‹ Leçons sur les propriétés physiologiques et les altérations ..., Volume 2Chapitre 51 sur 61 · SÉCRÉTIONS INTERNES · texte numérisé non relu

SÉCRÉTIONS INTERNES

Le 13, le chien vomit des matières bilieuses.

Le lu, il mourut. L'autopsie montra une péritonite purulente très violente. Les ganglions lymphatiques sous-sternaux étaient abcédés.

Cette expérience avait été faite dans le but devoir si la sécrétion gastrique se trouverait modifiée par l'opération .

La rate présente le caractère des organes sécréteurs, en ce que son sang veineux rouge change de couleur pendant la digestion et pendant Tabstinence.

La rate a été considérée comme un organe glandulaire, avec ce caractère que le produit de la sécrétion serait versé directement dans le sang, et constituerait par conséquent une sécrétion interne. Nous avons dû examiner si le sang veineux de la rate présente des. différences de coloration, comme cela a lieu dans les autres glandes.

Sur plusieurs chiens, les uns en digestion, les autres à jeun, la rate a été mise à nu pour constater la couleur du sang veineux, et Ton a constaté ce fait singulier, que pendant l'abstinence le sang était rouge, tandis que pendant la digestion il présentait une coloration plus noire. Toutefois la rate était plus volumineuse pendant la digestion. Ce fait prouverait-il que la rate sécrète pendant l'abstinence à Tinverse des autres organes glandulaires? Ce serait là une hypothèse. Il pourrait arriver que cette couleur du sang, qui, ainsi que nous le savons, n'est en général que le signe d'une circulation plus rapide, fût déterminée ici par une autre cause. Mais nous savons que les organes parenchymateux présentent deux espèces de vaisseaux : les uns qui établissent une com-

RATE. d^l

munication large et facile entre les artères et les veines, et les autres qui ne permettent les communications qu'autant que le sang a traversé le tissu capillaire proprement dit. Ces deux ordres de vaisseaux ont été particulièrement décrits dans la rate. Or, il pourrait se faire que pendant l'abstinence il n'y eût que la circulation par les gros vaisseaux; tandis que pendant la digestion, lorsque l'organe est gorgé de sang, il y aurait une circulation capillaire très active. Ce ne sont là, bien entendu, que des hypothèses faites pour appeler des expériences destinées à les vérifier.

Nous devons encore vous signaler un autre fait relatif à la rate : c'est l'influence des nerfs sur la contractilité de cet organe.

Autrefois nous avons fait des expériences à la Société de biologie pour déterminer la contraction du tissu de la rate à l'aide du galvanisme. L'électricité portée directement sur le tissu de la rate ne détermine que des contractions très faibles et souvent douteuses, si l'intensité du courant n'est pas considérable. Mais il n'en est plus de même si, au lieu d'agir sur le tissu de la rate, on agit sur les nerfs qui s'y rendent en accompagnant l'artère splénique.

Eœp. — Sur deux chiens, l'un en digestion, l'autre à l'abstinence, la rate et les vaisseaux ayant été mis à nu, on coupa les nerfs qui accompagnaient les divisions de l'artère splénique. Ces nerfs n'étaient pas sensibles à la section, mais ils l'étaient lorsqu'on les tiraillait ou qu'on les rompait. Ce phénomène était évident surtout chez l'animal en digestion.

La galvanisation des bouts périphériques des nerfs de la rate, qui ne déterminait aucune sensation, produisit une contraction énergique et rapide du tissu de la rate. Cette contraction était toujours limitée à la portion de la rate où se distribuait le rameau nerveux qu'on électrisait. Dans le point contracté, la rate devenait dure ; son tissu chagriné formait une saillie au-dessus des parties qui n'étaient pas contractées. Ces contractions parurent plus énergiques chez Tanimal en digestion que chez l'animal à jeun.

La galvanisation des bouts centraux des nerfs spléni* ques détermina de la douleur et des mouvements généraux. Nous avons déjà vu, à propos des nerfs de la glande sous-maxillaire, que le sympathique présente souvent de la sensibilité à la galvanisation, lorsqu'il s'est montré tout à fait insensible à la section ou au pincement, c'est-à-<lire aux excitations peu prolongées ; ce qui s'accorderait d'ailleurs avec la lenteur avec laquelle les impressions se propagent dans le système nerveux ganglionnaire. Pour que le système nerveux central puisse ressentir l'impression venue du dehors, il faut que le nerf ait eu le temps de la transmettre; il arrive, toutes les fois que l'impression n'a pas eu le temps de se propager, que la sensation n'est pas perçue, comme s'il était nécessaire que l'excitation existât encore au moment où la sensation a lieu. Si un corps passe devant l'œil avec trop de rapidité, il n'est pas aperçu. Si l'on excite trop rapidement un nerf de sensibilité, si même on le coupe trop vivement, l'animal ne le sent pas. La même chose a lieu pour le nerf mo*-

LIQUIDES PATHOLOGIQUES. /i2S

teur, qui toutefois est plus excitable que le nerf sensitif. De même, si l'excitation n'est pas prolongée, pour le grand sympathique, elle ne produit pas d'effet; mais quand les effets sont produits, nous savons qu'ils se prolongent longtemps après l'excitation. Cette plus ou moins grande sensibilité des nerfs fait que l'excitant doit toujours agir un certain temps sur chaque nerf pour produire son effet, et l'on pourrait peut-être expliquer de cette façon ce fait singulier, que le courant induit, plus lent et plus faible, agit plus énergiquement sur les nerfs que le courant direct, plus fort, mais plus rapide.

Relativement à la rate, nous voyons donc que l'excitation du nerf produit une contraction beaucoup plus violente et beaucoup plus rapide que l'excitation du tissu même de l'organe ; ce qui se rapporte, d'ailleurs, avec ce que nous avons déjà dit pour les autres organes musculaires ou glandulaires: savoir, qu'il faut beaucoup moins d'électricité pour agir sur les nerfs que pour agir sur les muscles.

On sait que certaines substances injectées dans le sang déterminent une contraction énergique de la rate. Tels sont, par exemple, la strychnine, le camphre, etc. Devrions-nous en conclure que ces substances agissent sur le grand sympathique, puisque nous voyons que c'est le grand sympathique qui fait contracter la rate.

U y aurait à examiner quelles sont les modifications que le sang éprouve dans la rate, lorsqu'on le galvanise ou qu'on a coupé ses nerfs ; ce sera un sujet de recherches ultérieures.

Enfin, messieurs, arriverait maintenant une autre

ftSft LIQUIDES PATHOLOGIQUES.

série d'études sur des liquides de production purement pathologiques, c'est-à-dire des liquides qui n'existent pas à Tétat normal. Il pourrait y avoir à la rigueur autant de ces liquides pathologiques qu'il y a de tissus hétérologues dans l'économie, en admettant que ces liquides résultent de la dissolution des tissus mor* bides.

Le plus intéressant de ces liquides pathologiques est ceilainement le pus, qui est évidemment un produit morbide, quoiqu'il puisse s'en produire sur les muqueuses chez des sujets d'ailleurs bien portants.

Le pus est caractérisé anatomiquement par des globules spéciaux, faciles à reconnattre, et sur lesquels je n'ai rien à vous dire que vous ne sachiez déjà.

Je veux seulement vous indiquer la part que peut avoir le système nerveux dans la production du pus. Cette part est considérable : il est, en effet, tel oi^aue dans lequel on pourra produire à volonté l'apparition du pus par la destruction de tel ou tel nerf.

Je ne vous rappellerai pas à ce sujet les expériences de Magendie, dans lesquelles la section de la cinquième paire a été suivie de la fonte purulente de l'œil, mais j'insisterai sur d'autres faits.

A la suite de cei*taines opérations sur les nerfs, on voit le pus se former dans différents organes. C'est le sympathique qui est l'agent de cette production ; mais vous savez déjà que pourt^u'elle ait lieu, il faut que l'individu sur lequel on l'observe soit sous l'influence d'une prédisposition déterminée. Si les causes de maladie ne produisent pas les mêmes effets chez tous les sujets, cela

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