour qu'elles donnent un résultat satisfaisant, il faut prendre des personnes mortes brusquement par suite d'un accident, car chez les sujets qui ont succombé k une longue maladie,