QUATRIÈME LEÇON
HISTOIRE DE LA THÉORIE DE L'IRRITABILITÉ. — SECONDE PÉRIODE. — EXPOSÉ DES IDÉES ACTUELLES SUR L’IRRITABILITÉ.
5 avril 186/L
SOMMAIRE. — Doctrine de Brown : incitamenla, incitabüité . — Insuffisance du système de Brown ; il ne tient pas compte de la nature des incitants. — Lamark; l’orgasme. — Tiedemann; l’excitabilité. — Distinction des excitants et des actions physicochimiques; le corps excitant ne cède rien au corps excité. — Wirchow : distinction de trois ordres d’irritabilité : irritabilité fonctionnelle, irritabilité nutritive, irritabilité de développement. — Cette troisième espèce d’irritabilité peut se ramener à la seconde.
Résumé des idées actuelles sur l’irritabilité. — Distinction de deux espèces d’irritabilité : 1° l’irritabilité fonctionnelle ; 2° l’irritabilité nutritive. — Distinction de trois classes d’irritants suivant leur nature propre : 1° irritants physiques; 2° irritants chimiques; 3° irritants vitaux. — Exemples de ces divers irritants. — Toutes les parties d’un corps vivant son! irritables,
L IRRITABILITE.
mais chacune réagit d’une manière particulière. — Circuit d’irritations successives produisant un mouveuufht. — Qualité et quantité d’un irritant. — La quantité d’un irritant dépend à la fuis de l’intensité propre de l’agent employé et de la sensibilité de l’organe irrité. — Action des anesthésiques. — L’action des irritants se produit sur les éléments organiques et non sur les organes. — Chaque élément organique a donc toujours les mêmes propriétés dans quelque endroit du corps qu’il soit placé; l’intensité de ces propriétés peut seule varier pour le même élément: leur essence reste invariable.
Nous avons déjà commencé l’étude de l’irritabilité considérée comme propriété fondamentale des tissus vivants, ou, en d’autres termes, comme la propriété vitale par excellence. Cette question de l’irritabilité, née au xvnc siècle avec Glisson, subit ensuite des fortunes très-diverses que nous avons suivies. Le mot lui-môme change souvent d’acception, et nous avons vu Haller, notamment, en modifier et en
restreindre singulièrement le sens.
Mais, dans un sujet de ce genre, il arrive toujours un moment où un plus grand nombre de faits découverts et analysés permet de reprendre les questions anciennes avec plus de succès. C’est ce qui arriva à la fin du siècle dernier, en ce qui concerne l’irritabilité.
Brown, vers 1780, revint aux idées de Glisson ; il combattit les théories néesen Allemagne et en France
sur un principe distinct de l’organisme et qui lui communiquerait ses propriétés vitales. La force vi-