CL. BERXAHT
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moins occasionnelles des phénomènes vitaux ; mais il ne distinguait pas les incitants spéciaux les uns des autres, et, ne tenant compte cpie de leur intensité, il semblait admettre qu’ils avaient tous la même nature, en tant qu’incitants, et la meme action sur tous les tissus vivants. Ce point de vue ne pouvait suffire : il faut distinguer à la fois la qualité et la quantité de l'incitant, et cette dernière, comme nous allons le montrer tout à l’heure, varie, soit par la quantité du corps incitant lui-même, soit par Vincitabilité plus ou moins grande de la fibre vivante qui réagit.
Brown admettait l’incitabilité dans tous les tissus solides. Quant aux liquides, il ne les croyait pas incitables, mais les considérait comme contenant des incitants intérieurs, qui agissaient sur les tissus solides de la même manière que les incitants extérieurs. 11 est facile de voir que cela revient exactement à la distinction que nous avons faite entre les milieux extérieurs et les milieux intérieurs de l’organisme.
Lamarck 11e fit pas grand’chose de neuf dans la question qui nous occupe, et elle ne lui dut pas de progrès bien notables. Dans sa Zoologie 'philosophique, il distingue, à côté de l’irritabilité, une propriété spéciale qu’il appelle orgasme , et qu’il définit à peu près l’intensité de vie existant dans chaque organe. Du reste, cette distinction introduite par Lamarck,
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et le mot nouveau qu’elle rendait nécessaire, furent bien vite oubliés après lui.
Avec Tiedemann , la terminologie se modifie de nouveau. Il appelle excitabilité ce que Brown avait nommé incilabilité , et Glisson irritabilité. Les irritants de Glisson devenus les incitants de Brown, changent donc encore une fois de nom pour s’appeler excitants. Mais, au fond, c’est toujours la môme chose, et ces variations de mots sans importance, dont il suffit d’être prévenu , n’empêchent pas de voir dans toutes ces doctrines un développement naturel des idées de Glisson.
Tiedemann va plus loin que Brown, car il admet l’excitabilité même dans les liquides de l’organisme : tout ce qui vit est excitable ; l’œuf est excitable, le sang est excitable, les plasma ou blastèmes sont eux-mêmes excitables, et peuvent amener dans leur sein la production d’êtres vivants au milieu d’une matière amorphe. Il admettait donc la génération spontanée. En résumé, tout excitant peut solliciter à entrer en action la matière organisée et vivante , quelle qu’elle soit.
Mais Tiedemann ne s’arrête pas là; il distingue les excitants entre eux , suivant que les mouvements produits dans l’organisme sous leur influence sont apparents, comme les mouvements des membres , ou invisibles, comme ceux de la nutrition : dans ces
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deux cas, ce sont toujours des excitants, mais leur nature n’est plus la même.
Tiedemann a voulu aussi distinguer nettement les excitants des actions physico-chimiques. Dans une action chimique, il y a entre les corps intervenants, entre l’action et la réaction, un rapport mécanique, c’est-à-dire que la composition des corps intervenants est changée, et qu’ils cèdent une partie de leur substance au nouveau corps qui se forme. L'action vitale ne présente rien de semblable ; l’excitant est tout à fait étranger aux modifications qui se produisent dans l’intérieur de l’organisme. Il y a en chimie des phénomènes, pour lesquels on a créé un terme spécial, et qui font bien comprendre ce genre d’action : c’est ce qu’on appelle les phénomènes catalytiques ou actions de présence. L’excitation serait donc une sorte d’action de présence, le corps excitant ne cédant rien au corps excité et n’agissant que par sa seule présence.
Virchow, qui vient ensuite, suit les idées de Tiedemann et de Brown, qui n’avaient fait eux-mémes que reprendre celles de Glisson ; parmi les diverses expressions proposées, il préfère celle de Glisson, l’irritabilité, et il admet, comme ses devanciers, que tout ce qui est vivant est irritable et que tout ce qui est mort ne l’est pas. C’est un point sur lequel on est universellement d’accord aujourd’hui. Seulement, Virchow distingue mieux que ne l’avait fait Tiede-