DOUZIÈME LEÇON
RESPIRATION MISULIIRE
3 mai 1864.
SOMMAIRE. — La respiration est comparable à une combustion lente. — Il ne s’accomplit dans le poumon qu’un échange de gaz. — Le sang veineux total est plus chaud que le sang artériel. — Expériences de M. Claude Bernard sur des moutons, et discussion des expériences antérieures en conformité avec la théorie de Lavoisier. — Le siège principal de la combustion respiratoire est dans les muscles. — Expériences. — Couleur du sang. — Influence de l’état de contraction ou de repos du muscle sur l’activité de la combustion respiratoire qui s’y accomplit. — Expériences de M. Claude Bernard.
Après avoir étudié la contraction musculaire dans ses diverses périodes, nous avons décrit un des phénomènes physiques qui se passent dans le muscle, les courants électriques. Nous avons maintenant à traiter des phénomènes chimiques, notamment
THEORIE DK LAVOISIER.
de la respiration musculaire et de ses conséquences, c’est-à-dire de la production calorifique qui maintient la température des animaux à sang chaud à un degré presque rigoureusement invariable.
Depuis longtemps on a comparé la respiration à une combustion. En effet, l’oxygène de l’air pénètre dans le sang, où se brûlent des matières hydrocarbonées, et l’on voit expulsée, comme résultat final de l’opération, une quantité notable d’acide carbonique. C’est donc là un phénomène tout à fait analogue dans ses diverses phases à celui qui se passe quand une bougie brûle. Mais la chimie nous fournit l’exemple de deux genres de combustion, la combustion vive et la combustion lente : laquelle des deux sera le type auquel nous pourrons comparer l’acte respiratoire ? On avait d’abord supposé que cet acte consistait en quelque sorte dans une combustion vive se produisant dans les poumons, mais aujourd’hui on sait que c’est une combustion lente qui s’opère surtout dans les capillaires.
Lavoisier, qui a le premier défini d’une manière exacte le phénomène respiratoire, Lavoisier le localisa dans les poumons. C'était le môme oxygène qui, pénétrant dans le sang à travers les vésicules pulmonaires, serait ressorti aussitôt sous la forme d'acide carbonique; c’était cette combustion qui entretenait la chaleur du sang : et la conséquence nécessaire qu’on devait en tirer, c’est que le sang artériel sortant des poumons, avait une température plus élevée que lu
l’ëLÉM CNT CONTR ACTILE .
ang veineux, refroidi par sou long trajet à travers le corps, loin du centre de la chaleur animale. On fit de nombreuses expériences pour vérifier ce fait, et l’on constata effectivement une différence de température en faveur du sang artériel. Nous aurons à discuter ces expériences, et à voir si les résultats qu’elles fournissent ne sont pas dus aux procédés employés ou aux imperfections de méthodes, et s’ils peuvent s’accorder avec les théories aujourd’hui démontrées.
L’acte de la respiration comprend d'abord des phénomènes physiques, et notamment un échange de gaz entre le sang, milieu intérieur, et l’air, milieu extérieur; le sang fournit de l’acide carbonique ; l’air, de l’oxygène. Ces phénomènes se passent dans le poumon, qui agit alors comme appareil physique d’échange. Le sang absorbe en moyenne à très-peu près autant d’oxygène qu’il dégage d’acide carbonique. Cependant il n’y a pas toujours entre ces deux volumes gazeux un rapport exact, comme le prouvent les expériences de M. Régnault. Ainsi un animal à jeun prend plus d’oxygène à l’air qu’d ne lui rend d’acide carbonique; il en est de même d’un carnivore ; au contraire, l’animal en digestion rend plus d’acide carbonique qu’il n’absorbe d’oxygène, particulièrement quand c’est un animal herbivore ou granivore.
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Nous avons maintenant à expliquer un autre fait