IRRITANTS CHIMIQUES
particulier, et se transmet ainsi sans interruption de l’élément qui périt à l’élément qui lui succède. Or, nous verrons que la nutrition s’opère toujours pendant le repos de l’organe, et c’est ce qui fait qu’un élément où le mouvement est constant, comme une cellule ciliaire, doit nécessairement s’atrophier, et tomber quand toute la force qui s’y trouvait accumulée a été dépensée, puisqu’il ne lui est pas permis de renouveler cette provision de force.
A l’état de repos peut succéder dans la fibre musculaire l’état de contraction. Mais nous avons vu qu’aucun élément histologique n’est capable de se donner le mouvement à lui -même : le muscle ne saurait échapper à cette loi, et il faut lui aussi qu’il reçoive du dehors des irritations qui le déterminent h entrer en action. C’est par l’étude de ces diverses irritations que nous devons commencer.
Nous diviserons les irritants du muscle en trois classes : les irritants chimiques, les irritants physiques et les irritants physiologiques ou vitaux.
Les irritants chimiques sont les moins importants, les moins nombreux et en même temps les moins connus. C’est, par exemple, l’acide chlorhydrique extrêmement dilué, l’acide lactique et d’autres acides encore; mais il ne faut pas oublier que nous parlons toujours d’acides faibles, dilués dans une quantité d’eau souvent considérable, et non point d’acides
l’élément contractile.
énergiques qui puissent agir comme caustiques. Citons aussi la glycérine.
Mais, parmi les divers acides qui produisent l’irritation du muscle, il y en a un auquel on a fait jouer un grand rôle dans la physiologie des muscles, c’est l’acide de la bile ou acide cholique. Quand on touche un muscle avec de la bile, il se contracte aussitôt. On a montré que cette action était due à l’acide que contenait la bile, soit à l’état libre, soit à l’état de combinaison, sous la forme de choléate de soude, par exemple, et on a donné une grande influence à ces phénomènes dans la production de l’action musculaire. On a supposé en effet que les acides de la bile étant absorbés, venaient irriter les muscles qui sont presque toujours en action, comme ceux du cœur, par exemple. On a invoqué en faveur de cette hypothèse d’abord l’action de la bile mise directement en contact avec les fibres musculaires, et ensuite ce fait, ([ue les animaux privés de bile maigrissent considérablement, surtout dans leur système musculaire. Cela résulte en effet d’une expérience de Schwann, aujourd'hui bien connue en physiologie. Ce savant pratiquait sur un animal une fistule biliaire pour faire écouler toute la bile au dehors, et il le conservait ensuite en le nourrissant abondamment. Un jeune animal ainsi traité périssait plus vite ; mais l’adulte finissait également par succomber sous l’influence de cette privation absolue de bile. Du reste cette théorie n’est encore qu’une simple hypothèse.