ACTION DE LA CHALEUR
l(Sl)
Les irritants physiques sont plus importants que les irritants chimiques. Ce sont surtout la chaleur el le froid, la lumière et F électricité.
Tous les muscles ne sont pas également influençables par la chaleur et le froid, et l’on a distingué à cet égard les muscles thermosystaltiques et les muscles athermosystaltiques. Prenez, par exemple, un animal qui vient de mourir, et dont tous les muscles sont naturellement en repos : en le soumettant à la chaleur d’une manière progressive, ce qui se fait commodément avec de la vapeur d’eau, vous verrez qu’à une température déterminée, certains muscles reprendront leurs fonctions comme pendant la vie. Ainsi, vers 20 degrés, dans le milieu humide dont nous venons de parler, l’estomac et les intestins retrouvent de nouveau leurs propriétés vitales; l’estomac manifeste d’une manière très-marquée des mouvements péristaltiques , c’est-à-dire dirigés du cardia vers le pylore, et l’on peut assister ainsi à une digestion véritable obtenue artificiellement après la mort. Cela dure pendant un temps variable, une demi-heure ou une heure, et l’action est même si rapide, qu’elle se manifeste dès que l’eau chaude a touché l’estomac, avant môme que le mercure du thermomètre ait eu le temps de se dilater et de monter dans la tige graduée. On peut répéter exactement les mêmes expériences sur les intestins, mais il faut dans tous les cas que l’on change la température. Ainsi, si le muscle était
190 l’élément contractile.
originairement à 10 degrés, il faut l’élever un peu au delà de cette température initiale, et les phénomènes que nous venons de décrire sc manifesteront aussitôt.
L’élévation brusque de la température produit aussi des mouvements musculaires dans les fibres du cœur et de l’utérus, dans le dartos, les cordons qui suspendent les testicules, etc.
Chez le fœtus, cette propriété thermosvstaltique existe pour tous les muscles. On a bien observé tous ces phénomènes sur le gésier des gallinacés ; ils s’y manifestent à peu près jusqu’au cinquième jour après l’éclosion : à partir de ce moment, le gésier n’est plus tnermosystaltique comme le reste du canal intestinal.
Dans les muscles thermosystaltiques, le froid diminue progressivement les contractions, comme il est facile de le voir dans le cœur, jusqu’à ce qu’elles disparaissent tout à fait. Mais les muscles des membres, et en général les muscles de la vie animale, n’entrent jamais en action sous la seule influence de la chaleur ou du froid, au moins après la période de développement complet ; l’irritabilité est seulement augmentée par la chaleur et diminuée par le froid.
La lumière constitue aussi un irritant physique ; mais son influence est naturellement très-restreinte, car un très-petit nombre de muscles sont exposés à son action. Cependant les muscles de l’iris paraissent