MÉCANISME DE LA SÉCRÉTION
et contenant encore beaucoup d’oxygène : souvent même, on ne peut plus le distinguer du sang artériel par sa couleur. Enfin le sang passe très-rapidement, et en très-grande masse, à travers la glande, parce (pic les vaisseaux se sont dilatés dans des proportions considérables ; la veine donne des pulsations comme l’artère, et, lorsqu’on la coupe, elle émet un jet de liquide de plusieurs centimètres.
Eh bien, cherchons maintenant à comprendre ce qui se passe, mais en restant toujours à cheval sur les faits bien observés; car, si les interprétations peuvent changer, les faits doivent rester les mêmes, et toutes les théories doivent plier devant eux pour s’y adapter. Prenons donc chacune des circonstances de l’expérience et cherchons-en l’explication. Cette dilatation de l’artère et de la veine, c’est une paralysie des vaisseaux : seulement, le point nouveau qu’il faut admettre ici, c’est que cette action paralysante se porte, non pas directement sur l’élément musculaire, mais d’abord sur le grand sympathique, lequel contracte certainement les vaisseaux quand son influence n’est pas entravée ou détruite : il suffit en effet de l’irriter d’une manière quelconque, par exemple en coupant un de ses nerfs, pour amener une diminution immédiate du volume des vaisseaux. Ainsi, dans notre expérience, nous paralysons l’action incessante du grand sympathique qui tend à resserrer les vaisseaux, et ceux-ci se dilatent aussitôt, par le relâche-
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ment de leur tunique musculaire débarrassée de l’influence du grand sympathique.
Dans la glande sous-maxillaire nous avons donc sur les mêmes fibres musculaires des actions nerveuses de deux genres : celle du grand sympathique, qui fait contracter ces fibres, et celle de la corde du tympan, qui les dilate en paralysant le grand sympathique. L’action de la corde du tympan correspond à l’activité de la glande, celle du grand sympathique à la période de repos. Ainsi, la sécrétion est une conséquence de l’action paralysante de la corde du tympan sur le grand sympathique.
Il y a encore d’autres faits à expliquer. Si nous paralysons complètement cette glande, en détruisant tout à fait les nerfs qui s’y rendent, elle se met à fonctionner d’une manière continue : ce qui prouve bien que l’action exercée sur elle par le système nerveux est une action de contention. En opérant ainsi nous rendons cette sécrétion continue, mais seulement à partir de deux ou trois jours après la section du nerf. Ce retard du phénomène vient de ce qu'on ne peut couper le nerf qu’à son entrée dans la glande, et il faut alors, pour que toute action nerveuse soit supprimée, attendre que les derniers filaments de nerf qui se distribuent dans la glande soient complètement détruits par défaut de nutrition.
Pour démontrer d’une autre manière que les phé-