CENTRES DES ACTIONS RÉFLEXES
— Constitution du système capillaire. — Double voie offerte au courant sanguin : deux ordres de capillaires. — Conséquences de cette disposition en ce qui concerne la circulation et les sécrétions. — Le système nerveux n’agit pas directement sur les phénomènes chimiques ; il se borne à mettre en présence les éléments qui doivent réagir les uns sur les autres en vertu de leurs propriétés spéciales. — Comparaison générale du système cérébro-spinal et du grand sympathique. — Obscurité qui enveloppe encore les fonctions de ce dernier système.
En piquant la moelle épinière, on provoque des mouvements, mais des mouvements différents suivaut l’endroit auquel on la pique. Ainsi, quand la blessure est produite à la hauteur des bras, on obtient des mouvements particuliers dans ces membres, parce qu’il y a là un centre spécial. 11 y a du reste dans la moelle épinière bien d’autres centres encore pour les actions réflexes, par exemple, le centre respiratoire appelé aussi nœud vital, parce que les animaux supérieurs périssent aussitôt que ce point de la moelle est détruit d’une manière quelconque ; chez les animaux inférieurs, au contraire, la lésion de cette partie de la moelle ne produit pas des résultats aussi prompts ni surtout aussi complets. Nous pouvons citer encore le centre cilio-spinal, placé à la hauteur des deux premières racines rachidiennes dorsales, ainsi que le centre génito-spinal, situé dans la région lombaire, d’où partent les nerfs de la vessie, des organes génitaux et des parties voisines. Enfin, il y a des centres distincts pour certaines
l’élément nerveux.
actions réflexes, dans le cerveau lui-même, et surtout il y a là le centre général qui domine tous les autres.
Malheureusement, l’étude des centres des actions réflexes est extrêmement difficile, parce qu’il faut s’en rapporter aux phénomènes extérieurs pour interpréter ce qui se passe dans les profondeurs les plus intimes des organes nerveux et les plus difficiles de toutes à explorer.
C’est à peine si de loin en loin quelques rares accidents ont permis de faire sur l’homme d’utiles observations. Enfin, cette partie de la physiologie des nerfs est restée jusqu’ici fort obscure; presque tous les résultats obtenus y sont encore plus ou moins contestés, même aujourd’hui, et il est difficile, inutile même pour l’enseignement, d’épuiser ces questions a peine explorées dans leurs premiers fondements par quelques travaux tout récents, et livrées aux ardeurs comme aux incertitudes des premières controverses. Laissons le temps faire son œuvre et attendons ([ue tout cela s’éclaircisse un peu. Développer maintenant tout ces débats, ces discussions de détails, ces résultats souvent contradictoires, ce serait risquer bien souvent d’exposer comme une théorie ce qui n’est tout au plus qu’une opinion personnelle, et entrer d’ailleurs dans des détails que nous devons écarter ici, en traitant des phénomènes essentiels de la vie, qui se reproduisent les mêmes chez tous les êtres vivants.