‹ Lecons sur les proprietes des tissus vivantsChapitre 105 sur 140 · CL. BlinNAIlD · texte numérisé non relu

CL. BlinNAIlD

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nerfs seiisitifs se détruisent toujours pour se régénérer ensuite ; de sorte que c'est seulement dans les nerfs de nouvelle formation que le courant nerveux a changé de direction.

Après ces considérations générales sur le mode d'action du nerf sensitif, nous arrivons à l'étude des principaux irritants de ce nerf. On peut les diviser, comme ceux du nerf moteur, en irritants mécaniques, irritants physiques, irritants chimiques et irritants physiologiques. Du reste, ce que nous avons à dire ici de ces divers irritants ne peut être, à beaucoup d'égards, qu'une reproduction presque complète de ce que nous avons déjà dit en parlant de l'action qu'exercent sur le nerf moteur les irritants analogues.

Les irritants mécaniques, piqûre, brûlure, coupure, écrasement, etc., excitent le nerf sensitif comme le nerf moteur. Les excitants mécaniques violents sont sujets à divers inconvénients, quand on veut les employer dans les expériences, notamment à celui de détruire le nerf, en altérant son tissu, et, par suite, de rendre toute excitation impossible, à moins qu'on ne l'attaque dans un autre point. Seulement, comme l'activité nerveuse présente dans le nerf sensitif une direction inverse de celle qu'elle suit dans le nerf moteur, il faut choisir pour la seconde excitation un point plus rapproché du centre nerveux que celui où avait eu lieu la première, tandis que, sur

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le nerf moteur, nous devions, à chaque irritation successive, nous éloigner de plus en plus du centre pour nous rapprocher de l'extrémité périphérique où est le retentissement de ce nerf et où il agit sur le muscle.

Parmi les irritants physiques, Télectricité a le grand avantage, quand elle est employée avec une intensité modérée, de ne pas détruire le nerf en l'irritant, ce qui permet de répéter son action autant de fois qu'on le veut, tant que le nerf a conservé ses propriétés vitales. On a pu aussi obtenir l'irritation du nerf sensitif par des tremblements particuliers et répétés, produits au moyen d'un instrument auquel on a donné le nom de télano-moteur. Mais ce lait ne présente pas une très-grande importance; et, d'ailleurs, nous arrêter trop longtemps sur ces phénomènes, ce serait forcément répéter ce que nous avons dit à propos du nerf moteur. Terminons donc de suite l'étude de l'irritant électrique, en montrant que le nerf sensitif y est moins sensible que le nerf moteur.

Prenons, par exemple, le nerf sciatique. Comme ce nerf est composé de deux ordres de filets, des filets sensitifs et des filets moteurs, on peut obtenir avec lui deux phénomènes distincts : l'un qui se traduit par la contraction du muscle correspondant, l'autre par une sensation de douleur chez l'animal. Eh bien! faisons agir sur le nerf sciatique d'une grenouille un courant électrique interrompu d'abord

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très-t'aible, mais dont l'intensité ira en croissant d'une manière progressive : il n'y aura d'abord aucune action produite, ni sur le nerf sensitif, ni sur le nerf moteur, parce que le courant est trop faible ; mais bientôt le nerf moteur excité fera contracter le muscle, et c'est un peu plus tard seulement que l'irritation du nerf sensitif se manifestera par la douleur de l'animal. Il a donc fallu un courant plus fort pour ébranler le nerf sensitif et pour mettre en jeu ses propriétés physiologiques.

Les irritants chimiques du nert sensitif sont intéressants à examiner, parce qu'ils pourraient peutêtre fournir un bon moyen pour mesurer le degré de sensibilité des divers animaux : problème très-important à un grand nombre de points de vue, car beaucoup d'autres phénomènes sont liés dans leur manifestation à l'intensité plus ou moins considérable de la sensibilité. Il serait, par conséquent, fort utile de pouvoir déterminer les variations de cette sensibilité aux degrés successifs de l'échelle animale et dans chaque être en particulier, suivant les divers états qu'il peut affecter ou les influences qu'il peut subir. Magendie et moi, nous avions essayé autrefois de mesurer les degrés de sensibihté par les mouvements du cœur. Ces mouvements s'arrêtent en effet, puis se précipitent, sous l'influence de douleurs même trèsfaibles, puisqu'il suffit quelquefois, pour amener ce résultat, d'impressions que l'animal ne semble pas

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