CILS VIBRATILES DES ORGANES GÉNITAUX
adhéraient, leur voir conserver pendant un certain temps leurs propriétés particulières, et ces cellules ciliaires se meuvent alors dans les liquides où on les met absolument comme les infusoires dont nous parlions tout à l’heure.
Les cils vibratiles des organes génitaux femelles tombent à l’époque de la mue, et, pendant la même période, les organes males ne possèdent plus de zoospermes avec prolongement mobile, comme on l’a constaté bien des fois dans les testicules du coq. Cette disparition des cils vibratiles coïncide avec une interruption complète des fonctions reproductrices, ce qui semble bien prouver la réalité du rôle qu’on a attribué à ces petits organes dans la génération.
Harvey a fait connaître une anomalie très-curieuse qu’on peut surtout constater chez les chevrettes, et qu’on a rattachée aux particularités des mouvements vibratiles. Souvent la mue arrive chez ces animaux presque aussitôt après la fécondation. Quelques jours après la fécondation, on constate qu’il n’y a pas d’œuf dans l’utérus, et cependant il arrive que les chevrettes mettent bas au bout d’un certain temps. Comment rendre raison de ce fait? Ziegler a proposé l’explication suivante. L’œuf était transporté le long de la trompe, de l’ovaire à l’utérus, au moyen des mouvements vibratiles; mais, l’époque de la mue arrivant, il est surpris en route oar la chute des cils, et il reste en place au milieu de la
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trompe, jusqu’à ce que les mouvements vibratiles renaissent et lui permettent de descendre alors jusqu’à l’utérus : il n’est plus étonnant dès lors qu’en ouvrant la chevrette pendant la période de la mue, on ne trouve aucun œuf dans l’utérus. Tous ces faits montrent bien l’importance des mouvements vibratiles dans les phénomènes de la génération, surtout si l’on veut considérer les sperrnatozoaires comme des cellules vibratiles isolées.
Il nous faut indiquer maintenant les conditions d’existence de ces mouvements ciliaires. Ce sont des mouvements d’une nature toute particulière, des mouvements essentiellement organiques ou vitaux, et continus, comme nous l’avons déjà dit. On peut, sous l’influence de certains agents, diminuer ou augmenter leur intensité. Mais ce qui les distingue surtout, c’est qu’ils sont complètement indépendants du système nerveux, et qu’ils échappent à l’action de toutes les substances toxiques aujourd’hui connues. Chaque élément histologique a ses poisons particuliers qui le détruisent, et amènent ainsi la mort de l’animal en supprimant un des éléments essentiels de l’harmonie vitale. Les cils vibratiles font exception, car on peut empoisonner un animal avec de l’opium, du curare, de la strychnine ou toute autre matière, et jamais on ne détruira les mouvements vibratiles, qui persistent toujours un certain temps après la mort. Cependant les anesthésiques arrêtent ces mouve-
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ments. Ainsi, qu’on place un œsophage de grenouille sous une cloche avec une éponge imbibée d’éther liquide, qui, en s’évaporant rapidement, constituera une atmosphère anesthésique, et l’on verra bientôt les mouvements vibratiles cesser complètement. Mais si on lève la cloche pour laisser les vapeurs d’éther se dissiper dans l’air, les mouvements vibratiles recommenceront aussitôt, car ils étaient simplement suspendus et non détruits, comme cela arrive sous rinfluence d’un poison. L’action des anesthésiques est du reste la seule que l’on connaisse, et c’est probablement une action physique.
On peut considérer les mouvements vibratiles, soit dans leur intensité, soit dans leurs causes, soit dans leurs directions.
L’intensité est plus ou moins grande, suivant que la température est plus ou moins élevée : ainsi, chez une grenouille, les mouvements ciliaires sont bien plus rapides en été qu’en hiver. Ces mouvements sont du reste très-énergiques, et les moyens de les constater fort faciles. Il y a d’abord l’observation microscopique simple. Ces mouvements vibratiles se confondent souvent à l’œil en une sorte d’ondulation. Du reste, tous les micrographes savent qu’en raclant légèrement avec un cure-oreille la muqueuse du nez, on en ramène un certain nombre de cellules ciliaires dont il est très-facile d’observer l’agitation constante.
On peut aussi mettre ces mouvements en évidence
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par les transports de matière qu’ils effectuent : ainsi, qu’on développe la muqueuse d’une trachée ou d’un œsophage de grenouille, et qu’on dépose à une extrémité, convenablement choisie, de la poudre de charbon ou même de petits grains de plomb, et ces corps seront transportés à l’autre bout, comme vous pourrez le voir dans un instant. Mais voici une expérience plus saisissante encore. On a disposé horizontalement et avec une tension convenable un œsophage de grenouille fraîchement préparé, dans lequel est engagé un fétu de paille qui en remplit assez exactement la cavité cylindrique, de manière à subir toute l’action des cils vibratiles. Sous cette influence, le fétu chemine très -rapidement, et sa vitesse, dans l’expérience qui s’accomplit ici, est d’un centimètre par minute : c’est une vitesse qu’on peut facilement suivre de l’œil.
On peut encore introduire dans les poumons d’une grenouille de la poudre de charbon; au bout d’un quart d’heure, — quelquefois moins, — toute cette poudre déposée dans le poumon se retrouve dans l’estomac. Comment a pu se faire ce transport? Évidemment par les voies naturelles. Mais quel en est l’agent? Les mouvements vibratiles sans aucun doute; car dans la trachée, ces mouvements sont orientés de manière à rejeter dans le pharynx toutes les substances qu’ils atteignent, tandis que les cils du canal digestif tendent au contraire à transporter, du pharynx dans l’estomac, tous les objets placés sur
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le trajet (fig. 31). Certains parasites, qui vivent dans l’intérieur de nos organes, ne peuvent s’y reproduire que par un procédé analogue. Ainsi un helminthe, parasite des poumons, observé par M. Davaine, a
Fig. 31 . — Œsophage de grenouille pour montrer l’action des cils vibratiles qui font pénétrer les substances dans l’estomac. Le fétu de paille engagé dans l’œsophage chemine de la position A A à la position A' A' et ainsi de suite.
cependant des œufs qui ne peuvent se développer que dans le canal intestinal : il y avait là un fait trèssingulier, que les mouvements vibratiles sont venus expliquer tout naturellement.
Un de nos élèves, M. Calliburcès, a imaginé un appareil fort ingénieux qui permet de mesurer les variations d’intensité des mouvements vibratiles.
Cet appareil consiste en un flacon de verre carré ayant 49 centimètres carrés de hase, sur 17 centi-
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mètres de hauteur (fig. 32), coupé transversalement en deux parties égales A et B. L’une des parois de la moitié inférieure est percée au milieu de son tiers supérieur d’un très-petit trou, dans lequel est engagé un fil d’aluminium servant d’axe à un cvJindre de 1 centimètre de longueur et faisant corps avec celui-ci. L’extrémité extérieure de cet axe est le centre d’un cadran G extérieurement gravé sur la paroi du flacon et dont les divisions sont décrites par un fil de verre très-mince F. 11 résulte de cette disposition que ce petit index entraîné au moindre mouvement du cylindre permet d’évaluer la rapidité avec laquelle tourne ce dernier lorsqu’il est poussé par les vibrations des cils de l'épithélium.
Pour concevoir comment ceux-ci lui transmettent leur mouvement, il importe de savoir comment est garnie la moitié supérieure du flacon et de quelle
façon elle s’adapte à la moitié inférieure.
L’orifice du flacon est fermé par un couvercle métallique N auquel est soudée intérieurement une tige prismatique de cuivre K. Celle-ci descend jusqu’en dedans de la moitié inférieure du vase ou son extrémité va pénétrer dans une rondelle percée qui se trouve fixée au fond du flacon et par laquelle elle est maintenue dans une position verticale lorsqu’on réunit les deux parties du vase. Une bande de laiton CG entoure le flacon au niveau de sa section horizontale et forme une gorge qui empêche l’une des parties de glisser sur l’autre. Une tablette de cuivre
’ig. 3 2. • — Appareil de M. Câlliburcès pour mesurer les variations d’intensité des mouvements vibratilcs .
intensité des mouvements ciliaires. \h 1
1 Ivl l’élément contractile.
horizontale H, percée d’une ouverture de même forme que la section transversale de la tige peut se mouvoir verticalement le long de cette tige qui la traverse. Au moyen d’une longue vis de rappel JJ dont le pas pénètre dans un écran taraudé à travers cette tablette, elle est déplacée dans un sens ou dans l’autre. La tête M de cette vis fait saillie au-dessus du couvercle. En la tournant à droite ou à gauche, on élève ou ou abaisse la plaque métallique ainsi que la réglette destinée à indiquer la hauteur à laquelle on l’a élevée. Cette réglette LL est formée d’une petite lame de métal soudée par son extrémité inférieure à la tablette de cuivre au-dessus de laquelle elle s’élève perpendiculairement jusqu’au delà du couvercle. Son extrémité supérieure le traverse librement et porte des divisions au moyen desquelles se mesure la hauteur de la tablette. Pour plus de précision, la tète de la vis est partagée en degrés que l’on compte à partir d’un point de repère O, et dont le nombre représente les fractions de division à ajouter a l’indication de la réglette. Deux ouvertures sont pratiquées dans le couvercle : par la première ou introduit un thermomètre P; à la seconde on adapte un tube de sûreté Q. La disposition de la tablette de cuivre et ses dimensions sont telles qu’en rapprochant de la moitié inférieure du flacon sa moitié supérieure, on puisse faire reposer le cylindre mobile sur les cils vibratiles de la membrane épithéliale R, étalée d’avance sur une feuille de liège I
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adhérente à la tablette. M. Calliburcès désigne sous le nom de porte-épithélium la plaque de cuivre recouverte de liège. L extrémité inférieure du 111 d’aluminium vient buter contre une lamelle de verre qui l’empêche de se déplacer selon son axe ; cette même extrémité trouve un point d’appui contre un stylet très-mince enfonce verticalement dans le liège, de sorte que les cils vibratiles ne communiquent pas au cylindre un mouvement de translation, mais seulement un mouvement de rotation qui est traduit à l’extérieur par l’aiguille du cadran. Le poids du cylindre de verre, y compris celui du lil d’aluminium avec son index de verre, est de 0gr,07o.