‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivantsChapitre 34 sur 200 · HALLER · texte numérisé non relu

HALLER

do l’organisme, comme le sang, aussi bien que dans les solides qui se forment à leurs dépens.

Dans toutes les doctrines qui précèdent, les physiologistes ont cherché à reconnaître aux parties vivantes une force d’activité spéciale et non spontanée, qu’ils distinguaient très-bien, soit des forces physiques résidant dans la nature minérale, soit de l’âme, force toute spontanée. Mais dans tout cela il y avait beaucoup plus de mots que d’expérimentations véritables, et la discussion portait plutôt sur

une qualité hypothétique que sur des faits bien observés.

Le premier physiologiste qui ait introduit l’ expérimentation directe dans cette question, c’est Haller (1777), un siècle après Glisson. Haller mita découvert des muscles, des nerfs, le cœur, des vaisseaux, des membranes, des tendons, des ligaments, des cartilages, des os, des glandes, des viscères, sur des animaux de différentes classes, et il soumit ces organes à l’action d’un grand nombre d’agents divers, chimiques, physiques, mécaniques, pour constater l’effet produit dans ces parties par tous ces irritants.

En se fondant sur ces expériences, Haller reconnut dans les tissus vivants l’existence de deux forces distinctes. D’abord, une propriété qui les ramène à leur position primitive, quand ils en ont été écartés par des tiraillements en sens divers, propriété

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quTIaller désigne sous le nom de contractilité ou rétractilité. C’est une force purement physique, se confondant avec l’élasticité, et qu’on retrouve, par conséquent, dans les animaux morts comme dans les êtres vivants. La seconde force inhérente aux tissus vivants, quand ils sont irrités, Haller l’appela irritabilité. C’est une propriété exclusive du muscle, qui peut dans des circonstances données, se raccourcir brusquement. Toutes ces dénominations avaient des inconvénients et embrouillaient le langage, car le mot contractilité , employé par Haller pour représenter les phénomènes de l’élasticité dans les corps vivants, avait toujours désigné la propriété qu’ont les muscles de se raccourcir, propriété qu’il appelait maintenant irritabilité; ce dernier terme ne s’appliquait donc plus à une propriété générale des corps vivants, mais à une propriété spéciale du muscle. On ne saurait trop louer Haller d’avoir voulu étudier expérimentalement la question de l’irritabilité ; cependant, en fait, il rétrécit singulièrement cette question et y porta même la confusion par sa terminologie. 11 lui fit perdre sa généralité, inconvénient qui ne tient pas à la méthode employée, mais à l’imperfection des moyens anatomiques et physiologiques qu’on possédait alors pour caractériser les propriétés des divers tissus.

Haller, ayant remarqué qu’il produisait de la douleur en irritant les nerfs, considéra la sensation comme une propriété vitale particulière des nerfs et

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