ACTIONS RÉFLEXES NON CROISÉES
dans un ganglion du grand sympathique, le ganglion sous-maxillaire, et cette fois le mouvement n’est plus croisé. Quand on excite seulement le côté droit, la glande droite entre en sécrétion, mais celle de gauche n’est aucunement modifiée dans son état, et si I on agit ensuite sur le côté gauche, le même résultat
Fig. 77. — La glande salivaire sous-maxillaire du chien et les nerfs en rapport avec elle, pour montrer que cette glande peut entrer en sécrétion sous l’influence d’une action réflexe dont le centre est dans le ganglion sympathique sous-maxillaire.
M. Glande salivaire sous-maxillaire. — N. Glande salivaire sublinguale. — P. Conduit excréteur de la glande sous-maxillaire dans lequel on a introduit un tube. — Q. Conduit excréteur de la glande sublinguale dans lequel on a aussi introduit un tube. — A B. Nerf lingual provenant de la brandie maxillaire inférieure de la cinquième paire nerveuse cérébrale (le trijumeau). — S SC Rameaux du nerf lingual se distribuant dans la muqueuse buccale. — G. Nerf facial. — D D. Corde du tympan, rameau du nerf facial se distribuant dans la glande sousmaxillaire après s’ètrc accolé quelque temps au nerf lingual. — O. Ganglion sympathique sous-maxillaire. — F. Ganglion cervical supérieur. — G. Rameau nerveux allant du ganglion cervical supérieur à la glande sous-maxillaire. — E. Artère maxillaire 'profonde desservant la glande sous-maxillaire.
366 l’élément nerveux.
seproduiten sens inverse. Mais il estévident que pour pouvoir constater le phénomène, il faut d’abord supprimer la première action réflexe, qui a son centre dans le cerveau, et qui provoquerait toujours une vive sécrétion des deux glandes à la fois.
Il y a d’autres cas encore ou le croisement du mou vement réflexe ne peut s’opérer. Moins bien isolés peut-être que l’exemple précédent, ils n’en sont pas moins incontestables, surtout dans le système vasculaire.
Le cœur reçoit des impressions plus ou moins vives de tous les nerfs de la peau, et ces impressions arrêtent son mouvement pendant un temps très-court, il est vrai, ce qui nous empêche de le remarquer sur nous-mêmes. Mais on peut le constater facilement en plaçant un manomètre sur une grosse artère : grâce à ce moyen, on suit avec certitude toutes les variations que subissent les pulsations du pouls, et, par suite, les mouvements du cœur qui en sont la cause première, Nous avons encore là des actions réflexes, et nous pouvons les rapporter à l’influence du nerf spinal et du nerf pneumogastrique, car elles ne se produisent plus dès qu’on a coupé ces deux nerfs. Du reste, ici encore l’action est croisée, car on peut la faire naître dans le côté droit en agissant sur le nerf spinal du côté opposé, et réciproquement.
Mais les nerfs vaso-moteurs nous fournissent des mouvements réflexes non croisés, comme ceux de la glande sous-maxillaire que nous rappelions à l’in-
ACTIONS RÉFLEXES GÉNÉRALES ET SPÉCIALES. ü5/
stant. Ainsi, quand on pince l’oreille d’un lapin, on provoque des actions réflexes qui amènent la contraction d’abord, puis la dilatation des vaisseaux sanguins. Ces actions se produisent par suite de la communication de la sensation douloureuse à un ganglion du grand sympathique, nommé le ganglion cervical, qui réagit à son tour sur les nerfs vaso-moteurs. Mais si l’on n’a pincé qu’une des oreilles, les phénomènes se manifestent seulement dans un coté de la tête, et l’autre côté y demeure parfaitement étranger. Le croisement de l’influence nerveuse n’a donc pas eu heu dans ce cas.
Ainsi la physiologie ne connaît pas seulement des actions réflexes qui se propagent de proche en proche, et plus ou moins loin suivant la force de l’ébranlement primitif. Ce sont là les mouvements réflexes généraux, étroitement enchevêtrés les uns dans les autres, et qui peuvent s’engendrer réciproquement d’une manière presque indéfinie. Mais ce n’est pas tout. 11 y a aussi des mouvements réflexes spéciaux qui ne se généralisent jamais comme les précédents, à travers l’organisme entier, mais restent toujours localisés dans certaines régions déterminées où ils ont pris naissance. Les mouvements de ce genre se rencontrent surtout dans le système vaso-moteur et dans toutes les sécrétions internes. Du reste, leur étude est fort difficile, et ils sont bien loin encore d’être complètement connus. Le mécanisme des mouvements
UÉLÉMENT NERVEUX.
réflexes généraux commence à s’éclaircir un peu mieux, et après avoir terminé l’étude rapide que nous faisons de leurs principales espèces, nous montrerons comment ils s’emboîtent les uns dans les autres, comment ils se coordonnent dans l’harmonieuse unité des actions vitales.