‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivantsChapitre 125 sur 200 · EXPÉRIENCE DE LA PATTE GALVANOSCOPIQUE · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE DE LA PATTE GALVANOSCOPIQUE

son nerf moteur, mais disposé de telle sorte que ce nerf soit placé sur son prolongement, on obtiendra presque toujours une contraction en repliant le nerf sur le muscle, parce qu’alors l’irritation électrique s’étendra également aux nerfs. Tous ces faits montrent clairement que le nerf moteur est bien plus excitable que le muscle par l’électricité.

Voici une autre expérience. On prend un muscle sur lequel on fait une section presque complète, et l’on écarte un peu les deux lèvres de la plaie musculaire. — Nous avons déjà dit, en parlant de l’électricité musculaire, (pie l’extérieur du muscle est électrisé positivement, tandis que T intérieur est électrisé négativement. — Puis on prépare un second muscle, — ordinairement le muscle du mollet, — en lui conservant son nerf, et au moyen de ce nerf nous réunissons la surface extérieure du premier muscle avec l’intérieur de la coupe que nous y avons pratiquée. Comme l’une est électrisée positivement et l’autre négativement, il doit nécessairement se produire un courant dans le nerf, et, par suite de cette excitation, une contraction dans le muscle auquel il aboutit. L'expérience de la patte galvanoscopique se fait ordinairement sur des muscles de grenouille, mais on peut parfaitement la répéter sur les muscles du lapin à sang froid que nous vous avons montré précédemment.

Les nerfs moteurs ont, comme les muscles, des cou-

^88 l’élément nerveux.

ran ts électriques propres, qui ont été étudiés d'une manière toute particulière par M. du Bois-Reymond à l’aide de l’appareil que nous avons déjà décrit plus

(V). Le

Fig. 56. — Appareil de M. du Bois-Reymond pour l’étude des propriétés électriques des muscles et des nerfs.

N. Muscle placé entre les deux coussinets (la figure représente un muscle; mais on peut supposer également un nerf placé dans la même position). — G Gf. Vases de verre contenant une dissolution de sulfate de zinc. — PPC Lames de zinc amalgamé communiquant en K avec les fils D lP du galvanomètre. — S SC Supports isolants. — M. Galvanomètre.

nerî est électrisé positivement à la surface et négativement à l’intérieur, absolument comme le muscle à

ÉLECTRICITÉ NERVEUSE. — ÉLECTROTONISME. 289

l’état normal. Mais ces phénomènes ne se conservent aussi sous cette forme dans le nerf moteur que tant qu’il reste il son état ordinaire. S’il se trouve dans des conditions anormales, son état électrique change complètement ; il prend, pendant la contraction du muscle, un état électrique qui lui est propre, et auquel M. du Bois-Reymond a donné le nom \\' électroionisme. La coïncidence de cet état particulier avec la contraction musculaire pourrait faire croire qu’il serait la cause de rinfluence nerveuse : il se produirait alors dans le nerf un état électrique tout spécial qui modifierait par influence l’état électrique du muscle, et, par suite, produirait son irritation. Tel serait le mécanisme de l’influence nerveuse et de la contraction musculaire.

Terminons en disant quelques mots de ce qu’on a souvent appelé la contraction paradoxale. Je suppose qu’on prépare une patte de grenouille, en lui conservant son nerf aussi long que possible. Si Ton irrite avec l’électricité l’extrémité libre du nerf, après avoir pratiqué une section vers le milieu de sa longueur, on n’obtiendra évidemment rien dans le muscle, puisque l’influence nerveuse ne peut plus se transmettre jusqu’à lui. Mais si Ton replace les deux bouts l’un sur l’autre, on produira alors une contraction marquée. Comment cela peut-il se faire, puisque la section complète du nerf doit arrêter toute influence physiologique qui le parcourt? Voici l’explication de ce singulier phénomène. Sous Tin—

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