‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivants (volume 2)Chapitre 90 sur 159 · DIX-SEPTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DIX-SEPTIÈME LEÇON

IRRITATIOIV ÉLECTRIQUE DES IVERFS.

ÉLECTRICITÉ IVERVEISE.

'2i mai 1861

SOMMAIRE. — L'irritation électrique du nerf moteur exige un changement rapide dans son état électrique. — Effets des divers courants sur les nerfs ; — courant ascendant, courant descendant. — Lois de Ritter : six périodes. — Lois de Nobili : quatre périodes. — Valeur et signification de ces lois. — Classification des effets de l'électricité d'après les différences d'intensité des courants. — Sensibilité des nerfs à l'irritanl électrique. — Expérience de la patte galvanoscopique. — Courants électriques propres des nerfs. — Électrotonismo. — Contraction paradoxale.

Les expériences que nous avons faites sur divers animaux dans la dernière leçon ont mis complète-

278 l'i-liImi-ni' nkiiviux.

ment hors de doute que les propriétés physiologiques du nerf moteur se manifestent dans le muscle, soit en le faisant contracter, connue cela a lieu d'ordinaire, soit en suspendant la contraction, comme on peut l'ohserver aussi fort souvent; et nous avons montré que les deux cas ne présentaient point de différence essentielle.

La première condition pour que le nerf moteur soit irrité, c'est que le chan«cment d'état électrique soit rapide. On pourrait, sans rien produire, y faire passer un courant, d'abord extrêmement faible, qui monterait gTaduellementjusqu'àdevenir très-intense. Il faut un effet brusque amenant un changemeni brus([ue. Le nerf moteur est donc un excellent galvanomètre, et un galvanomètre très-sensible, pour indijjuer les changements brusques de direction ou d'intensité, quoique les courants soient très-faibles. Nous pouvons donner facilement des exemples de cette extrême sensibilité.

Prenons d'abord un nerf de grenouille en conservant le muscle M auquel il aboutit (fig. 5/i) ; puis re • phons ce nerf sur lui -même, de manière à former une anse complètement fermée en A par le contact des deux parties du nerf. Nous appliquons maintenant ;i l'extrémité libre B de ce nerf un courant électrique faible qui produit une contraction au moment où il commence à passer; mais ensuite il ne se manifeste plus aucun phénomène, parce que, tant que le courant passe d'une manière régulière, c'est un <'tat pliv-

CONDITIONS I) IRRITATION DU XKRF MOTKLIU. !279

siqiie constant qui est incompatible avec toute irritation du nerf. Seulement, si nous écartons les deux branches de l'anse de façon qu'elles ne se touchent ])lus, il se produit une contraction dans le muscle au

ri(^'. ril. — Expérience pour montrer la sensilnlité du nerf moleiir aux changements d'élal électrique.

moment [)récis on s'opère cet écartement. C'est (pi'cii elfet le courant jusque-là ne passait pas dans lanse ; el maintenant, comme les deux branches sont écai'tées, il est obligi' d'y passer, ce qui fait que le circuit (\sl un peu plus étendu, et, par suite, la résistance brus(inement augmentée, bien que dans des proportions souvent très-minimes. Quand ou rétablit l'anse en l'approchant les deux branches, il y a encore une contraction; c'est absolument la même chose (pie tout à l'heure : la résistance est diminuée avec l'étendue du circuit îi parcourir, et dans un cas comme dans l'antre, il y a changement électrique. Ce changement, bien qu'opén; sur des courants très-faibles, siilFit m'anmoins à produire nue contiaction .

11 t'u est (\c même d'une autre expérience dont

280 l/lvLi:.Mb.M" NKKVl'lX.

nous avons déjà parlé plus haut (i), celle de la conlraciion métallique (fig-. 55). Voici comment elle

Fig. 35, — Contraction iiiélalliqiio.

M. Muscle. — N. Nerf. ■ — A et H. l-es ileiix points de contait du mit avec la surface mcrcurielle ; et entre eux deux le corps isolant ipii empêche le contact.

se fait : on dispose un long nerf encore pourvu de son muscle au-dessus d'une surface mercurielle; on fait toucher cette surface mercurielle par l'extrémité libre A du nerf; puis on lui fait former une anse au-dessus d'un petit corps isolant, tel qu'un morceau de bois ou de verre, de manière cpie le nerf vienne toucher le mercure en un autre point B de son trajet. Au moment de ce second contact il .se produit une contraction énergique dans le muscle : ce qui provient de ce que le courant électrique propre au nerf se transmet plus facilement par le mercure qui est meilleur conducteur (^t change par

(1) Voyez la on/iènio leçon. ))ao;0 209.

lUlUTATlON ÉLLCTliiOl li DKS NliUFS. '281

conséqiioiit (riinc m.-iiiiri'c hriisqiu) TtHat (''lecU'itiiic (Iii nerf.

Les effets électriques variés qiion obtient sur les nerfs ont été rattachés à des lois déjà découvertes au siècle dernier et connues sous le nom de lois de Riiter, du nom de celui qui les démontra. — Le sens ihi courant dans le nerf est déterminé, suivant les conventions ordinaires, en le considérant connue allant du pôle positif au p(jle négatif, c'est-à-dire du j)(Me cuivre au pôle zinc. On appelle couranl descenilant ou direct, celui qui se dirige vers le muscle, et courant ascendant on inverse, celui qui s'en éloigne; on admet qu'ils produisent chacun des effets différenis soit au moment où ils s'établissent par la fermeture du circuit, soit à celui où ils cessent par l'ouverture de ce môme circuit. Enfin, on distingue six périodes dans les phénomènes qui se produisent entre la séparation du muscle du reste de l'organisme et sa mort définitive. Avouons, du reste, tout de suite que ces lois n'ont pas, à beaucoup près, l'importance qu'on a voulu leur donner autrefois. Voici le lidileau dans lequel elles peuvent se résumer :

LOIS DE UlTTKli.

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