MÉCANISME 0E LA SÉCRÉTION
nomènes qui se produisent alors sont bien dus à la suppression du nerf, on peut empoisonner l’animal par le curare qui, on le sait, n’agit que sur les nerfs moteurs; on met un tube au conduit de la glande pour amener à l’extérieur la salive produite et mieux apprécier la force de la sécrétion : quand la paralysie du muscle est devenue complète par la mort du système nerveux moteur, on obtient alors une sécrétion extrêmement abondante .
Nous avons fait cette expérience de la manière suivante. Elle consiste à injecter, avec une seringue munie d’un tube d’argent excessivement fin, quelques gouttes de curare à l’origine de la petite artère qui va à cette glande sous-maxillaire ; puis on ouvre la veine glandulaire pour laisser échapper le sang empoisonné par l’action du curare et l’empêcher de porter ses funestes effets dans l’organisme, de manière que la glande se trouve seule empoisonnée. Quand on fait ainsi cette injection, la sécrétion se produit tout de suite d’une manière continue; puis, après un temps plus ou moins long, la glande reprend peu à peu son état normal, et il est possible ensuite de recommencer un certain nombre de fois sur le même sujet : on obtient toujours les mêmes résultats. 11 n’y a pas d’erreur possible dans cette expérience, car nous avons injecté de la même manière divers liquides, — notamment de l’eau et même des liquides excitants, — sans produire aucun effet sur la sécrétion de la glande. Les résultats obtenus ne
400 l’élément nerveux.
peuvent donc être rapportés qu’à la paralysie des fibres musculaires de la glande, paralysie résultant de rempoisonnement par le curare des filaments nerveux qui s’y distribuent.
Nous avons voulu savoir ce que devenait la glande qui sécrétait ainsi d’une manière continue et trèsabondante par suite de la section et de la dégénérescence des nerfs. Cet état de sécrétion incessante dura quelques semaines, et la glande diminuait de plus en plus de volume en subissant des changements notables dans la structure de ses tissus. Plusieurs glandes soumises à l’action de ces phénomènes anormaux ont été envoyées à M. Robin qui a pu constater et déterminer ces changements. Peut-être aussi la coinposition chimique de la sécrétion est-elle modifiée dans ces circonstances. Au bout de cinq ou six semaines, quand on opère sur un chien de moyenne force, la sécrétion s’arrête tout à fait ; alors elle reprend, au bout d’un certain temps, son volume et son état normal : c’est que dans l’intervalle les nerfs se sont régénérés, et la glande elle-même a pu se nourrir. Ainsi donc, la période de repos ou de sommeil de la glande est le moment pendant lequel s’opère sa nutrition.
11 faut beaucoup de sang pour fournir la quantité d’eau nécessaire à la salive qui se forme, et nous avons constaté que la différence entre la quantité de