‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivantsChapitre 103 sur 200 · CL. BERNAUD · texte numérisé non relu

CL. BERNAUD

2/Ù2 l’élément nerveux.

ciliés postérieures possèdent, en effet, des ganglions ou renflements nerveux, placés à une petite distance de leur sortie de la moelle ; la jonction du nerf sensitif avec le nerf moteur correspondant a lieu un peu après ce ganglion. Quant aux propriétés de ces deux séries déracinés, Charles Bell croyait qu'elles étaient tout à fait distinctes et séparées, de telle sorte que les racines postérieures étaient complètement dépourvues de faculté motrice, tandis que les racines antérieures n'avaient suivant lui aucune sensibilité. Du reste, Charles Bell n’était pas expérimentateur. La seule expérience qu’on cite de lui aurait été faite sur un lapin récemment sacrifié, et il aurait constaté qu’en pinçant les racines antérieures, il obtenait un mouvement dans les muscles ; puis, il arriva à conclure par exclusion les fonctions des racines postérieures.

Magendie fit toutes ses expériences sur des animaux vivants, il montra que les racines antérieures étaient sensibles et que l’animal éprouvait de la douleur quand on les pinçait, contrairement aux opinions de Charles Bell. Ce qui n’empêche pas que si l'on coupe la racine antérieure, on détruit tout mouvement dans la partie où se distribuait la racine coupée, sans altérer en aucune façon la sensibilité, et inversement, si l’on coupe la racine postérieure, le mouvement est conservé et la sensibilité disparaît dans les parties desservies par cette racine. Mais ce double résultat, parfaitement établi, ne démontre pas la vérité de la théorie de Charles Bell, car il n’est pas

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