‹ Lecons sur les proprietes des tissus vivantsChapitre 130 sur 140 · CL. BEIOAKU · texte numérisé non relu

CL. BEIOAKU

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une paralysie eoiistaiite et plus ou moins complète de ce système. Il va se former alors des quantités de sucre considérables que l'animal sera impuissant à détruire tout entières dans les différents phénomènes de la nutrition. Le sucre excédant s'en ira donc par diverses voies, notamment par celle des urines, el nous aurons un animal diabétique.

Les moyens ne manquent pas pour rendre un animal diabétique; nous en avons nous-même fait connaître beaucoup ; mais il serait inutile de les exposer tous ici, et nous allons en choisir un seul, tort curieux du reste, (|ui est fondé sur l'action d'un poison dont nous avons déjà parlé bien des fois, le curare. Ce poison, comme vous le savez, détruit le système nerveux moteur, et ne détruit que lui, de telle sorte que la mort de l'animal résulte simplement de l'arrêt des mouvements respiratoires et de l'asphyxie qui en est la conséquence. Mais, en administrant le curare à petite dose, l'action marche lentement ; les nerfs moteurs de la vie organique s'empoisonnent successivement, les vaisseaux se dilatent de plus eu plus, et par suite toutes les sécrétions s'exagèrent dans des proportions considérables. L'animal pleure et salive énormément, etc. ; enfin, le foie sécrète beaucoup de sucre, et comme les fonctions ne sont pas assez actives pour détruire tout ce qui se forme, il en passe une grande quantité dans les urines. Voici les résultats fournis par l'urine de ce lapin qui a subi un traitement de ce genre : elle est douée mainte -

MOïKiVS DE PRODUIRE LE DIABÈTE SUCRÉ. /H9

liant d'une action réductrice, elle fermente, elle donne de l'acide carbonique, en un mot, elle présente tous les caractères des urines diabétiques. Du reste, quand on calcule convenablement la dose de curare de manière à ne donner qu'une quantité trèsfaible et tout juste suffisante pour atteindre le but qu'on poursuit, l'animal peut parfaitement éliminer le poison, et survivre ainsi au traitement qu'on lui a imposé. Le lapin sur lequel nous opérons en est un exemple, car c'est la seconde fois déjà qu'il subit l'action du curare dans ces conditions, et rien ne prouve qu'il doive succomber à cette nouvelle expérience.

Nous avons dit qu'il y avait encore beaucoup d'autres moyens pour rendre un animal diabétique. On y arrivera, par exemple, d'une manière bien simple, en coupant les fdets du grand sympathique à leur entrée dans le foie. Mais on peut aussi produire le même résultat en agissant sur le centre du système grand sympathique du foie, centre qui est situé dans la moelle allongée, un peu au-dessus de l'origine du nerf pneumogastrique; c'est ce point, en effet, qui préside à la plupart des actions du grand sympathique, et notamment à celles qui se produisent dans les filets nerveux se distribuant au foie. Les influences morales peuvent aussi rendre momentanément dia* bétique.

Les actions chimiques ne sont, au fond, que ddÉ

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iicUoiis de contact entre les molécules îles corj)s (louées de propriétés différentes. Mais il no faudrait pas s'imaginer que le grand sympathique produit en quoi que ce soit cas phénomènes ; son rôle se borne nniipiement à mettre en présence les éléments capables d'en provoquer la manifestation. Ainsi ce n'est pas lui qui produit le sucre j il ne crée pas la diastase ; il n'est point la source de la chaleur animale, et n'entretient point la composition du sang ; il ne forme même pas l'amidon an milieu des cellules du foie. Mais, grâce au mécanisme que nous avons exposé tout à l'heure, il met le sang en contact avec la matière contenue dans le foie et sécrétée par cet organe. C'est aux propriétés de ces corps qu'il faut rapporter la production du phénomène. Cela est si vrai, qu'en opérant sur un animal malade, dont le foie ne forme plus de sucre, nous aurons beau paralyser ou détruire le grand sympathique et laisser un libre accès au sang, nous ne parviendrons jamais à produire la plus petite parcelle do sucre. Le rôle du système nerveux ressemble donc ici à celui d'un chimiste; quand le chimiste réunit de la potasse et de l'acide sulfurique, le sel qui se forme est une conséquence des propriétés de ces deux corps, mais le chimiste n'entre pour rien dans les causes du phénomène : il a rapproché les éléments , et voilà tout. Eh bien, le grand sympathique ne fait aussi que rapprocher des substances venues do divers points, et ce sont les réactions mutuelles

ROU- GKNl^.RAI. DU GRAND SYMl>ATIIIOUF..

lie ces substances qui produisent véritablement lu sécrétion.

L'action du grand sympathique reste donc jusqu'ici fort obscure, et cette partie de la physiologie a encore beaucoup de progrès à faire. Ce n'est pas à dire, cependant, qu'on ne puisse déjà distinguer quelques o-rands faits et certains caractères dominants au miheu de toutes les variétés de ce système. Disons d'abord qu'il diffère beaucoup du système cérébrospinal, qui est en rapport avec des phénomènes bien plus nets, mieux isolés et mieux connus : les phénomènes de conscience, ceux de la vie de relation, et les mouvements directs. Le système cérébro-spinal est d'ailleurs intermittent dans son action, tandis que l'autre agit toujours d'une manière continue. Ce qu'on peut dire de plus vrai d'une manière générale sur l'action du grand sympathique, c'est que c'est une action modératrice : voilà un résultat que tous les travaux actuels permettent déjà de constater. Quant aux détails, ce sont des questions encore à l'étude, c'est-à-dire fort controversées, et interdites par conséquent à un enseignement du genre de celui-ci. Mais c'est déjà quelque chose d'avoir pu indiquer certains résultats, plus intéressants ou mieux établis que les autres, et développer même quelques idées générales sur le rôle du grand sympathique dans l'organisme. D'ailleurs, entrer dans les détails et les particularités, ce serait sortir du cercle de la physiologie générale, car ce que nous dirions alors ne serait plus également

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vrai de l'iiomme et de lous les animaux, tandis qu(.' les idées et les faits exposés plus haut s'appliquent indifTéremment à tous les degrés de l'échelle des êtres.

Ces considérations terminent tout ce que nous avions l'intention de dire sur l'ensemble des phénomènes chimiques gouvernés par le système nerveux. Il nous resterait à parler du système nerveux central : mais c'est une question tout à fait différente, tout à fait à part, et qu'il n'est plus temps d'aborder cette année.

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