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VITESSE DE LA TRANSMISSION NERVEUSE

fig. 43, page 195), et qui est fondé sur les mêmes principes. On irrite le nerf d’abord à son extrémité au point e, puis vers son entrée dans le muscle, au point er; le courant met un temps plus long à s’établir dans le second cas que dans le premier; et il esl facile de voir que cet excès correspond précisément au temps qu’a mis le courant à parcourir le nerf du pointe au point er : on peut donc en déduire la vitesse de la transmission nerveuse. Cette vitesse dépend de l'activité des phénomènes physico-chimiques, et elle n’est pas la même chez tous les animaux. M. Helmholtz l’a trouvée égale à 50 ou 60 mètres chez

l’homme, tandis qu’elle ne serait que de 15 à 20 mètres chez la grenouille.

Les irritants du nerf moteur se divisent en trois classes : irritants chimiques, irritants physiques, irritants physiologiques ou vitaux.

Nous laisserons de côté, pour le moment, les irritants physiologiques, qui nous occuperont longuement plus tard, quand nous parlerons du nerf de sentiment et de la moelle épinière. Ce sont eux, du reste, qui sont les excitants normaux pendant la vie.

Les irritants chimiques comprennent à la fois des acides et des alcalis. Tous les acides irritent plus ou moins le nerf moteur; mais il en est qui produisent plus particulièrement cet effet, et qui le produisent avec une énergie bien plus considérable.

Les irritants physiques comprennent notamment les excitations mécaniques, par exemple celle qu’on

L ELEMENT NERVEUX

produit en pinçant le nerf. Seulement, quand le nerf a été ainsi broyé, il est bien irrité au moment où se produit l’action, mais il ne peut plus transmettre ensuite l’influence nerveuse par l’endroit comprimé. En effet, si l’on pince le nerf au-dessus de cet endroit, c’est-à-dire plus près de la cellule centrale, on n’obtient plus rien; au contraire, en le pinçant audessous, on a une contraction. On peut donc aller successivement depuis le centre jusqu’à la périphérie, mais non pas inversement . c’est, du reste, l’inconvénient ordinaire des excitants mécaniques qu’on ne peut presque toujours employer qu’une seule fois. La potasse caustique et les autres agents chimiques énergiques qui détruisent le nerf sont dans le même cas. C’est avec cette méthode imparfaite que Charles Bell a fait ses expériences sur les racines des nerfs dans la moelle épinière.

A côté des irritants mécaniques, il faut placer certains irritants physiques et chimiques. Les agents physico-chimiques produisent dans le nerf moteur un changement physique permament ou momentané. C’est toujours ainsi que l’action s’opère, car s’il n’y avait pas de changement dans l’état du nerf moteur et dans celui du muscle, on ne comprendrait pas la contraction : ce serait un effet sans cause. Par exemple, quand on broie le nerf moteur, on opère évidemment un changement physique permanent. Tous les agents qui enlèvent de l’eau produisent aussi une irritation du nerf moteur, pourvu que la dessiccation

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