IRRITANTS PHYSIQUES DU NERF MOTEUR
marche assez rapidement,. Ainsi, mettons clans du sel marin, corps très-avide d’humidité, l’extrémité d’un nerf moteur de grenouille resté en communication avec son muscle : le muscle entre bientôt en tétanos; et cet effet est dû à une dessiccation active, outre la soustraction de l’eau que subit le nerf moteur, car si l’on plonge ce nerf dans l’eau, le muscle cesse bientôt d’être en tétanos. On peut opérer de même sur un animal vivant. Ainsi, on peut placer une grenouille dans un courant d’air actif qui lui enlève son humidité : au bout d'un temps plus ou moins long, variable avec la rapidité de la dessiccation et qui va souvent jusqu’à vingt-quatre heures, la grenouille entre dans une espèce d’excitation tétanique comme le muscle isolé sur lequel nous opérions tout à l’heure. Quand on fait des expériences de vivisection sur des grenouilles, on est souvent embarrassé par des contractions dues à cette cause de dessiccation des nerfs, à laquelle on ne songe pas toujours dans ce cas.
Cette excitation par la dessiccation est déjà bien moins altérante que l’excitation mécanique. Mais l’irritant le plus employé et le meilleur à tous les points de vue, pour le nerf moteur comme pour le muscle, c’est l’électricité. Il faut nécessairement que cette électricité produise un changement physique dans le nerf moteur, sans quoi l’action ne s’expliquerait point; elle produit en effet un changement électrique particulier que nous examinerons plus
L ÉLÉMENT NERVEUX
tard. En elles-mêmes toutes les sources électriques sont bonnes pour cet usage; cependant il ne faut pas employer des appareils produisant des actions trop énergiques, qui pourraient agir directement et mécaniquement sur les nerfs, au lieu d’agir physiologiquement. Le plus souvent on se sert de courants d’induction.
Dès le commencement des expériences, on avait cherché à appliquer l’électricité aux nerfs ; mais on s’y prenait fort mal. Ainsi, on mettait le bout du fil d’un des pôles de la pile sur l’origine du nerf, et le bout de l’autre sur son extrémité périphérique, c’est-à-dire sur le muscle. On avait cherché dans ces expériences à distinguer les racines antérieures des racines postérieures : mais on n’obtint rien et l’on ne pouvait rien obtenir, puisque l’électricité passait également dans les deux cas, et non pas seulement par le nerf mais aussi par les tissus voisins : d’ailleurs, le muscle était irrité directement, et dès lors les contractions qu’on obtenait ne signifiaient plus rien, puisqu’on pouvait toujours les supposer déterminées par cette irritation directe du muscle.
Millier montra qu’il fallait tout d’abord isoler le nerf, en le plaçant sur un morceau de verre, et faire ensuite passer le courant à travers une longueur restreinte, de manière à être bien sûr d’électriser le nerf tout seul. En opérant de cette manière, on distingua facilement les racines postérieures des racines antérieures ; irritées dans leur bout périphé-