‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivantsChapitre 156 sur 200 · CENTRE MODÉRATEUR DES MOUVEMENTS RÉFLEXES · texte numérisé non relu

CENTRE MODÉRATEUR DES MOUVEMENTS RÉFLEXES

peut dire à peu près incontestable, c’est celle qui place ce centre modérateur dans une région déterminée du cerveau, et dénie aux autres parties de l’encéphale toute influence sur les mouvements réflexes. Un de ces points modérateurs se trouve situé dans les tubercules optiques, au moins chez la grenouille, qui a été le sujet le plus ordinaire des expériences.

Pour prouver le rapport d’un organe avec une fonction déterminée, il se présente à nous deux moyens bien distincts, mais également concluants. Le premier, c'est de supprimer l’organe et de montrer alors que la fonction est supprimée en même temps. Le second, c’est d’exagérer son action, en le surexcitant d’une manière quelconque, et de faire voir en même temps dans la fonction une exagération parallèle des phénomènes. Eh bien, nous allons appliquer ces deux méthodes différentes, mais se contrôlant l’une par l'autre, pour démontrer l’action directe du cerveau, ou plutôt d’un certain point de cet organe sur les mouvements réflexes.

On prend une grenouille ou tout autre animal qui puisse résister assez longtemps à des mutilations profondes de l’encéphale. Si l’on coupe progressivement les différentes parties du cerveau, en commençant par la région postérieure, on ne change rien d’abord aux actions réflexes, (pii continuent à se produire comme auparavant, avec la même intensité, la même vitesse, la même étendue. Mais dès que l’on

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arrive, dans cette mutilation sans cesse progressive, a supprimer toutou partie des lobes optiques, les actions réflexes deviennent immédiatement plus faciles et plus promptes, et la force excito-motrice augmente notablement, comme on peut s’en convaincre avec beau acidulée. Prenons maintenant une grenouille parfaitement intacte, et mesurons sa force excitomotrice, tou jours au moyen d’un acide étendu, comme l’acide sulfurique extrêmement dilué. Cette opération terminée, ouvrons le crâne de l’animal afin de pouvoir exciter directement les tubercules optiques par un mode quelconque ; l’influence de ces lobes s’accroîtra alors en raison de cette excitation anormale, et les mouvements réflexes seront tellement entravés qu’ils ne se produiront quelquefois plus du tout, même en plongeant les pattes de l’animal dans les dissolutions acides beaucoup plus concentrées.

Toutes ces expériences sont d'une grande exactitude. Elles ont du reste été faites pour la plupart dans notre laboratoire, par M. Setchenow.

Voici à peu près la pensée qui a présidé à tous ces travaux. Elle peut se résumer en ces termes : c’est qu’il y a une action et une réaction réciproque de tous les éléments nerveux les uns sur les autres. Mais quel est le mécanisme de cette réaction, voilà ce que nous ne savons pas bien. Cependant l’influence paralysante qu’exerce le cerveau sur les mouvements réflexes n’est pas un fait isolé ; on peut lui trouver des analogies dans divers phénomènes pliysio-

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