ACTFOÎ^ PHYSIOLOGIQUE DU CURARE
pas par leurs extrémités le sang empoisonné, ne peuvent servir à propager l'empoisonnement par le curare, qui marche toujours cle la périphérie vers le centre. Au lieu de conserver tout le train postél'ieur, nous pourrions conserver un seul muscle , le muscle soléaire, par exemple, en liant l'artère qui lui amène le sang. La grenouille préparée de cette façon, manifeste alors sa sensibilité par ce muscle comme par les membres dont on lui avait conservé l'usage.
Nous pouvons maintenant comparer les phénomènes qui se produisent sur nos trois grenouilles préparées chacune d'une manière différente. D'abord voici la grenouille normale, c'est-à-dire non empoisonnée, préparée tout à l'heure à la manière de Galvani; puis la première grenouille empoisonnée par le curare et que nous disposons de même en ne conservant également que les deux membres inférieurs et les nerfs lombaires; enfin la grenouille dont nous avons lié l'aorte avant de l'empoisonner pour empêcher l'accès du sang dans le train postérieur. La grenouille normale donne des contractions quand on irrite le nerf avec la petite pince électrique dont nous avons parlé tout à l'heure, et elle en donne également quand on excite le muscle lui-même. Au contraire, la grenouille empoisonnée par le curare contracte bien encore les membres inférieurs quand on électrise directement le muscle, mais elle ne manifeste
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plus aucun phénomène si l'on agit sur le nerf
Fig. 42. -— Grenouille préparée à la manière de Galvani pour montrer les effets du curare.
Cette double expérience prouve clairement les deux points que nous voulions démontrer :
1" Le muscle et le nerf constituent deux substances distinctes, puisque les agents qui empoisonnent l'un n'atteignent pas l'autre.
•2° C'est dans le muscle que réside la propriété contractile, puisqu'on peut encore mettre en jeu cette propriété en irritant directement le muscle,