‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivantsChapitre 160 sur 200 · ACTIONS RÉFLEXES DU GRAND SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

ACTIONS RÉFLEXES DU GRAND SYMPATHIQUE

ne fallait pas toujours les rapporter à la même cause. En effet ils se produisent d’abord par l’action de la lumière sur le nerf optique : c’est le cas que nous venons d’examiner tout à l’heure ; puis, par suite des sensations douloureuses communiquées aux nerfs de la peau ; enfin, par l’influence du grand sympathique dans certaines maladies particulières qui troublent l’état normal de ce système. Peut-être même ces trois causes ne sont-elles pas les seules qui puissent produire ce résultat, et devrions-nous en ajouter d’autres encore. Mais au moins l’action du grand sympathique est-elle incontestable, car les médecins ont observé certains mouvements de la pupille, dans les maladies des intestins, par réaction des nerfs intestinaux. Du reste, on peut supprimer cette action en coupant le filet du grand sympathique qui se rend dans l’iris, et cela prouve encore mieux la réalité du rôle ([ue nous attribuons à ce filet.

Toutes ces actions réflexes sont encore croisées, c’est-à-dire qu’elles se propagent d’un côté du corps à l’autre, et cette circonstance prouve que le système cérébro-spinal prend une certaine part à la production du phénomène, car c’est, dans l’axe principal de ce système que doit se faire le croisement.

Enfin, nous trouvons aussi dans les nerfs de sensibilité inconsciente des mouvements réflexes qui ne sont pas croisés et qui sont les seuls dus réellement et exclusivement à des ganglions du grand sympathique.

L ÉLÉMENT NERVEUX

Du reste, la distinction des deux sytèmes nerveux est devenue aujourd’hui assez vague, puisqu’on a constaté, d’une manière certaine, qu’il y a des filaments spéciaux du grand sympathique réunissant ce système dans une foule de points, aux diverses parties du système cérébro-spinal. Il est dès lors tout naturel que les actions réflexes soient croisées, puisque le croisement se produit dans la moelle épinière.

Ce n’est pourtant point là une règle sans exception, et il y a des mouvements réflexes qui échappent à cette loi. Ainsi, nos expériences sur les sécrétions des glandes salivaires développées à la fin de la dernière leçon (1), permettent de distinguer deux actions réflexes très -différentes, partant toutes les deux du nerf lingual, mais ayant des centres tout à fait séparés, et qui peuvent, l'une comme l’autre, provoquer la sécrétion de la salive dans la glande sous-maxillaire (fig. 77).

La première se produit en irritant le nerf lingual avec un corps sapide quelconque, vinaigre ou autre : elle a son centre dans le cerveau, et elle est naturellement croisée, ainsi que nous l’avons dit tout à l’heure, en la citant comme exemple d’action réflexe due à un nerl de sensibilité spéciale. La seconde résulte de l’irritation du nerf lingual, non plus par un irritant spécial, mais par un irritant qui agisse sur tous les nerfs, un irritant mécanique, je suppose, pincement, piqûre ou autre; le centre de cette action réflexe se trouve placé

(I) Voyez plus liant pages 3 44 à 348.

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