LIQUIDES ANIMAUX
Une autre partie du chyle fut placée dans un tube sur le mercure, en contact avec de Toxygène. Au bout de deux heures la quantité de gaz avait paru augmentée, et au lieu de 82 divisions, on en avait de 89 à 90.
Le lendemain, le contact ayant été maintenu, il sembla y avoir une légère diminution du gaz; on jajoute de la potasse, et il y a absorption de gaz, ce qui prouve l'existence de l'acide carbonique. Dans le gaz restant il y avait de l'oxygène et de l'azote.
D'après cette expérience, on voit qu'il y a eu exhalation d'acide carbonique et d'azote en même temps que de l'oxygène avait probablement disparu. Cependant il faut notçr ce fait intéressant, qu'il y a eu augmentation du volume du gaz ; ce qui indique évidemment que l'absorption n'a pas contre-balancé l'exhalation. Des expériences de ce genre seraient intéressantes à poursuivre, soit sur le chyle, soit sur la lymphe, parce que ce serait une manière de distinguer le rôle des globules du sang qui manquent dans ces deux liquides organiques, tandis que la fibrine et tous les autres éléments du sang s'y rencontrent.
Relativement à la rate, on connaît le grand nombre d'ablations de cet organe qui ont été faites; nous allons vous en rapporter quelques-unes qui présentent des particularités intéressantes.
Pour extraire la rate, faire une incision dans le flanc gauche, immédiatement au-dessous du rebord des côtes et tout à fait dans l'angle de la dernière côte et en avant de la masse des muscles sacro-lombaires.
Après avoir incisé les muscles, dans les eflbrts que
B. LiQUID. M L*OaGAN. — II. 27
ÛlS LIQUIDES ANIMAUX.
fait ranimai , la rate sort habituellement d'ellemême.
On bouche aussitôt avec le doigt le reste de la plaie pour empêcher la hernie des intestins, et Ton pose une ligature en masse sur les vaisseaux de la rate; on résèque Torgane et Ton achève par la suture de la plaie.
Eœp. (8 mars 1850). — On pratiqua cette opération sur une petite chienne de trois jours. Il y eut un peu de hernie des intestins, cependant Thémorrhagie ne fut pas considérable, et la plaie fut vite recousue.
Vingt-quatre heures après l'animal fut trouvé mort ; à Tautopsie, on reconnut une violente péritonite.
Eœp, (9 mars 1 850). — Sur une petite chienne de la même portée, on fit sans aucun accident l'ablation de la rate ; l'animal fut remis aussitôt avec sa mère.
Le 10 mars, celte petite chienne, examinée, paraissait déjà plus petite que cellesde la même portée. Le 11 elle était morte. A l'autopsie, on trouva la cavité péritonéale pleine d'un liquide séro-purulent, quoique la péritonite n'eût pas été violente. Il y avait une altération particulière et caractéristique des ganglions lymphatiques, ainsi que je l'avais déjà constaté dans d'autres cas. Cette altération consistait en une sorte de diffusion sanguine dans le tissu des ganglions, avec augmentation de vo^ lume. Les deux ganglions les plus altérés étaient les deux ganglions lymphatiques qui sont placés en dedans du thorax, à la partie supérieure du sternum. Puis venaient ensuite les ganglions sous-maxillaires, puis les ganglions des lombes, et enfin les ganglions lymphatiques meseutériques, qui étaient les moins affectés de tous. Les
poumons, le cœur étaient sains. L'estomac était vide. Il n'y avait pas d'épanchement dans la poitrine.
Eœp. (11 avril 1851). —On enleva la rate à un jeune chien de six semaines environ, à jeun depuis vingtquatre heures. L'opération se fit sans accident.
Le 12 avril, l'animal mange avec voracité de la viande qu'il vomit ensuite.
Le 13, il cherche toujours à manger. Le 16, il a beaucoup maigri ; il tousse et vomit ; sa plaie se cicatrise, quoiqu'elle reste blafarde. L'animal paraît malade et a un écoulement par le nez.
Le 17 avril, l'animal est toujours malade ; il ne mange plus rien. Le 19, il meurt.
A l'autopsie, on trouve les poumons très malades : pneumonie lobulaire intense. Le sang, noir, ne se coagule pas ; les ganglions lymphatiques sont peu engorgés, excepté les ganglions sous-maxillaires; les ganghons sous-stemaux sont ramollis.
Ce chien parait avoir succombé à une pneumonie qui coïncidait aussi avec un catarrhe nasal.
Exp. (11 mars 1851). — Sur un chien adulte, ayant depuis plus d'un mois une fistule à l'estomac et mangeant bien, ayant fourni du suc gastrique dans lequel on constata les propriétés ordinaires de ce liquide, j'ai enlevé la rate pendant que l'animal était en pleine digestion.
La rate était turgide et comme érectile , rouge et volumineuse. Avant l'opération, on avait retiré du suc gastrique.
Le 12, le chien paraissait malade et ne prit pas d'aliments.