QUATRIÈME LEÇON
HISTOIRE DE LA THÉORIE DE L'IRRITADILITÉ. — SECONDE PÉRIODE. — EXPOSÉ DES IDÉES ACTUELLES SUR L'IRRITA RILITÉ.
5 avril 1864.
SOMMAIRE. — Doctrine de Brown : incilamenla, incitabilité. — Insuffisance du système de Brown ; il ne tient pas connpte de la nature des incitants. — Lamark; l'orgasme. — Tiedemann; l'excilabililé. — Distinction des excitants et des actions physicochimiques; le corps excitant ne cède rien au corps excité. — Wirchow : distinction de trois ordres d'irritabilité : irritabilité fonctionnelle, irritabilité nutritive, irritabilité de développement. — Cette troisième espèce d'irritabilité peut se ramener à la seconde.
Résumé des idées actuelles sur l'irritabilité. — Distinction de deux espèces d'irritabilité : \° l'irritabilité fonctionnelle ; 2° l'irritabilité nutritive, — Distinction de trois classes d'irritants suivant leur nature propre : 1" irritants physiques; 2" irritants chimiques; .'i" irritants vitaux. — Exemples de ces divers irritants. — Toutes les parties d'un corps vivant sont irritables,
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mais chacune rôagii d'une manière particulière. — Gircuit d'irrilalions successives prod.iisant un mouveincnl. — Qaalilê et qmnl'lé d'un irritant. — La quanlitc d'un irritant dépend à la foisdii l'ialensité propre de l'agent employé et de la sensibilité de l'organe irrité. — Action des anestliésiques. — L'action des irritants se produit sur les éléments organiques et non sur les organes. — Cîiaque élément organique a donc toujours les mômes propriétés dans quelque endroit du corp^i qu'il soit placé; l'intensité de ces propriétés peut seule varier pour le même élément : leur essence reste invariable.
Nous avons déjà commencé l'étude derii'ritabiliié considérée comme propriété fondamentale des tissus vivants, ou, en d'autres termes, comme la propriété vitale par excellence. Cette question de l'irritabilité, née au xvn" siècle avec Glisson, subit ensuite des fortunes très-diver.ses que nous avons suivies. Le mot lui-même change souvent d'acception, et nous avons vu Haller, notamment, en modifier et en restreindre singulièi^ement le sens.
Mais, dans un sujet de ce genre, il ariive toujours un moment où un plus gi^and nombre de faits découverts et analysés permet de reprendre les questions anciennes avec plus do succès. C'est ce qui arriva à la fin du siècle dernier, en ce qui concerne l'irritabilité.
Brown, vers 17S0, revint aux idées de Glisson ; il combattit les théories néesen Allemagne et en France sur un pi^incipe distinct de l'organisme et qui lui communiquerait ses propriétés vitales. La force vi-