‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivantsChapitre 83 sur 200 · ACTION DE LA LUMIÈRE · texte numérisé non relu

ACTION DE LA LUMIÈRE

soumis à cette influence qui, du reste, n’exclut pas les autres. En effet, si l’on prend l’œil d’un animal à sang froid peu de temps après la mort, on voit que l’iris exposé à la lumière se contracte visiblement. On prend d’ordinaire l’œil d’une anguille, parce

qu’il conserve ses propriétés après la mort pendant un temps fort considérable, qui, en hiver, peut aller jusqu’à deux ou trois jours. L’expérience est du reste fort facile à faire. On place l’œil qu’on veut observer dans une petite boîte fermée par un verre en le posant sur une éponge imbibée d’eau pour le maintenir dans un état d’humidité convenable et empêcher sa destruction par évaporation des liquides et dessiccation des membranes. Puis on prend un second œil aussi semblable que possible au premier, et on le dispose avec les mêmes précautions dans une autre boîte fermée par un couvercle opaque, de telle sorte ([lie la lumière ne puisse pas y pénétrer. On laisse les choses en cet état pendant plusieurs heures, car le phénomène est assez long à se produire, et on constate alors que l’œil placé dans l’obscurité a maintenant l’ouverture de la pupille beaucoup [dus large que l’œil exposé à l’action de la lumière : ce dernier s’est contracté, tandis que l’autre s’est dilaté. Pour rendre la conviction plus complète, on renverse alors l’expérience et l’on change les yeux de boîte : on observe alors sur chacun d’eux un résultat inverse de celui qu’il avait donné précédemment, ce qui prouve bien que la modification pro-

L ELEMENT CONTRACTILE

(lui te est duc à l’action de la lumière. On peut aussi prendre l’iris seul et le disposer sur un verre de montre ; seulement l’expérience doit alors être fort rapide, car la sensibilité de l’iris est bientôt détruite par la dessiccation. Du reste, une lumière très-faible suffit pour obtenir ce résultat, et l’on peut même se contenter de la lumière de la lune.

Le plus important de tous les excitants physiques, c’est l’électricité. Nous ne pouvons évidemment pas entrer ici dans les diverses conditions de construction et de jeu des appareils électriques. Bornons-nous à dire que la physiologie emploie cet agent en courants continus et en courants interrompus, les premiers se distinguent du reste en courants constants et en courants variables. Mais on peut faire passer un courant, même très-fort, dans un muscle, sans y produire la moindre contraction. En effet, ce qui influe, ce n’est pas le courant lui-même, mais le changement d’état qu’il occasionne dans le muscle. Ainsi, quand on prend un courant constant, il y a contraction au moment où s’établit le courant et au moment où il

est interrompu, parce qu’à ces deux moments l’état électrique du muscle est changé. Mais dans ce changement ce n’est pas l’intensité du courant qui produit l’intensité de l’action, c’est sa plus ou moins grande rapidité. Aussi, quand on change brusquement le sens du courant, obtient-on une contraction très-vive.

Enfin, la classe des irritants physiologiques com-

CONTRACTION MUSCULAIRE. 193

prend le système nerveux, qui est l’excitant normal du système musculaire ; mais nous aurons il en parler trop longuement dans la suite, pour qu’il ne soit pas au moins inutile d’aborder en ce moment cette question.

Nous avons donc à étudier dès maintenant la contraction musculaire qui est déterminée par ces divers excitants, pour indiquer la manière dont le phénomène se produit, ses différentes périodes, son caractère et ses conséquences.

La contraction musculaire consiste essentiellement dans un raccourcissement de la fibre du muscle. Il est facile de se rendre compte du phénomène- en observant directement au microscope un muscle en train de se contracter chez un animal vivant. Mais nous sommes obligés d’opérer ici sur des animaux morts et sans microscope. Aussi a-t-on inventé un appareil spécial et fort simple qui permet de suivre la contraction musculaire. Le voici : c’est un muscle de grenouille fraîchement préparé, fixé à une de ses extrémités, et portant à l’autre une plume dont les mouvements se produisent comme dans un levier coudé. Ces mouvements, visibles de loin, accusent nettement la contraction musculaire quand on irrite le muscle. D’ordinaire, on prend pour cet usage le muscle gastro-cnémien de la grenouille.

Dans l’animal vivant, la contraction est extrêmement rapide : il suffit d’une simple réflexion pour

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