‹ Lecons sur les proprietes des tissus vivantsChapitre 30 sur 140 · CONTRADICTEURS DE H ALLER · texte numérisé non relu

CONTRADICTEURS DE H ALLER

nerfs qu'il couteiiait, opinion que partage encore aujourd'hui un petit nombre cle physiologistes. Ils confondirent l'irritabilité avec la force nerveuse, et ils érigèrent cette dernière propriété en force fondamentale de la vie animale. Au fond, il ne restait donc plus ([ue la sensibihté et les nerfs qui en sont le siège exclusif. Cette fusion des deux propriétés vitales reçut plus tard de notables développements, et, comme nous le disions à l'instant, elle compte encore, aujourd'hui môme, quelques partisans.

Pour ce qui nous concerne, notre opinion est bien arrêtée depuis longtemps, et nous sommes pour Haller contre Whytt, Lary et tous les autres ; mais nous nous rendons parfaitement compte des raisons qui ont empêché cet assentiment de devenir tout à fait général. En effet, quand on excite un muscle, on ne sait jamais si l'on n'excite pas un nerf en même temps. Il est bien vrai qu'alors qu'on n'obtient plus rien en irritant un tronc nerveux mis à nu, on trouve encore le muscle irritable; mais les adversaires de Haller répondent avec beaucoup de force, que les nerfs meurent de la périphérie vers le centre, et qu'on ne sait jamais si l'on n'obtiendrait pas quelque chose en irritant l'extrémité du nerf.

Cette opinion, ipii attribue toute l'irritabilité aux nerfs, ne se rapproche qu'en apparence de celle de Stahl; elle en diffère en ce que l'on admet pour le nerf la possibilité d'agir indépendamment de l'àme ;

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c'est là, eu quelque sorte, les mouvements ré/lexrs, tels qu'où les connaît aujourd'hui.

Au foud, ce que l'ou cherche tou jours, c'est le principe de la Yie ou la propriété fondamentale des êtres vivants; aussi a-t-on donné le nom de névrisles ii ceux qui placent dans les uerfs la propriété essentielle des êtres vivants. Cette théorie ne pouvait évidemment s'appliquer qu'aux animaux, car les plantes n'ont ni muscles, ni nerfs. Comme elle ne s'appuyait pas d'ailleurs sur des preuves suffisantes, elle ne pouvait se soutenir et fut bientôt abandonnée pour une autre hypothèse, celle des vilalistes. C'est ainsi que des hypothèses sans cesse renouvelées succédèrent aux expériences de Halier, parce que l'esprit, trop impatient dans son essor, voulait obtenir un système complet, sans attendre les résultats toujours fort lents de l'observation et de l'expérimentation.

Stahl avait établi une différence radicale entre les phénomènes de la nature brute et ceux de la nature vivante. On conserva ce fait intéressant, mais la théorie de l'âme fut abandonnée. De même, l'irritabilité de Glisson, l'irritabilité et la sensibilité de Haller parurent obscures, insuffisantes et mal définies. On eut donc recours à l'admission d'une autre force fondamentale, de laquelle dépendent toutes les manifestations de la vie, dans les plantes comme dans les animaux, et qu'on désigna sous le nom de force vilale on principe vital. Cette force, qui n^git tous

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les phénomènes vitaux, donne l'irritabilité aux parties contractiles des plantes et des animaux, c'est-àdire la propriété d'ôLrc affectées par les excitants extérieurs. (Le mot à' irritabilité est pris ici au sens de Glisson, et non k celui de Haller.) On admettait encore chez les animaux l'âme de Stahl, qui, de concert avec le principe vital, présidait aux phénomènes intellectuels. Cette théorie fut soutenue par Barthez, en France, Hufeland et Bhjmenbach, en Allemagne, etc.

Mais le principe vital n'est après tout qu'une qualité occulte dont rien ne prouve l'existence. Aussi voulut-on rechercher son origine et sa cause, et cette théorie se développa encore. Les uns, avec Barthez, ne voulaient pas qu'on se demandât l'origine du principe vital: c'était pour eux une force simple et immatérielle, un principe premier et spécial à la vie. D'autres n'y virent qu'une résultante des forces physico-chimiques générales et complexes qui existent dans les êtres vivants ; c'est avec eux qu'apparut ce qu'on peut appeler le matérialiwie. On essaya même d'élever l'oxygène et l'électricité, récemment découverts, au rang de principes de la vie.

On le voit ûicilement, les idées d'irritabilité avaient disparu d'une manière complète dans toutes ces hypothèses.

C'est vers la fm du siècle dernier et au commencement de celui-ci, que la question de l'irritabilité

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renaquit avec Browu, pour se développer alors expérimentalement et d'une manière continue jusqu'à nos jours. Nous suivrons ces développemenls dans la prochaine leçon.

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