FIBRES MUSCULAIRES
On trouve souvent de petits noyaux contre les parois des libres ou dans l'intérieur de la substance. Quelques histologistes pensent, eu effet, que les fibres
Fig. 38. — Fibres musculaires réunies en nouvelles unités ou faisceaux (d'après Leydig).
A. Fibres cellules du hulbus arteriosus de la Salamandre : les cellules musculaires striées^ bien qu'elles soient élroitemenl serrées les imes contre les autres, ont conservé une certaine autonomie. — J5 et C. Ce qu'on appelle des faisceaux musculaires primitifs avec fusion des cylindres primitifs. — a. Le système d'interstices situé dans l'intérieur de la substance contractile. — b. Le sarcolemmc. (Fort grossissement.)
commencent par l'état de cellule et s'allongent ensuite de plus en plus. Après ce développement le noyau de la cellule persisterait, et c'est lui que nous retrouverions dans la fibre musculaire. D'autres histologistes admettent au contraire que la fibre musculaire se forme par la juxtaposition d'un certain nombre de cellules, et alors ce n'est plus un noyau
^^^^ l'iÎLËMENT CONTRACTILli:.
mais plusieurs qu'on devrait rencontrer, si telle était bien l'origine de ce corpuscule. Nous ne pouvons du reste entrer ici dans toutes les discussions qu'a soulevées la formation du tissu musculaire.
Généralement le faisceau des fibres musculaires se continue par des tendons qui s'attachent aux os. Mais quelquefois les fibres musculaires s'insèrent directement sur le périoste, et chez les insectes on en trouve souvent qui sont en rapport direct avec les parties dures ou squelette externe.
L'enveloppe élastique des cellules ou des fibres s'appelle sarcolemme et l'enveloppe intérieure myo- Icmme; plusieurs fibres se réunissent pour former un petit faisceau qui a également son enveloppe élastique nommée perimysium; enfin la réunion d'un nombre plus ou moins considérable de ces faisceaux constitue le muscle, qui a aussi sa membrane élastique, Yaponévrose (fig. 39 et 40). Il y a donc une combinaison et pour ainsi dire une pénétration perpétuelle du tissu élastique et de la substance contractile.
Mais ce n'est pas tout encore : on trouve aussi dans le muscle des vaisseaux, de la graisse et des nerfs dont le rôle très-important mérite une étude à part. Les vaisseaux se glissent entre les fibres musculaires, et, comme ils ont à leur terminaison capillaire des parois extrêmement fines, la nutrition du muscle se fait par endosmose à travers ces parois,
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11 nous reste enfin nne dernière substance à signaler. On prend un muscle dont on enlève autant que
Fisr. 39. — Muscle et lendon.
(Grossissement faible.)
A. Coupe transversale du muscle.
— a. Perimysium. — b. Ce qu'on appelle un faisceau primitif.— B. Coupe transversale du tendon. — c. Tissu conjonctif [ lâche. — d. Substance conjonctive rigide avec son système d'interstices dont on voit les sections transversales.
Fig. 40. — Coupe longitudinale à travers le tendon et la substance musculaire, à leur point de réunion (d'après Leydig).
(Fort grossissement.)
A. Faisceau musculaire primitif.
— a. Lignes limites des cylindres primitifs qui composent la masse striée. — b. Le snrco- Icmme. — B. Tendon. — c. Les corpuscules du tissu conjonctif.
— d. La masse fondamentale linéaire qui se conliiuic dans le sarcolcmme.
possible tout le sang qu'il contenait; puis on exprime la sul)stance musculaire et l'on obtient ainsi une matière qui a des propriétés particulières, et qu'on a
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nommée suc musculaire. Le suc musculaire a une réaction alcaline, et nous signalons cette circonstance avec d'autant plus de soin que nous avons vu les mouvements vibratiles se produire aussi dans un milieu alcalin et s'arrêter dans un milieu acide. Les mômes phénomènes se reproduisent exactement ici, et les mouvements musculaires s'arrêtent de même dans un milieu acide. Aussi la coupe d'un muscle vivant est-elle toujours alcaline, tandis que la coupe d'un muscle mort, mais non encore pourri, est acide.
Le suc musculaire contient des substances albu mineuses et beaucoup d'autres substances fort diverses, de la créatine, de la créatinine, de l'acide carbonique, de l'oxygène, etc., en assez grande quantité. Il disparaît par la contraction du muscle, ou plutôt il s'use dans l'accomplissement de cette fonction, car on n'en trouve presque plus ou môme plus du tout dans un muscle fatigué.
On pourrait croire que toutes les substances que nous venons de signaler existant dans le sang, elles sont apportées par lui dans le muscle : car malgré toutes les précautions qu'on peut prendre, on n'est jamais sûr d'avoir enlevé complètement le sang. Sans doute, il n'est pas possible d'éviter complètement cette cause possible d'erreur, mais ce n'est pas à dire qu'on ne puisse répondre à l'objection. En effet, la créatine et la créatinine existent bien dans le sang, mais en si petite quantité, qu'il serait impossible de les en retirer; au contraire, le suc musculaire nous
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en fournit des proportions considérables. Il faut donc bien admettre que ces deux substances se produisent dans le muscle, et c'est alors le sanej qui vient les y prendre, bien loin de les apporter. On trouve aussi des sels do potasse et de soude dans le suc musculaire comme dans le sang; mais la potasse domine beaucoup dans le suc musculaire.
Quand on sépare un muscle du corps, la vie cesse dans cet organe parce que ses éléments n'ont bientôt plus de milieu nécessaire à leur action ; ce milieu, constitué par divers liquides, s'altère rapidement. Mais on peut renouveler les contractions éteintes en faisant passer dans le muscle un courant de sang qui lui rend le milieu qu'il avait perdu. Cela montre bien que les conditions de manifestation de la contraction musculaire résident dans le milieu organique qui entoure le muscle.