‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivantsChapitre 104 sur 200 · SENSIBILITÉ RÉCURRENTE · texte numérisé non relu

SENSIBILITÉ RÉCURRENTE

moins certain que les deux racines sont toutes les deux sensibles : ce qui est tout à fait opposé à ses idées.

Le nerf moteur, quoique conduisant l’action motrice, est certainement sensible. Mais la sensibilité y suit une marche toute différente de celle que nous constatons dans le nerf de sentiment. En effet, si l’on coupe la racine postérieure, on a deux bouts : l’un, qui tient à la moelle, c’est le bout central ; l'autre, qui tient au ganglion, c’est le bout périphérique. Pinçons maintenant les deux bouts : celui qui tient à la moelle a conservé toute sa sensibilité, l’autre l’a complètement perdue; la sensibilité vient donc ici du centre. Coupons maintenant la racine antérieure en laissant la racine postérieure correspondante intacte, nous aurons toujours deux bouts ; l’un central, l’autre périphérique, et nous verrons ici que le bout central est insensible, tandis que le bout qui tient a la périphérie est resté doué de sensibilité. La sensibilité ne vient donc plus du centre comme dans la racine postérieure, elle vient de la périphérie. Cette sensibilité de la racine antérieure est une sensibilité d’emprunt qu’elle prend par ses connexions avec la racine postérieure. Et, en effet, quand on coupe la racine antérieure, le bout périphérique ne conserve sa sensibilité qu’à la condition que la racine postérieure soit intacte ; si cette dernière est également coupée, la sensibilité, ne pouvant plus parvenir au bout périphérique du nerf de sentiment, ne saurait évidemment passer de là au bout périphérique du

L ÉLÉMENT NERVEUX

nerf moteur. Aussi, des quatre bouts qu’on a dans ce cas, il n’y en a plus qu’un de sensible, c’est le bout central de la racine postérieure, parce que la sensibilité y vient du centre.

Charles Bell avait considéré la moelle épinière comme un gros nerf, et il pensait que les nerfs ne faisaient que se continuer dans la moelle. Mais cette idée est tout à fait inadmissible aujourd’hui. Les nerfs sont formés par de petits tubes ayant une composition et une structure particulières : ils se décomposent donc histologiquement en tubes. Or il y a d'autres éléments dans la moelle épinière.

ji

Fig. 48. — Fibres nerveuses (d’après Leydig).

A. Fibres à bords foncés. — a. Fibres larges. — b. Fibres fines devenues variqueuses. — B. Fibres à bords pales (libres de Remak). — - C. Degrés intermédiaires entre ces deux genres de fibres. (Fort grossissement.)

L’élément histologique du nerf moteur (fig. 48 et 49), c’est un petit tube rempli d’une substance

Page 1