ACTION PHYSIOLOGIQUE DU CURARE
empoisonnée par le curare en voulant tirer sur un singe, appela ses amis, leur fit ses adieux sans le moindre trouble, sans la moindre marque de douleur, la nature seule de sa blessure semblant l'avertir (le l'imminence et de la certitude de sa mort.
Voici maintenant notre grenouille qui a subi l'effet du curare. Elle paraît morte et pourtant elle ne l'est pas, car il n'y a d'empoisonné que le système nerveux moteur : tout le reste est conservé. Elle entend, elle voit, elle sent, mais elle ne peut plus manifester sa sensibilité à l'extérieur, puisque le nerf moteur est détruit; aussi pouvons-nous la pincer partout sans qu'elle paraisse s'en apercevoir ni éprouver aucune souffrance. Cependant cette sensibilité existe parfaitement, et pour la mettre en évidence, nous n'avons qu'à conserver une partie des muscles en préservant de l'action du curare les nerfs qui y arrivent. La chose n'est point difficile. En eff'et, c'est le sang qui porte dans tout le corps l'action du curare ; le nerf du mouvement est atteint d'abord par son extrémité périphérique, c'est-à-dire celle qui plonge dans le muscle, et l'empoisonnement paraît remonter progressivement de là jusqu'à la moelle épinière, mais il ne peut se propager en sens inverse. Nous prenons donc une grenouille et, avant de l'empoisonner, nous lui lions fortement l'aorte et les parties molles, moins les nerfs, dans la région lombaire, de telle sorte que le sang parti du cœur lie puisse plus arriver dans les membres inférieurs 5
180 l'élémknt contractile.
le Iraiii postérieur et le tronc ne sont donc plus cii communication que par les nerfs lombaires (tig. cl ces organes, nous le savons déjà, ne recevant
Fig. 41 . — Grenouille préparée pour montrer que le curare détruit les propriétés des nerfs moteurs sans atteindre celles des nerfs sensitifs.
AA. Nerfs lombaires. — H. Aorlo.