‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivantsChapitre 181 sur 200 · INFLUENCE DU SYST. NERV. SUR LA NUTRITION · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU SYST. NERV. SUR LA NUTRITION

Laissons donc do côté la question des différents centres des actions réflexes, pour exposer des phénomènes beaucoup plus étudiés et surtout beaucoup mieux connus.

Dans les leçons précédentes, vous avez vu que le système nerveux exerce une action aussi importante qu'incontestable sur tous les phénomènes de nutrition et de sécrétion qui se produisent dans l’ organisme; son influence peut même s’étendre jusqu’aux phénomènes chimiques. Ce sont là des faits extrêmement remarquables: aussi iCest-il pas inutile d’exposer nos idées sur ce point, en expliquant comment nous comprenons le mécanisme de ces différentes actions.

La première chose à dire, c’est que le système nerveux n’est pas indispensable à la production de ces phénomènes, auxquels il prend pourtant une part si considérable, dans l’état normal, chez les ani maux supérieurs. En effet, la nutrition s’opère trèsbien chez l’embryon, quoiqu’il n’ait pas encore de système nerveux, et les végétaux qui ne possèdent jamais d’organes de ce genre n’en forment pas moins des principes immédiats distincts. Quel est donc précisément le rôle du système nerveux dans l’accomplissement de ces phénomènes? voilà ce que nous tâcherons de faire comprendre tout à l’heure.

On a cru longtemps que les végétaux seuls produisaient des principes immédiats, et que ces prin-

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cipes, une fois formés, passaient ensuite par les voies ordinaires de la nutrition, dans le corps des animaux qui se nourrissaient de ces plantes. Comme conséquence de ces idées, on comparait les végétaux à des appareils de réduction, et les animaux à des appareils de combustion; les premiers préparaient toutes les substances que les animaux devaient brûler ensuite. -Voilà des idées absolues auxquelles il faut renoncer, car elles ne sont plus admissibles aujourd'hui. Les animaux, comme les végétaux, préparent des principes immédiats : c’est un point bien démontré. Chaque être est complet en lui-même et ne dépend pas directement des autres pour accomplir les fonctions essentielles de la vie; chaque être, enfin, présente également ces deux parties de la fonction générale de nutrition, ces deux faces d’un même phénomène, qui s’appellent réciproquement et ne se conçoivent pas l’une sans l’autre, à savoir l’assimilation et la désassimilation.

Ce n’est donc pas un point de vue physiologique que de considérer les végétaux comme faits pour les animaux. Les végétaux sont faits pour eux-mêmes, tout aussi bien que les autres êtres, et ils vivent à leur manière, d’une façon autonome quoique dépendante. Cependant, dira-t-on, les plantes peuvent être et sont en fait utilisées par les animaux pour leur nourriture. — Sans doute; mais cela ne prouve rien. Il y a aussi des animaux qui servent à en nourrir d’autres, des herbivores qui sont dévorés par des

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