ÉTAT ÉLECTRIQUE PENDANT LA CONTRACTION
do manière que les coussinets soient vis-à-vis l’un de l’autre, et l’on dispose alors entre les deux coussinets le muscle qu’on veut soumettre à l’expérience, de telle sorte que la coupe de ce muscle porte sur un des coussinets et la surface extérieure sur l’autre. Un galvanomètre modérément sensible suffît du reste, car les phénomènes d'électricité musculaire sont très-marqués. On peut facilement, au moyen de cet appareil, vérifier tout ce que nous avons dit plus haut.
C’est là l’état normal ou de repos. Mais quand on fait contracter un muscle, il se manifeste des phénomènes différents. Au moment même ou se produit la contraction, l’aiguille du galvanomètre revient en sens inverse de son premier mouvement. On a donné de ce tait deux explications différentes. M. Matteucci dit qu’il se produit, au moment de la contraction, un courant inverse de celui qui existe à l’état de repos, et pour établir l’exactitude de cette théorie, il a montré qu’un muscle qui se contracte peut produire par influence la contraction d’un autre muscle dont le nerf repose sur le muscle en contraction : c’est ce qu’il appelle la contraction induite. M. du Bois-Reymond admet au contraire que Yoscillation négative (c’est ainsi qu’il appelle le brusque revirement de l’aiguille du galvanomètre au moment de la contraction), que cette oscillation est tout simplement due à ce que, au moment de la contraction, le courant électrique est instantanément
L ÉLÉMENT CONTRACTILE
supprimé dans le muscle , et l’on comprend bien, en effet, qu’il se produira alors un phénomène qui ressemble à celui que produirait un courant de direction contraire. La force qui écartait l’aiguille du zéro disparaissant tout à coup, cette aiguille tend immédiatement à regagner sa position d’équilibre qui est au zéro ; mais quand elle y est arrivée, elle le dépasse et continue sa marche en vertu de la force acquise, jusqu’à complet épuisement de cette force; puis elle revient sur elle-même et exécute ainsi un certain nombre d’oscillations autour du zéro, suivant le mécanisme si simple des mouvements pendulaires.
M. du Bois-Reymond a établi la validité de son explication, car il a montré qu’en maintenant un muscle en tétanos, c’est-à-dire en état de contraction permanente pendant un temps assez long, l’aiguille du galvanomètre finissait tout de même par s’arrêter au zéro, au lieu de prendre une position d’équilibre située de Y autre côté du zéro, par rapport à celle qu’elle occupait d’abord; ce qui ne manquerait pas d’arriver, si nous avions alors un courant de sens inverse au courant normal. Quant à la contraction du second muscle, obtenue sous l’influence de la contraction du premier par M. Matteucci, elle peut très-bien s’expliquer par la suppression de tout courant aussi bien que par l’établissement d’un courant nouveau de sens inverse au premier. En effet, pour faire contracter un muscle en dehors de toute influence du nerf, il suffît de changer ou de supprimer