CONTRACTION INDUITE
1 état électrique de ce muscle, résultat qu'on obtient aussi bien en détruisant le courant dans le muscle ([u'en y faisant naître un courant contraire au courant primitif. On pourrait aussi invoquer en faveur de cette théorie une expérience que nous ferons plus tard, en parlant de l'électricité des nerfs. Elle montre qu'en disposant un nerf au-dessus d'une surface mercurielle, de manière à lui faire faire une petite anse fermée par le mercure, qui offre ainsi à l'électricité nerveuse un trajet meilleur conducteur que celle-ci s'empresse de prendre, cette seule suppression ou môme cette diminution du courant électrique nerveux dans la partie qui forme l'anse suffit pour amener immédiatement, au moment oii elle se produit, une contraction du muscle influencé par le nerf sur lequel on opère.
Du reste, la contraction induite de M. Matteucci est parfaitement certaine comme fait, et vous pouvez voir ici que les contractions d'un cœur de grenouille provoquent immédiatement des contractions dans une patte; parce que son nerf est en contact avec le cœur en contraction.
Cet état électrique que nous venons de décrire paraît nécessaire à l'action musculaire. M. du Bois- Reymond a observé qu'au moment où le muscle entre en rigidité cadavérique, le courant se renverse, c'est-à-dire que la surface est alors électrisée négativement et T intérieur positivement. Enfin, tout
210 l'ÉLÉMKNT CONTRACTILL.
courant électrique disparaît quand le muscle entre eu décomposition. On n'a pas encore expliqué ce fait du renversement du courant au moment de la rigidité cadavérique ; mais il tient peut-être à une cause chimique, car la coupe du muscle, ordinairement alcaline à l'état normal, devieut généralement acide au moment de la rigidité cadavérique.
Jusqu'à quel point Télectricilé nmsculaire, telle que nous venons d'en indiquer les effets, est-elle liée au phénomène de la contraction? C'est ce qui nous resterait à indiquer maintenant. Ces deux faits sontils intimement et nécessairement unis ensemble? Oui et non. — Quand un muscle est capable de se contracter, il possède certainement son courant électrique : et à ce point de vue la liaison paraît être essentielle. Mais, inversement, un muscle peut trèsbien posséder encore son courant électrique normal et cependant n'avoir plus ses propriétés contractiles, car les actions chimiques et électri(pies subsistent souvent longtemps encore après que les phénomènes physiologiques ne s'accomplissent plus dans un muscle empoisonné.
Mais quelle est la nature de ces rapports incontestables entre les phénomènes électriques du muscle et la contraction qui est sa fonction principale? Faut-il y voir un rapport de cause à effet ou une simple coïncidence? A notre avis, il n'y a là qu'une simple coïncidence, et rien autre chose; car les poisons spéciaux des muscles, l'upas anliar. la digita-
RAPPORT I)K l'état ÉLECTR. ANEC LA CONTRACTION. 21 l
liiie , etc. , détruisent rapitleiueiit dans le niusclo toute propriété contractile, tandis qu'ils n'ont pas d'influence sur leurs courants électriques. Il parait donc y avoir lii deux ordres de laits procédant de causes distinctes, et (pii ont chacun leurs conditions propres d'existences puisque les influences qui détruisent les uns n'altèrent point toujours les autres. Mais l'activité des phénomènes électriques du nuiscle est intimement unie à l'activité plus ou moins grande des autres phénomènes physico-chiniiipies qui s'y passent, et notamment aux phénomènes de respiration nmsculaire, ([ui sont considérés comme la principale source de la chaleur animale ; ce sera le sujet de la prochaine leçon.