CAUSES DES MOUVEMENTS CILIÂTRES
les mouvements vibratiles sont déjà considérablement affaiblis ou même tout à fait éteints au moment de la mort. M. Gosselin, en examinant des cadavres d'individus décapités, a constaté la persistance des mouvements vibratiles dans la muqueuse du nez, vingtquatre et même trente-six heures après la mort, tandis que les muscles et les nerfs conservent à peine leurs propriétés vitales pendant une heure.
Nous avons déjà signalé l'immunité complète des cils vibratiles en ce qui concerne les matières toxiques. Jl y a des poisons qui atteignent la cellule ou la fibre nerveuse, d'autres les globules du sang, d'autres encore la fdire musculaire, etc. ; mais jusqu'ici on n'en connaît pas qui agissent sur les cils vibratiles. Ou pourrait croire que cela tient à l'absence de communication entre ces organes et les systèmes circulatoire et nerveux ; mais cette explication ne peut suffire, car Millier a déposé le poison sur la meml>raiie vibratile elle-même, sans obtenir plus de résultat. Nous avons dit également que les anesthési([ues arrêtaient les mouvements ciliaires; mais c'est une simple suspension qui n'altère aucunement l'organe, car ces mouvements recommencent aussitôt que l'influence anesthésique a disparu.
Nous avons déterminé les conditions générales du mouvement vibratile, cherchons maintenant à quelles causes il faut le rappoi'ter.
150 l'élément contractile.
Ehrenberg, qui s'est beaucoup occupé de ces mouvements, surtout chez les iufusoires, croyait d'abord qu'on pouvait les attribuer à l'action de muscles particuliers. En effet, on voit ordinairement à la base de chaque cil un petit renflement où Ehrenberg supposait l'exislence d'un petit muscle. Cette théorie s'appliquait bien à certains faits. Ainsi, chez les rotateurs, il y a à la fois des mouvements vibratiles et des mouvements musculaires qui sont unis entre eux par une intime connexion, car, en empoisonnant l'animal, on fîiit cesser tout mouvement. Mais les observations d'Ehrenberyjontété longuement discutées par Millier, et personne n'a pu arriver à une parfaite conviction sur ce point. Il est impossible d'apercevoir au microscope les muscles supposés par Ehrenberg; aussi se borne-t-on généralement à dire que les mouvements cihaires sont inconnus dans leurs causes et qu'on ne sait à quel tissu les rapporter, bien qu'il soit très-certain qu'ils sont dus à la substance que contiennent les cils vibratiles, quelles que soient d'ailleurs la forme et la nature de cette substance.
Les mouvements vibratiles se distinguent des mouvements musculaires par deux points principaux, leur constance et leur indépendance complète vis-cà-vis du système nerveux. Mais ils présentent aussi avec eux des analogies nombreuses. Ainsi les mouvements musculaires se ralentissent sous l'influence du froid et s'exagèrent par Faction de la chaleur, dans le cœur